L'Avenir Agricole et Rural 08 mars 2018 à 10h00 | Par T.M.

Un besoin de structurer les filières

Pour la première fois, les Chambres d’agriculture de l’Aube et de Haute-Marne ont fait leur session ensemble le 26 février à Colombey-les-Deux-Eglises. Une table ronde a permis d’expliquer la relation entre agriculture et alimentation, et de montrer ses limites.

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Travaillant depuis plusieurs années ensemble, les deux chambres d’agriculture ont décidé de faire une session commune.
Travaillant depuis plusieurs années ensemble, les deux chambres d’agriculture ont décidé de faire une session commune. - © T.M.

De nouvelles lois

«Grâce au rapprochement entre la Chambre d’agriculture de l’Aube et celle de Haute-Marne, on est bien plus compétent dans les services qu’on apporte aux agriculteurs» indique Didier Marteau, président de la Chambre d’agriculture de l’Aube. Pour son homologue haut-marnais Christophe Fischer «la mutualisation nous permet d’être performants et efficients sur le terrain».

Rik Vandererven, adjoint au sous-directeur de la performance environnementale et de la valorisation des territoires au Ministère de l’agriculture, a rappelé les conclusions des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA). Les lois qui en découlent devraient limiter la guerre des prix et placer l’agriculteur au cœur des négociations afin qu’il ait un retour de la valeur. Il est également prévu que 50 % de la restauration collective s’approvisionne en bio, en produits sous labels de qualité ou avec une notion «valorisante», d’ici 2022.

«Les EGA ont permis de pointer les enjeux de la société par rapport à l’agriculture. Les choix du consommateur définissent l’agriculture d’aujourd’hui». Pour Rik Vandererven, les produits français de base sont de qualité (sanitaire et organoleptique), un fait qu’il faut préserver et faire comprendre aux consommateurs. «C’est une question d’éducation et de pédagogie, informer les consommateurs pour qu’il oriente ses choix. On ne doit pas décevoir les attentes de la société, c’est pour cela qu’il faut que nos politiques publiques soient cohérentes».

La problématique du prix

Agnès Laurent Le Runigo, présidente de la choucrouterie André Laurent, explique que ses produits ne sont pas présents dans la restauration collective à cause du prix. Pour se démarquer, l’entreprise auboise a développé la qualité de ses choux et sélectionne rigoureusement ses variétés avec ses producteurs, s’apparentant davantage à un partenariat qu’à une relation commerciale. «Mais d’après les collèges on est trop cher, pourtant cela ne fait que 10 cts de plus au kilo, soit 1,5 ct supplémentaire par portion» explique Agnès Laurent Le Runigo.

Mettre en avant la qualité

Pierre Cuvier, agriculteur et producteur de fruits en vente directe à Lignol-le-Château (10), explique qu’il livrait plus de 25 collèges et lycées de l’Aube et de Haute-Marne en 2005, mais qu’il n’en livre plus que deux cette année. La cause : quand un cuisinier part en retraite, son remplaçant fait un appel d’offres. Bien que Pierre Cuvier perdait des marchés d’un côté, il en gagnait de l’autre grâce à la vente directe à la ferme. Toutefois il émet une réserve sur la future loi des EGA : "je me demande si elle ne va pas aller dans le sens de l’industrie agro-alimentaire qui n’aura qu’à mettre un logo agriculture biologique sur des paquets de légumes pré-découpés».

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 09 mars 2018.

La mutualisation des chambres

Les Chambres d’agriculture travaillent ensemble depuis plusieurs années, les collaborateurs et les managers ont d’ailleurs une formation commune. Depuis 2 ans des missions de service public sont pilotées à la Chambre d’agriculture de l’Aube, tandis que la Haute-Marne a en charge le service installation. La mutualisation s’est aussi concrétisée avec des responsables qui travaillent dans les deux Chambres : Didier Petit pour le pôle entreprises et Jean-Luc Follot pour les productions végétales. «Nous avons aussi un Comité de direction commun, d’où découle cette Session» indique Christophe Fischer.

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