L'Avenir Agricole et Rural 10 décembre 2015 à 08h00 | Par T. Morillon

Utiliser le bon médicament au bon moment

Une réunion d’information sur le parasitisme chez les bovins s’est déroulée le 3 décembre au lycée agricole de Choignes. Initiée par le GDS, cette journée a permis d’en apprendre davantage sur la prévention et les traitements grâce à l’intervention d’un vétérinaire.

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Cette journée a été organisée en partenariat avec Groupama et la MSA Sud Champagne.
Cette journée a été organisée en partenariat avec Groupama et la MSA Sud Champagne. - © T.M.

Philippe Camuset, Président de la Commission Parasitisme à la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires a introduit la journée en détaillant les évolutions sanitaires, marquées par la baisse, voire le retrait de certains traitements. Il est de plus en plus difficile de découvrir de nouvelles molécules efficaces, il est donc essentiel de préserver l’arsenal thérapeutique à ce qui est strictement nécessaire. Le plan Ecoantibio 2017 se donne comme objectif de réduire l’utilisation d’antibiotiques de 25 %. De plus, la loi d’avenir adoptée l’année dernière a intégré la baisse du recours aux antibiotiques.

«A partir d’une vingtaine d’utilisation d’antiparasitaires, des résistances commencent à se développer. Il faut donc cibler efficacement, surtout qu’un animal déparasité sera moins sensible à certaines maladies comme la BVD» explique le vétérinaire. La maîtrise du parasitisme est donc primordiale dans un élevage car c’est la santé de tout le cheptel qui se trouve renforcée. Le 1er impact d’un parasite est la diminution de l’appétit, ce qui va influer sur la croissance des animaux et leur lactation (un bovin gagne 10,5 kg/lait/kg de poids vif supplémentaire).

Limiter le risque de contamination

Les parasites ont des stratégies de survie et se développent rapidement. Les strongyloses gastro intestinales ont un cycle de reproduction qui durent environ 3 semaines : les œufs dans les bouses éclosent, les larves vont sur l’herbe, sont ingérées par le bovin et pondent dans son organisme. Il faut 8 mois de contact pour qu’une vache s’immunise toute seule. Moins il y a d’animaux sur une parcelle, moins il y a de risques de contamination. Il faut donc changer de pâturage avec un temps de repos du sol suffisamment long. Thierry Divay, technicien au GDS, a analysé des prélèvements d’herbes et de bouses dans 9 élevages en Haute-Marne : «la quantité d’herbe dans une parcelle doit être suffisante car s’il y a du surpâturage, les vaches vont manger plus près des bouses, augmentant le risque de contamination. Il faut entre 40 et 50 ares/UGB, pas moins».

«Si on traite beaucoup en 1ère année de pâture, l’animal ne sera pas immunisé, il doit être un petit peu en contact avec le parasite, je conseille de traiter de la mise à l’herbe jusqu’à la fin du mois de juillet, on aura déjà la moitié de l’immunité de réalisée» indique Philippe Camuset. En mélangeant les adultes avec les veaux au pré, le risque de contamination se réduit car les vaches déjà immunisées vont manger une bonne partie des parasites.

Etablir un diagnostic

«Il y a pleins d’examens complémentaires disponibles, il faut choisir le bon outil au bon moment. Par exemple, une coproscopie doit être effectuée 2 mois après la première mise à l’herbe (ou à la fin), pour voir si le traitement a fonctionné. Le Ratio de Densité Optique est un test intéressant, mais qui ne fonctionne que sur les vaches laitières, cela permet d’estimer la population parasitaire (et donc le taux de contamination) en fin de pâturage pour éventuellement traiter». En revanche le diagnostic clinique est presque impossible pour détecter la grande douve, il faut faire une recherche sérologique, mais qui n’est pas très sensible.

Différents parasites

- La bronchite vermineuse est très contagieuse, elle peut contaminer 70 % du troupeau (jusqu’à 30 % de porteurs latents). Elle se caractérise par une toux forte et sonore. Le parasite est peu résistant au froid ou à la sécheresse.

- La grande douve rentre dans un escargot pour se multiplier. Un gastéropode qui aime l’eau propre et stagnante. La réaction immunitaire du bovin entraîne une destruction du foie, cette situation s’aggrave au fur et à mesure que l’animal rencontre le parasite.

- La paramphistomose est un parasite de la panse, il entraîne des lésions dans les intestins et dans la caillette. Présent en zones humides, le taux de mortalité est très élevé chez les animaux parasités et l’animal ne génère pas de réaction immunitaire.

- La petite douve se développe aussi par l’intermédiaire d’un escargot, mais qui aime les zones sèches. Les effets sont un dysfonctionnement digestif, des accidents vasculaires cérébraux et une anémie.

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