L'Avenir Agricole et Rural 23 juillet 2015 à 08h00 | Par T. Morillon

Trouver la bonne association culturale

La mise en place de colza associés a de nombreux avantages. Voici le témoignage de quatre agriculteurs haut-marnais qui ont décidé de mélanger leur colza avec des légumineuses.

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Produire la même quantité de colza tout en réduisant les intrants.
Produire la même quantité de colza tout en réduisant les intrants. - © T.P.

Cultures associées

L’agriculture de conservation est en développement, il faut dire que la PAC soutient le verdissement et la réduction d’intrants. Les cultures associées consistent à cultiver en même temps, sur la même parcelle, plusieurs espèces végétales. Entre le choix de l’association et la mise en place d’essais, les possibilités sont très nombreuses et dépendent de plusieurs facteurs : type de sol, climat… Des agriculteurs haut-marnais témoignent de leur expérience, ils ont semé du colza et des légumineuses dans leur parcelle.

«Il ne faut pas avoir peur d’essayer»

Gaétan Bouchot est céréalier, il a testé le mélange colza/luzerne pendant un an, sur une parcelle de 10 ha à Essey-les-Ponts. Il a utilisé des semences fermières et a mélangé 2 variétés de colzas (3,5 kg de Lohana et 3,5 kg de Pamela) avec 6 kg de luzerne, dans la même cuve du semoir. Après un semis début août, un mélange de 80 kg d’azote et de potassium a été ajouté. «La conduite s’effectue presque comme une parcelle de colza traditionnelle» affirme Gaétan Bouchot.

Pour chaque hectare, Gaétan Bouchot a utilisé 0,2 l de cytrine à l’automne, puis 1,2 l de Kerb. Au printemps, il a ajouté 160 unités d’azote, 250 kg de Kemilith, 0,2 l de cytrine, 2 l de bore, 0,5 l de Versar et 0,8 l de Yearling. Les charges phytos sont de 298 euros/ha, soit une économie de 200 euros/ha. Gaétan estime qu’il peut encore réduire ses coûts de 100 euros/ha «c’est la première année que je teste des cultures associées, alors j’ai voulu rester prudent au niveau des doses des produits phytos, mais je les ajusterai l’année prochaine». Le rendement en colza est d’environ 30 q/ha, ce qui est équivalent ce qu’il récolte normalement. Après la fauche du colza, la luzerne est broyée et laissée sur place pour éviter l’érosion et l’assèchement du sol, du blé sera ensuite implanté en semis direct.

Gaétan Bouchot ne trouve que des avantages à cette nouvelle pratique : «je fais des économies de désherbage, j’enrichis mon sol en matières organiques et je peux également revendre ma luzerne». Son objectif est de ne plus faire de désherbage, il pense associer son colza avec du trèfle nain en 2016. En effet, ce dernier couvre davantage le sol, de cette façon, il compte économiser des intrants. Le trèfle nain à également l’avantage de moins concurrencer le colza.

 

«20 % d’IFT en moins»

Au lycée agricole de Choignes, Stéphane Hitzberger a aussi testé le mélange colza/luzerne pour la première fois cette année. «Nous avions déjà essayé l’association colza/féverole/lentille, notre objectif est de produire autant de colza que d’habitude en réduisant les produits phytos, les engrais et voir s’il y a possibilité de faire du fourrage. L’innovation est une bonne chose, même si au départ, les élèves n’y croyaient pas».

Stéphane Hitzberger a semé tardivement (fin août) en semis direct, sur une parcelle de 7 ha, en mélangeant deux variétés pour réduire les insecticides et limiter le risque qu’une espèce ne fonctionne pas. L’aide de la FDCUMA a été précieuse financièrement et cela permet d’avoir des outils adaptés. Il a utilisé 2 insecticides, 1 fongicide, 1 régulateur et 130 unités d’azote, Stéphane Hitzberger estime qu’il est encore possible de réduire les traitements. L’IFT est de 5,76, soit 20 % de moins que la référence régionale en colza. La moisson est en cours (NDLR au 17/07), mais le rendement est plutôt prometteur.

«C’est une façon intéressante de faire le colza» explique Stéphane Hitzberger, «le fait d’être plusieurs est rassurant, on peut s’aider mutuellement et avoir des conseils, même si ce travail s’effectue sur du long terme. Nous devons nous appuyer sur l’écologie tout en gagnant correctement notre vie, c’est une perspective d’avenir».

«J’ai baissé mes charges phytos de moitié»

Julien Consigny, éleveur à Orges a essayé pour la première fois l’association colza/luzerne, sur une parcelle de 17 ha. Il a utilisé un mélange de semences achetées et de ferme, 5 kg de colza Lohana et 7 kg de luzerne, en semis direct mi-août.

«C’est en voyant un essai chez un collègue que nous avons vu que d’autres pratiques étaient possibles et que l’on pouvait produire autant en limitant les intrants» explique Julien consigny.

Aucun insecticide n’a été utilisé en automne et le désherbage n’a été effectué que fin novembre. Pour chaque hectare, les produits appliqués sont les suivants : 10 t de compost, 170 kg de sulfate d’ammonium, 0,075 l de Lambdastar, 0,2 l de Caramba Star, 0,75 l de Pyrinex ME, 0,2 l d’Heliosol et 0,6 l de Prosaro.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre éditon du 24 juillet 2015.

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