L'Avenir Agricole et Rural 16 avril 2015 à 08h00 | Par T.M.

Une consultation publique sur l’eau

La Commission Territoriale (COMITER), Vallées de Marne, de l’Agence de l’Eau Seine Normandie a organisé plusieurs réunions publiques pour présenter les enjeux et les actions à mener.

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Le public est invité à donner son avis jusqu’au mois de juin. L’agence a organisé deux réunions en Haute-Marne : au lycée agricole de Chaumont (photo ci-dessus) et à Bettancourt-la-Ferrée.
Le public est invité à donner son avis jusqu’au mois de juin. L’agence a organisé deux réunions en Haute-Marne : au lycée agricole de Chaumont (photo ci-dessus) et à Bettancourt-la-Ferrée. - © JLB

Objectif de qualité et de quantité

Deux axes importants de la politique publique de l’eau font l’objet d’une consultation du public (jusqu’au mois de juin) et des acteurs majeurs et décideurs dans ces domaines. Il s’agit d’une part du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des eaux (SDAGE) et de son programme de mesures, et d’autre part du Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI).

Le SDAGE est le plan de gestion de l’eau à l’échelle du bassin, c’est un document qui fixe les objectifs d’amélioration de la qualité des rivières et de l’eau pour 6 ans. Il est élaboré par le Comité de bassin et se donne plusieurs buts à atteindre. En premier lieu, il s’agit de diminuer les rejets de pollution dans les milieux aquatiques en réduisant par exemple les pollutions issues des stations d’épuration et leurs rejets en milieu naturel. Un des objectifs essentiels est également la généralisation des bonnes pratiques agricoles permettant de limiter l’usage des engrais (nitrates et phosphore). Le SDAGE promeut aussi les dispositions permettant de réduire le risque de ruissellement ou d’érosion, notamment par le maintien de la végétation (prairies, haies…).

Le SDAGE se donne comme objectif de réduire les produits toxiques dans les milieux aquatiques, ainsi que de protéger et restaurer la mer et le littoral. Il y a une attention particulière sur les captages pour l’alimentation en eau potable notamment en maîtrisant l’usage des sols. Les progrès importants réalisés en matière de réduction des pollutions «classiques» ne suffisent pas pour atteindre ou maintenir une bonne qualité des rivières et milieux aquatiques.

Le problème du drainage

Le SDAGE veut gérer la rareté de la ressource en eau, la gestion quantitative devient progressivement un sujet de préoccupation des acteurs du bassin qui souhaitent se préparer au changement climatique. Elle suscite le besoin de définir des règles de gestion et des mesures adaptées à chaque territoire, aux usages (alimentation en eau potable, agriculture, industrie) et au contexte hydrogéologique. Il s’agit par exemple de prévenir les surexploitations des eaux souterraines en mettant en place une gestion collective des nappes. Le drainage agricole peut accélérer un transfert quantitatif et introduit des produits agrochimiques comme les nitrates ou les produits phytosanitaires, de plus il peut être dangereux pour les zones humides. «C’est un  sujet compliqué compte tenu de la régulation du circuit de l’eau» affirme Daniel Yon, président de la COMITER Vallées de Marne, «Nous n’avons pas de carte significative des drainages en place, nous avons demandé à avoir une meilleure connaissance afin de faire un recollage de toutes les informations sur les drainages».

Réduire les inondations

La maîtrise des inondations est un enjeu majeur sur le bassin, notamment dans certains secteurs où la densité de population est très forte. Le SDAGE prévoit des dispositions pour préserver et reconquérir les zones naturelles inondables et pour limiter les risques d’inondation sans aggraver la situation en aval. Le PGRI est un outil pour réduire l’impact des crues, il se donne comme objectif de mobiliser tous les acteurs via le maintien et le développement de la culture du risque. La vulnérabilité des zones inondables doit être évaluée et il faut trouver des solutions notamment à l’échelle du quartier, de la commune et des constructions. Ainsi, le PGRI encourage la réalisation de diagnostics de vulnérabilité pour les territoires, les entreprises et le bâti. Il veille également à limiter l’impact des projets sur l’écoulement des crues. La préservation du fonctionnement naturel des cours d’eau, des zones humides et des zones d’expansion des crues à l’échelle des bassins-versants est à rechercher prioritairement car elle permet de limiter l’ampleur des crues.

Les agriculteurs ne veulent pas un

verdissement renforcé

et sans indemnisation

Lors de la réunion Seine Normandie qui s’est tenue à Chaumont le 1er avril, les présidents de la FDSEA et de la Chambre d’Agriculture sont intervenus pour rappeler leurs désaccords sur les constats et les projets d’actions envisagés par l’Agence Seine Normandie.

Ils ont rappelé les efforts faits par les agriculteurs et perceptibles au niveau de la qualité des eaux superficielles. Ils ont aussi pointé l’absence d’étude d’impact économique dans les mesures proposées.

La Profession Agricole estime aussi être insuffisamment représentée dans les instances des Agences de l’Eau.

JLB

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