L'Avenir Agricole et Rural 29 août 2013 à 10h10 | Par Jean-Louis BLONDEL

VENTE ALOTIS - Les femelles ne se vendent pas mal!

Fidèle à la tradition instaurée par SICABEV, EMC2 Elevage a organisé une vente aux enchères de jeunes femelles laitières qui a connu un réel succès tant par la participation des éleveurs que par le montant moyen des transactions. Les exploitations laitières se restructurent mais le dynamisme de certains producteurs ne s’estompe pas.

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La convivialité participe aussi à la réussite croissante de ce rassemblement professionnel. De nombreux éleveurs y étaient venus en famille.
La convivialité participe aussi à la réussite croissante de ce rassemblement professionnel. De nombreux éleveurs y étaient venus en famille. - © JLB

Une coproduction EMC 2 Elevage et Elitest

L’organisation d’une telle opération nécessite un travail de préparation en amont exigeant. La coopérative EMC 2 Elevage, et la coopérative d’insémination Elitest, se sont beaucoup investies. La cheville ouvrière, notamment au niveau de la logistique, est incontestablement EMC 2 Elevage. Mais la Chambre d’Agriculture, le GDS et les différents centres d’insémination œuvrant sur la Haute Marne ont aussi apporté leur contribution dans leur domaine de compétence spécifique. Elitest s’est toutefois investi davantage dans la sélection des animaux présentés. La prospection commence dès le mois de juin auprès des éleveurs en les invitant à mettre en vente quelques animaux de leur élevage avec des références génétiques et morphologiques favorables. Mais l’opération n’aurait pas le succès qu’elle rencontre si les technico commerciaux n’étaient pas proactifs.

François SCHMITT Responsable de la région sud d’EMC2 (secteur Haute-Marne Vosges) s’est appliqué avec Gérard MILLET, technicien reproduction dans la même zone, pour sélectionner les meilleurs animaux dans les élevages. La difficulté cette année était de convaincre les éleveurs de vendre car la production laitière est en baisse. Heureusement parmi le lot des 26 bêtes présentées, plusieurs étaient issues d’élevages ayant arrêté la production laitière. Les exigences sanitaires sont la première condition pour participer à la vente aux enchères et la barre est placée haut avec les analyses de paratuberculose, de néosporose, de BVD et bien entendu d’IBR. Les femelles doivent aussi être inscrites au livre zoologique de l’EDE et apporter des garanties de gestation. Celle-ci est donnée par la date d’insémination avec une garantie de vêlage avant deux mois (mi octobre). Les génisses fraîchement vêlées sont aussi acceptées sous réserve d’un certificat vétérinaire attestant de la fonctionnalité des 4 quartiers et l’absence de mammite 24heures avant la vente.

Un contexte plus favorable à l’achat

L’augmentation récente du prix du lait, les meilleures perspectives d’évolution des marges et le faible niveau de production actuelle sont des facteurs favorables au marché. Lors de la même opération dans la Meuse, au cours du mois de juin, EMC 2 Elevage en avait déjà fait le constat sur le montant moyen des enchères (environ 2200euros de moyenne). La présence de nombreux éleveurs sur les gradins installés dans le centre d’alotement de la Ferme du Nourrit atteste de l’amélioration du contexte même si chacun est d’accord pour reconnaître que le lait n’est toujours pas payé assez cher.

Le montant moyen des 26 bêtes présentées s’établit à 2055 euros contre 1835  e en 2012, soit 12% de mieux. 22 génisses holstein ont été vendues en moyenne 2000 euros et les 4 montbéliardes 2362 euros.

EMC 2 a réussi une belle opération de communication et les responsables de la coopérative présents étaient encouragés par la participation des éleveurs. L’intendance était à la hauteur de l’événement avec des plateaux repas pour les visiteurs précédant les enchères et un barbecue géant organisé à la fin de la manifestation. EMC 2 assure aussi gracieusement le transport des animaux de la ferme jusqu’au centre d’alotement puis jusqu’à l’acheteur lorsqu’il est situé dans la zone de la coopérative.

Alotis + Cap Elevage = EMC 2 Elevage

Sur les 26 animaux présents 14 étaient issus du troupeau haut-marnais. Les 12 autres provenant de la Meuse, des Vosges, des Ardennes et de Meurthe et Moselle. Ce recrutement correspond à la nouvelle circonscription territoriale d’EMC2 Elevage après la fusion avec CAPEVAL. Tout récemment cette opération a connu sa finalisation avec la disparition des anciennes entités, Alotis et Cap-Elevage. Cette évolution parachève le projet avec des méthodes de travail unifiées. Raphaël BONNAULT, Directeur d’EMC 2 Elevage, et Denis LANTERNE, le Président de cette section, rappellent la volonté d’EMC2 Elevage de participer à la construction d’une filière viande organisée. Cela commence par la présence de 25 conseillers et commerciaux sur tout le territoire. Avec les 20 chauffeurs, le personnel d’alotement et les services administratifs, ce ne sont pas moins de 67 agents qui œuvrent pour la section élevage d’EMC 2. La coopérative propose actuellement des contrats d’engraissement avec des garanties reposant à 50% sur l’indexation du prix de revient lequel intègre une charge de main-d’œuvre de 100 e pour les jeunes bovins viandes et 150 e pour les JB lait, la différence s’expliquant par le fait que les veaux de races laitières sont pris en charge dès la naissance.

L’autre moitié du prix de vente repose sur le prix de marché. 1500 places sont en projet et 600 ont déjà trouvé preneurs. Avec l’abatteur Elivia de Mirecourt et le groupe Bigard de Vitry, des partenariats ont été élaborés pour garantir les débouchés. Grâce cette offre, EMC2 Elevage a réussi à défendre son taux de pénétration. Les responsables de la coopérative sont confiants dans l’avenir de cette filière qui est aussi maintenant très dépendante de l’exportation, un marché sur lequel elle reste présente. Mais en gestionnaire prudent elle n’oublie pas de diversifier ses débouchés. N’oubliant pas non plus qu’une bonne partie de la viande bovine est issue du troupeau laitier et elle entend aussi jouer un rôle de développement dans la filière laitière. Au total, la coopérative commercialise près de 2000 vaches reproductrices.

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