L'Avenir Agricole et Rural 20 novembre 2014 à 08h00 | Par E.D.

Une campagne en mouvement

Les assemblées de section du contrôle laitier ont débuté à Saint Ciergues. Au programme, actualités du Pôle élevage et retour sur la campagne laitière 2013-2014.

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Philippe Gillet, Responsable du Pôle Élevage a présenté les mutations technologiques auxquelles se prépare le contrôle laitier.
Philippe Gillet, Responsable du Pôle Élevage a présenté les mutations technologiques auxquelles se prépare le contrôle laitier. - © E.D.

Niveau de production

Depuis 2010, les troupeaux enregistrés au contrôle laitier ont augmenté de 12 vaches en moyenne et produisent 93 000 litres de lait en plus, soit une moyenne de 7 771 litres de lait par vache, en recul de 71 kg par rapport à 2010. La prim’holstein arrive en tête avec 8 411 kg, suivie par la Montbéliarde avec 6 970 kg et par la simmental avec 6 622 kg.

Au-delà de l’effet race, le potentiel agronomique qui impacte la qualité des fourrages s’observe également à travers une carte cantonale de la productivité laitière ; en zone Montagne (sud ouest de Langres), la production par vache est à 6 662 kg alors qu’elle atteint 9 342 kg dans le nord du département.

Qualité du lait

Le TB (taux butyreux) est en baisse de 0,6 point par rapport à la campagne précédente. Un phénomène qui s’explique par l’alimentation (la richesse du maïs en amidon ne favorise pas le TB) et par la sélection génétique qui valorise plutôt les taux protéiques dans les schémas de sélection. Luc Lebfèvre observe également que ce déficit en TB peut également être lié à un défaut de fibrosité dans la ration. Le mésusage des mélangeuses peut être à l’origine de ce problème.

Le nombre de mammites déclarées pour 100 vaches présentes est de 22. Ce chiffre est pour le conseiller d’élevage sous-évalué. Au niveau du comptage cellulaire, la race simmental arrive en tête de classement avec une moyenne à 220 000 et 81 % des effectifs en dessous des 300 000 cellules, la race montbéliarde est loin derrière avec une moyenne à 271 000 et 79 % des effectifs en dessous des 300 000 cellules, enfin, la prim’holstein arrive en queue de peloton avec une moyenne de 306 000 cellules et seulement 77 % des effectifs en dessous des 300 000 cellules.

Reproduction

Au niveau des critères de reproduction, le retour à l’insémination a lieu à 100 jours, ce qui est un délai raisonnable pour laisser aux vaches le temps de se remettre.

La baisse relative de génisses vêlées de 1,4 % est surtout liée à la saturation des bâtiments et au ralentissement des réformes afin de produire du lait. Avec la qualité des fourrages de cette année, le phénomène devrait s’atténuer pour la campagne en cours. Luc Lebfèvre insiste sur l’intérêt de faire vêler jeune. Le vêlage à trois ans est pour lui une hérésie car comme le dit si bien l’adage « vache grasse n’est jamais pleine ». En outre, les génisses pleines se négocient actuellement autour de 1700 euros, un prix attractif.

A cause de la consanguinité en race prim’holstein, 10 pts de fertilité ont été perdus, malgré la gamme de taureaux à disposition  (44 % de réussite en première IA pour les noires contre 55 % pour les simmentals). L’utilisation de lots de semence sexée fait également baisser les performances en matière de reproduction, puisqu’elles affichent une efficacité de 15 % inférieure à de la semence conventionnelle.

Résultats technico-économiques

Du point de vue économique, la campagne 2013-2014 se caractérise par une nette amélioration du prix du lait mais aussi par celle des coûts de production. Ainsi le coût HFPE déjà très élevé en 2013, progresse encore de 10 au 1 000 l. Au final, la marge s’améliore de 37  / 1 000 l. Rappelons toutefois la calamiteuse année précédente (- 30  / 1 000 l). Au final, le bilan des deux dernières campagnes s’établit à + 8 / 1 000 l.

Bien que les concentrés aient augmenté en prix, ils ont été donnés pour compenser un déficit fourrager. Pour Etienne Voinchet, président du syndicat de race montbéliarde, cette solution n’est pas forcément mauvaise. Il rappelle qu’il est important d’évaluer au plus juste le coût de production des fourrages fermiers (prise en compte de charges de structures comme l’amortissement d’un bâtiment de stockage ou du matériel de fenaison, par exemple)

Perspectives à la baisse

La marge brute animale en /ha de SFP est de 860 pour la campagne 2013/2014. Pour information, la marge brute par ha de culture de vente est de 500 /ha pour la même période.

Pour 2015, la baisse du prix du lait devrait atteindre 30 euros/1000 litres, soit 25000 euros de chiffre d’affaire en moins, mais aussi des charges alimentaires en moins, de l’ordre de 10 000 euros et des ventes de réformes supplémentaires pour 5000 euros, soit un déficit de trésorerie de l’ordre de 10 000 euros.

Le pôle élevage en mouvement

Philippe Gillet, responsable du Pôle Élevage, a présenté le chemin parcouru depuis le rapprochement entre la chambre d’Agriculture et le contrôle laitier.

Depuis 2012, le nombre d’agents est passé de 44 à 38, suivant la tendance des adhérents, au nombre de 398 au 1er octobre. 90 % des resssources du pôle élevage  proviennent de prestations. Il compte aujourd’hui 30 ETP en lait, 5 ETP en viande et 5 ETP pour l’identification des animaux. L’association d’éleveurs utilisateurs, Haute-Marne Conseil Élevage (HMCE), dont le conseil d’administration est présidé par Michel Galton, également vice-président à la Chambre d’Agriculture, apporte du dynamisme, en phase avec les besoins des éleveurs.

Des métiers en mutation

Les agents de pesée constituent le premier maillon de la chaîne du contrôle de performance laitière. Le nombre de passages annuels s’échelonne entre 8 et 12, en fonction des besoins liés à la qualification des animaux. Compte tenu de la conjoncture, le tarif du contrôle de performance demeure inchangé.

Le métier est amené à évoluer avec l’informatisation de la saisie des pesées. L’appui technique pourra ainsi être déconnecté de la pesée. L’objectif est d’aller vers des rendez-vous avec les conseillers d’élevage sur des thèmes prédéfinis.

La mise en place d’Ori-automate, interface entre les robots de traite et le contrôle de performance, permet de faire évoluer l’offre de service vers un conseil plus pointu, en temps réel. Enfin, les groupes « Echang’lait » se sont constitués autour de thèmes d’expertise, souhaités par les éleveurs.

Chiffres clé de la production laitière en Haute-Marne

- 569 producteurs au 01/10/14 (source : laboratoire de Rioz)

- 260 millions de litres

- 460 000 l / producteur

- 4 laiteries pour 90 % de la collecte

- 3 AOC : (Brie, Langres, Epoisses)

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