L'Avenir Agricole et Rural 04 juin 2015 à 08h00 | Par Jean Louis BLONDEL

Voyage en absurdie !

Pour réduire les inondations dans les zones qui n’auraient pas dû être construites, l’Etablissement Public d’Aménagement de la Meuse Amont (EPAMA) envisage de submerger des habitants et des exploitants agricoles situés en amont, lesquels se rebiffent, évidemment.

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Adrien Guéné, attaché parlementaire de Luc Châtel, a pris la mesure des inquiétudes formulées par les riverains.
Adrien Guéné, attaché parlementaire de Luc Châtel, a pris la mesure des inquiétudes formulées par les riverains. - © JLB

Un serpent de mer

Suite aux inondations de 2001, la Commune de NEUFCHATEAU et quelques autres moins concernées, ont sollicité l’EPAMA pour mettre en place des aménagements permettant de réduire et prévenir les crues.

Une première étude a été faite dans les années 2005-2008. Elle préconisait des aménagements à proximité immédiate des zones inondables (construction de murs, de digues, aménagement du lit en général). Mais celle-ci a été contestée car elle était, paraît-il, trop approximative. Une nouvelle étude a été lancée en 2013 et confiée à WSP-genivar, une société à capitaux canadiens. Au total, selon les membres de l’association des «

riverains du Mouzon», 1,870 MÄ aurait déjà été engagé en études diverses. Le projet actuel prévoit 3 zones de Ralentissement dynamique des crues (ZRDC) deux sur la Meuse au niveau d’Hacourt et de Levécourt, une sur le Mouzon, entre Soulaucourt et Vrécourt dans les Vosges. Par ailleurs, des opérations de reméandrage ont été programmées, comme c’est un petit peu la mode aujourd’hui pour soi-disant retrouver une biodiversité originelle. Ce projet, dit HEBMA (Hydraulique et Environnement du Bassin de la Meuse Amont) fait l’objet d’une validation au sein d’un comité de pilotage parmi lequel la représentation des Collectivités locales est très importante ; la chambre d’Agriculture y est aussi présente.  Au final c’est le Comité Syndical de l’EPAMA, présidé par Monsieur Bachy qui doit valider ce projet et engager la procédure de consultation publique préalable avant les travaux dont le montant est estimé à environ 18 MÄ. Au vu des approximations techniques et scientifiques qui sont mises aujourd’hui en évidence par les riverains impactés, il n’est pas impossible que la copie soit revue ; ce qui éviterait un futur fiasco économique et environnemental.

 

A priori absurdes

La commande faite par l’EPAMA consiste à créer des zones de sur-inondation pour faire tampon en aval. Les espaces appropriés sont peu nombreux et le cabinet d’étude a jeté son dévolu sur quelques sites sans négliger aucun moyen, y compris celui de massacrer les paysages et l’environnement. C’est ainsi qu’une digue de 650 mètres de longueur et de 2,30 mètres de haut est envisagée entre Soulaucourt et Vrécourt.  Nous sommes pourtant en pleine zone Natura 2000…  Non seulement le bénéfice sur les communes d’aval est approximatif (on évoque 8, 15, 30 cm selon les calculs), mais surtout on ne tient pas compte des nuisances engendrées par l’aggravation des inondations en amont, dans une zone qui est déjà elle-même sensible aux crues. C’est ainsi que la ferme des Maleux serait sous les eaux. La réponse apportée par le cabinet d’étude consiste en la mise en place d’une digue de protection avec un système de pompe de relevage ! Les agriculteurs exploitant dans la plaine des pâtures déjà inondables, auraient à subir une aggravation du risque avec une détérioration de la flore et des impacts économiques non négligeables. Les habitants de Vrécourt, une commune vosgienne de 360 habitants, située en amont de Soulaucourt, sont certains de subir des crues aggravées. 230 hectares et une soixantaine d’habitants sont concernés. Le cabinet WSP a là encore prévu la parade avec un terrassement en profondeur du lit de la rivière pour faciliter l’écoulement, lequel accentuera évidemment la montée des eaux en aval ! Toutes ces hypothèses sont bien approximatives et un riverain, ingénieur de travaux publics en retraite, qui connaît bien le métier, conteste l’efficacité et la cohérence de tout ce projet. La problématique est la même sur les barrages de la Meuse.

Veuillez lire la suite de cet article dans notre édition du 05 Juin en page 07.

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