L'Avenir Agricole et Rural 25 février 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Une situation intenable

La crise agricole était le sujet brûlant de l’Assemblée Générale de la Fédération des Producteurs de Lait qui s’est tenue le 19 février à la CCI de Chaumont. Richard Bourbon a lancé un cri d’alerte et Thierry Roquefeuil a expliqué ce que la FNPL met en place pour surmonter cette épreuve.

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Thirrey ROQUEFEUIL espère que les transformateurs vont également s’engager dans la charte des valeurs.
Thirrey ROQUEFEUIL espère que les transformateurs vont également s’engager dans la charte des valeurs. - © T.M.

Un manque de soutien politique

«De mémoire de producteurs, nous n’avons jamais subi une crise aussi dure et longue, après un an, on n’en voit toujours pas le bout » a indiqué Richard Bourbon, président de la FDPL, en introduction de l’assemblée. Le coût de production est de l’ordre de 350/ 1000 l, le prix d’achat 2 015 autour de 320 toutes primes et qualités comprises, avec des prix de base actuels parfois inférieurs à 270 .

En 2015, il a manqué 25 000 à 30 000 pour équilibrer les comptes d’un atelier laitier de 500 000 litres, soit la moyenne départementale. Pour Richard Bourbon, cette situation provient de la libéralisation du marché du lait : « nous en sommes là en raison du dé-tricotage, année après année, de la PAC au nom d’un libéralisme toujours plus grand. Mais le lait n’est pas un produit comme les autres, son marché non plus ». Le président de la FDPL désire que Bruxelles se dote d’un minimum d’outil d’intervention pour réguler les marchés à minima ce qui permettrait d’anticiper de nouvelles crises. L’Europe doit aussi reprendre les négociations avec la Russie car l’embargo aggrave cette situation.

Respecter la Charte

« Notre salut ne peut venir que du marché intérieur » explique Richard Bourbon, « il nous faut augmenter la plus-value et s’assurer qu’une juste part nous revienne, c’est le but de la Charte des Valeurs, initiée par la FNPL. Nous ne pouvons plus supporter que la grande distribution détruise tous les jours la valeur ajoutée qui nous permettrait de vivre normalement ». La Charte a été récemment signée par l’ensemble de la distribution qui s’engage à partager équitablement les risques de volatilité des prix en cherchant des moyens de limiter leurs fluctuations, ainsi qu’à mieux informer les consommateurs sur l’origine du lait. « Signer la Charte c’est bien, mais la respecter c’est mieux, nous y veillerons » a souligné le président. Ce dernier a rappelé qu’elle concerne aussi les transformateurs et qu’en l’absence de signature de leur part, leurs usines seront « le terrain de nos prochaines manœuvres ».

La Charte est un pas en avant, mais risque d’être insuffisante, il faut trouver d’autres solutions. Le système belge pourrait être un modèle, il s’agit d’instaurer une contribution directe des consommateurs sur le prix de vente des produits et le retour intégral de ces sommes aux producteurs, sans passage par les transformateurs.

Evolution des contrats

Selon Richard Bourbon, les contrats doivent intégrer la valorisation des produits de grande consommation fabriqués par l’entreprise, ainsi qu’une prise en compte des coûts de production. « Car aujourd’hui, le prix du lait ne prend en compte que les produits industriels, que ce soit au travers de la valorisation beurre-poudre ou indirectement avec le prix du lait allemand. On constate que les écarts de prix entre entreprises, donc entre producteurs, s’accroissent, mais paradoxalement, qu’il vaut mieux livrer à une PME qu’à un grand groupe ».

3 axes de travail

Thierry Roquefeuil, président de la FNPL a expliqué que tous les produits laitiers qui sont consommés hors foyer doivent garder leur valeur ajoutée : « certains pré-emballeurs vont chercher

des meules d’emmental dans des pays qui payent leurs producteurs à 230-250 pour faire du râpé dans nos grandes surfaces françaises parce qu’en pré-emballant en France, le produit devient français, c’est une réalité comme dans la viande porcine ou bovine. Il nous faut travailler sur les charges sociales qui pèsent sur nos exploitations, le marché intérieur qui représente jusqu’à 60 % de la valorisation de nos produits et sur les 40 % restants, soit le marché à l’export, qui sont du ressort de la politique européenne. Tout ce qui sera fait sur ces 3 axes sera un plus pour nous aider à sortir de cette crise »

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