L'Avenir Agricole et Rural 02 février 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

VISITE : LE PREFET A L'ECOUTE DES AGRICULTEURS

Sensible à la vidéo choc «J’avais un rêve» des Jeunes Agriculteurs de Wassy et St Dizier, Madame le Préfet s’était engagée à rencontrer des exploitants. Avec des représentants de la DDT, elle est allée visiter la ferme de Julien MENAUCOURT, réalisateur du film.

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Julien Menaucourt (à droite au 1er plan) a présenté son exploitation à Mme le Préfet.
Julien Menaucourt (à droite au 1er plan) a présenté son exploitation à Mme le Préfet. - © T MORILLON

Françoise SOULIMAN, Préfet de Haute-Marne s’est déplacée à l’EARL des Fontaines à Troisfontaines-la-Ville, en compagnie de Jean-Pierre GRAULE, Directeur de la DDT et Dominique THIEBAULT, chef du service Economie Agricole de la DDT. Ils ont été accueillis par Christophe FISCHER, Président de la Chambre d’Agriculture et Richard BOURBON, Président de la FDPL.

 

Alerter les pouvoirs publics

Julien MENAUCOURT a fait visiter son exploitation à la délégation. Suite au départ en retraite de ses parents en 2005, il reprend la ferme et investit dans deux robots, un pour la traite et un pour l’alimentation. Polyculteur-éleveur, il produit 600 000 l de lait par an, dont 90 % en AOC Brie de Meaux avec ses 60 vaches laitières. Il fait également de la viande (50 taurillons) et des céréales : 110 ha de cultures de vente, 40 ha de maïs pour l’alimentation des animaux et 40 ha de prairie.

 

Madame le Préfet a expliqué aux 6 jeunes agriculteurs présents qu’elle est venue les écouter suite au visionnage du film «J’avais un rêve» qui fait le buzz sur Internet. «Une vidéo désespérée et désespérante» selon les termes de Françoise Souliman. Julien MENAUCOURT déclare qu’il a réalisé ce court-métrage pour alerter les pouvoirs publics sur la situation difficile du monde agricole. Jean-Charles BUAT, acteur du film, parle d’«un système productiviste qui provoque la ruine des agriculteurs». Il souligne que «la profession agricole est le seul secteur économique à produire à perte et à subir une concurrence déloyale» et demande une harmonisation des charges sociales et des normes environnementales.

 

«La ferme, c’est une passion, on est fiers de faire comme nos parents» précise Julien MENAUCOURT, alors que sa mère se dit «dégoûtée du métier». Les JA soulignent qu’ils se retrouvent dans une situation telle qu’aucune production ne permet d’en rattraper une autre. Selon eux, la sortie de crise ne peut passer que par des prix couvrant les coûts de production. Richard BOURBON déplore que la profession ait perdu la main sur les volumes et les prix du lait et que l’administratif devienne si compliqué.

 

Problèmes de dossiers

Les JA ont fait part de leurs difficultés aux représentants de la DDT, notamment sur le recours à l’année blanche que les banques peinent à mettre en place. Les services de l’État répondent qu’une enveloppe de 150 000 est allouée au département, et qu’il ne faut pas hésiter à leur faire remonter tout problème. 75 dossiers sont possibles, au titre de la restructuration, pourtant il n’y en a que 25 qui ont été traités. La DDT ajoute qu’il est possible de demander des crédits à l’État en cas de dossiers supplémentaires et rappelle que la Région a débloqué une enveloppe de 5 millions d’euros pour aider les exploitants. Les services de l’État appellent les banques a moins de frilosité.

Autre sujet sur la table, les dossiers des aides à l’investissement qui demeurent problématiques. Le retard des versements est tel que les agriculteurs doivent emprunter de l’argent alors qu’il s’agit d’une part subventionnée. La DDT explique que le retard provient de l’UE qui manquait d’outils pour enclencher les paiements à temps. Mais la DDT a pris les devants et a travaillé sur 80 % des dossiers pour un paiement en janvier ou février. La DDT peut fournir aux agriculteurs une attestation pour rassurer les banques et peut prendre en charge les intérêts des emprunts à court terme effectués avant le 31 décembre 2016. Pour cela les agriculteurs doivent adresser une demande à la DDT avant le 28 février 2017.

Enfin, les dotations aux jeunes agriculteurs qui, avant 2014, étaient dépensées dans des démarches obligatoires (étude de faisabilité, centre de gestion, audit, suivi…), ne bénéficiaient pas réellement aux agriculteurs. Ainsi, un JA explique qu’il a «juste vu l’argent passé», tandis qu’un autre a préféré ne pas faire appel aux aides lors de son installation. Sur ce point la DDT affirme que le montant des dotations a presque doublé et que les obligations sont allégées.

«Nous devons nous aider mutuellement, nos services sont à votre disposition et nous nous chargeons de faire remonter les informations à l’État» conclut Françoise SOULIMANE qui apporte tout son soutien au monde agricole.

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