L'Avenir Agricole et Rural 16 décembre 2010 à 15h29 | Par ESTELLE DAUPHIN

Ville de Chaumont - L'Agenda du 21e siècle

L'adjointe à la Mairie de Chaumont a présenté le fruit du diagnostic de territoire participatif au regard du développement durable dans les locaux du nouveau Relax. Des mesures qui impactent pour la plupart les pratiques agricoles et les filières locales.

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Christine Guillemy a remercié l'Etat, la Région, à travers l'intervention de l'ADEME.
Christine Guillemy a remercié l'Etat, la Région, à travers l'intervention de l'ADEME. - © Estelle DAUPHIN

Une volonté politique de participer au développement durable

Christine Guillemy a remercié l'Etat, la Région, à travers l'intervention de l'ADEME, ainsi que les fonds européens qui soutiennent la ville dans sa démarche « Agenda 21 ». Plutôt qu'un grand discours sur le changement climatique, Christine Guillemy préfère les actions concrètes.
« Tout le monde s'accorde sur le fait qu'on vit dans un monde fini. Notre mode de développement d'après guerre, basé sur le pétrole nécessite d'autres comportements pour perpétuer  notre croissance. »
Deuxième ville de la région après Epernay à se lancer dans ce processus porté par le Maire Luc Chatel, Chaumont s'inscrit dans une démarche volontariste : embauche d'une chargée de mission en développement durable, appui d'un cabinet spécialisé, intégration des principes de développement durable au PLU.
Les champs d'action sont nombreux et les initiatives déjà engagées ou à engager ne manquent pas. Parmi elles, citons l'approvisionnement de la restauration scolaire en produits locaux et issus de l'agriculture biologique, la mise en place d'un réseau de chaleur à partir de biomasse, la création d'une ceinture verte autour de la ville avec l'ONF et la possibilité de se raccrocher au parc national, le renforcement des périmètres de captage d'eau, le passage de la taxe sur les ordures ménagères (TOM) à la redevance générale incitative, l'amélioration de la voirie en faveur des modes de déplacement doux et des transports en commun.
La présentation du diagnostic de territoire a été ponctuée d'interventions des différents acteurs locaux sur leurs projets et leurs ambitions.

Monsieur PIZZI, Chef d’établissement du Pôle Edgar Pisani est revenu sur son projet de méthanisation par voie sèche.
Monsieur PIZZI, Chef d’établissement du Pôle Edgar Pisani est revenu sur son projet de méthanisation par voie sèche. - © ESTELLE DAUPHIN

Le Pôle Edg. Pisani « Eco-exemplaire »

Monsieur Pizzi est venu témoigner de l'implication de l'établissement d'enseignement agricole dans le développement durable et de ses interactions avec les acteurs du territoire. Certifié « éco-exemplaire », l'établissement remet en jeu son titre tous les ans en se frottant chaque année à un nouveau thème : eau, gestion des déchets, biodiversité...« 70% de nos apprenants sont des internes. Ils élisent des éco-délégués qui prennent une part active dans la politique environnementale de l'établissement. » Le chef d'établissement profite de son intervention pour présenter la réalisation d'un calendrier sur les fruits et légumes de saison réalisé par les élèves. Il évoque également les interactions de l'établissement d'enseignement avec le territoire chaumontais avec par exemple la mise à disposition de locaux pour des soirées à thème d'intérêt culturel ouverte à la population locale.
Il insiste également sur le rôle de l'exploitation agricole à vocation pédagogique et économique, toujours à la recherche de dynamiques susceptibles d'améliorer la qualité de vie des agriculteurs en expérimentant des modèles reproductibles. L'établissement explore ainsi une piste très concrète d'amélioration des revenus agricoles avec le projet de méthanisation.
Les normes environnementales ont en effet conduit les éleveurs à produire du fumier pailleux plutôt que du lisier. Afin de valoriser le pouvoir méthanogène de ce sous-produit de l'exploitation, l'établissement souhaite expérimenter le processus de méthanisation par voie sèche. Une cinquantaine d'unités de ce type seulement existent en Europe.
D'après Christelle Boiget, chargée de mission Bioénergie à la Chambre d'Agriculture, le méthaniseur par voie sèche est un projet de moindre envergure par rapport aux installations par voie humide. Il serait donc accessible à un plus grand nombre d'agriculteurs, avec une partie des silos réalisable en autoconstruction pour une mise de départ d'environ 500 000 euros. La rentabilité n'est en revanche pas meilleure et comme pour le méthaniseur par voie humide, il est nécessaire de trouver des co-substrats pour activer le processus chimique. L'ADEME réalise actuellement des études sur un projet pilote, afin d'homologuer ce type d'installations pour qu'il bénéficie éventuellement de co-financements.

