L'Avenir Agricole et Rural 21 mai 2015 à 08h00 | Par G.E.C.

Un festival convivial

La cinquième édition du festival de l’élevage s’est déroulée samedi dernier au lycée agricole de Choignes. De nombreuses animations étaient proposées, le public y a trouvé son compte.

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Deux tables rondes ont été organisées  sur le thème des circuits courts.
Deux tables rondes ont été organisées sur le thème des circuits courts. - © TM

Encore une édition réussie pour le festival de l’élevage, le traditionnel concours de race Holstein et Montbéliarde a permis de réunir les meilleures bêtes, soit 120 vaches, sans oublier le concours du « meilleur présentateur » pour les jeunes éleveurs. Une balade sur le thème « élevage et paysage » a eu lieue plusieurs fois dans la journée. Au milieu des prairies du lycée agricole, Béatrice Julien-Labruyère, paysagiste, a initié le public à la lecture des paysages pour mieux comprendre les interactions entre les activités humaines (urbanisation, élevage…) et le paysage. Il y a eu également une présentation de taureaux de race (charolais et limousin), le traditionnel repas fermier et des produits locaux à la vente.

Valoriser les circuits courts.

Parallèlement deux tables rondes étaient organisées sur le thème des circuits courts. Pour la première « produire et transformer la viande bovine », Vincent Courtier, président gérant de Viandes 52 a apporté son témoignage. Il est satisfait de l’engouement que procurent ses caissettes de viande qu’il vend directement au consommateur. « J’ai de la chance d’être situé à côté de l’abattoir car les coûts sont moins élevés, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Mais pour que les filières courtes se développent davantage, il faudrait que les collectivités jouent la carte du local ». Grâce à l’appui de l’ADMA, il a pu augmenter progressivement les quantités car la demande est bien présente.

Se rapprocher du consommateur

Au niveau des bouchers ou des restaurateurs, l’une des difficultés rencontrées est de garantir une livraison constante. Anthony Masselot, président de Promoviande 52 s’est heurté à ce problème en essayant de proposer sa viande biologique. « On a fait des démarches auprès des bouchers, mais nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur qui veut se lancer dans le bio. Je me suis regroupé avec d’autres producteurs pour faire plus de volume, on a pu ainsi faire des propositions à des restaurateurs ». Il regrette que les éleveurs ne soient pas assez mobilisés pour s’engager dans cette filière.

Jean-Jacques Bailly est éleveur de volailles, il a créé « Brin de campagne », un magasin de producteurs locaux ouvert depuis 2009 à Chaumont. « J’en tire une grande satisfaction, même si c’est assez lourd à gérer puisqu’il faut trouver du personnel qualifié pour la vente et la découpe. Le consommateur recherche de la régularité et surtout une certaine qualité. La vente en circuit court est une opportunité pour les éleveurs, ça donne un sens à notre métier et ça ne peut qu’améliorer la qualité du produit ». Les clients viennent régulièrement au magasin où travaillent 8 salariés. Les trois intervenants ont précisé que les circuits courts, en plus de créer de l’emploi, forgent surtout une véritable identité.

La seconde table ronde était axée sur les produits laitiers. Raphaël Prignot a ouvert une « ferme découverte » en 2010, face à la demande du public qui voulait goûter ses produits, il décide d’aménager son exploitation et de faire une fromagerie. « A présent on transforme 10 % de la production, il y a un véritable potentiel à exploiter, mais il faut de la motivation car c’est beaucoup de travail. On est allé chercher des conseils, on apprend au fur et à mesure. Ce qui est intéressant, c’est que l’on voit évoluer son produit jusqu’au consommateur ». En plus de proposer ses produits en vente directe à la ferme et en magasin de producteurs, il va prochainement approvisionner le drive à la Chambre d’Agriculture.

 

Estelle Foulon, jeune agricultrice est l’une des fondatrices du drive Terroir 52 a également apporté son témoignage. « Je pense qu’il faut multiplier les moyens de commercialisation pour encourager et favoriser les projets de diversification. Tout adhérent de l’ADMA (Association pour la Diversification des Métiers de l’Agriculture) peut mettre en ligne des produits sur le site du drive moyennant une petite formation et l’engagement de livrer les commandes, même s’il n’y en a qu’une. Le producteur doit mettre son stock de produits en ligne le mercredi matin, les clients ont jusqu’au mardi suivant pour commander et les livraisons se font à la Chambre d’Agriculture le vendredi. Le démarrage a été difficile car notre gamme en produits frais était et est encore très incomplète ». Depuis sa mise en place en octobre dernier, 200 personnes se sont inscrites sur le site Internet, une soixantaine a commandé des produits depuis janvier et une trentaine de personnes commandent chaque semaine.

Marine Bau, animatrice au Groupement d’Agriculture Biologique a expliqué le principe d’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). « Il s’agit d’une association, théoriquement créée à l’initiative d’un groupement de clients prêts à s’engager pour maintenir une agriculture de proximité avec vente directe. Ces clients matérialisent leurs engagements sous forme d’une prise d’abonnement auprès d’un ou plusieurs producteurs. En contrepartie, le ou les producteurs s’engagent à produire selon un cahier des charges partagé par les clients et à livrer chaque semaine les adhérents ». Le cahier des charges définit la typologie des paniers, le prix de l’abonnement, les conditions de production, de livraison… Deux AMAP existent en Haute-Marne, depuis 2012 à Prez-sous-Lafauche et à Saint-Dizier depuis un an.

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