Le Président de la SDEHM a reçu le premier prix de l’association des ECO Maires pour son action sur l’éclairage public.
Le Président de la SDEHM a reçu le premier prix de l’association des ECO Maires pour son action sur l’éclairage public. - © ESTELLE DAUPHIN

La SDEHM mise en lumière

Christine Guillemy a excusé le Président de la SDEHM à cette rencontre, M. Flamérion alors qu'il recevait au même instant le 1er prix national du trophée Eco Actions 2010, délivré par l'association « Les Eco Maires », à l’Assemblée Nationale, pour l'action Maîtrise de la Demande d'Energie en éclairage public.
Cette action en cours depuis 2008, a pour objectifs :
-La réduction des consommations électriques liées à l’éclairage public
- L’amélioration de la qualité de l’éclairage public
- Faire d’entreprises locales les ambassadrices de l’opération
- Permettre aux élus de partager et essaimer le fort enjeu environnemental de l’éclairage public
A travers l'action de la SDEHM, 26 % des communes de Haute-Marne ont déjà bénéficié de cette action, soit 114 communes qui sont récompensées pour leur démarche environnementale en procédant au renouvellement de leur éclairage public.
L’action génère en moyenne 40 % d’économie d’énergie, tout en améliorant considérablement la qualité de l’éclairage. Une action soutenue par le GIP Haute-Marne et par EDF.

Qu'est-ce que l'Agenda 21 ?

« L'Agenda 21 » est une démarche internationale, suivie par 500 collectivités à travers le monde. Il vise à mettre en œuvre un programme d'actions concrètes sur les prochaines années dans le territoire en faveur du développement durable.

Pour obtenir la labellisation, la démarche entreprise doit répondre aux cinq défis du 21ème siècle :

− lutter contre le changement climatique
− Préserver la biodiversité, protéger les milieux et les ressources
− Permettre l'épanouissement de tous les êtres humains
− Assurer la cohésion sociale et la solidarité entre territoires et générations
− Fonder le développement sur des modes de production et de consommation responsables

Sur le plan méthodologique, la participation de tous les acteurs de la société est sollicitée et la gouvernance est transparente. Une dizaine d'ateliers participatifs a ainsi eu lieu sur le territoire chaumontais, réunissant 170 personnes afin d'établir un diagnostic : habitants, commerçants, chefs d'entreprises, associations.

Suite à cette phase de concertation, huit axes prioritaires ont été identifiés pour l'agglomération chaumontaise :
Chaumont, ville accueillante, équilibrée et exemplaire :

a. Protection des ressources naturelles
b. Développement urbain et économique durable
c. Accès aux sports, loisirs, santé, culture
d. Accompagnement vers l'emploi avec insertion de clauses sociales dans les marchés publics
e. Développement des voies cyclables
f. amélioration du parc de logements
h. soutien à des activités économiques qui s'inscrivent dans une démarche de développement durable et responsable.

Des propositions d'actions concrètes seront faites au mois de juin prochain. D'ici là, l'élaboration de la stratégie et du plan d'action intégrera une méthodologie d'évaluation des progrès accomplis.

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