L'Avenir Agricole et Rural 31 octobre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

TRAITEMENT DES BOUES - Une plateforme de compostage unique en Europe

La plateforme de compostage pour le traitement des boues va ouvrir ses portes. Située à la sortie de Chaumont, direction Neufchâteau, le STB 52 Sud se dote ainsi d’un équipement innovant et écologique.

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L’unité comprend également des installations complémentaires pour le traitement des odeurs et des eaux (à gauche). Le système est écologique et particulièrement performant. A droite, les compobox.
L’unité comprend également des installations complémentaires pour le traitement des odeurs et des eaux (à gauche). Le système est écologique et particulièrement performant. A droite, les compobox. - © FREDERIC THEVENIN
Après un appel d'offres, en 2006, le STB 52 Sud (syndicat intercommunal pour le traitement des boues du sud Haute-Marne) a confié à deux entreprises la conception, la construction, la gestion et l’exploitation de la plateforme de compostage destinés à traiter les boues des villes de Chaumont, Langres et Nogent. Bioreva et Biodepe se sont alliés pour une solution commune d’exploitation et ont travaillé avec des entreprises performantes (voir encadré) pour faire de cette station l’une des plus innovantes d’Europe.
En juin dernier, la charge de l’exploitation leur a été confiée pour 7 ans afin de faire fonctionner cet équipement de compostage en bâtiment fermé avec aération contrôlée appelé Biobox.
Dans ce schéma, Bioreva est le pilote des opérations et de la fabrication du compost. Pour y parvenir, deux techniciens détachés de la Lyonnaise des Eaux ont été recrutés.
Après une phase de mise en service de quelques mois, la réception des boues de Chaumont depuis le 4 septembre, celle de Langres depuis le 8 octobre, la phase d’exploitation sera effective le 5 novembre assorti d’un suivi technique de deux ans et d’une garantie décennale.
 
Traçabilité et qualité

La transformation des boues de station d’épuration en un amendement de qualité se décompose en 7 étapes successives :
- réception et contrôle qualité des boues (pesage, déchargement en silo, prise d’échantillon et analyse complète). A noter qu’un protocole est en cours d’élaboration avec les producteurs de boues afin de pratiquer des analyses encore plus fréquentes afin de déceler les éléments micropolluants comme le cuivre et le zinc.
- préparation avec, dans la journée, le mélange des boues et des structurants végétaux comme, par exemple, des écorces de résineux ou de bois blancs issues de scieries de Haute-Marne et de Côte-d’Or. A noter qu’il est de plus en plus difficile d’en trouver du fait de la concurrence, pour ces écorces, des vignobles champenois et des chaufferies.
-  fermentation aérobie d’une durée de 3 semaines sans retournement avec aération pilotée et contrôle des températures (en enceinte confinée : COMPObox)
- criblage des composts et recyclage des structurants végétaux
- maturation en andains sous bâtiment couvert
- stockage sous abri
- contrôle des produits finis conformément à la NFU 44095 et commercialisation.
 
Sortie du compost

Toujours dans ce schéma de fabrication du compost à partir des boues, Biodepe s’occupe, en amont, de leur approvisionnement avec la gestion des structurants végétaux et la gestion et l’organisation du transport. En aval, l’entreprise est chargée de la valorisation du compost. Après analyses (métaux, PCB, HAP, bactériologique) et définition de sa valeur agronomique, elle s’occupe de sa commercialisation.
Trois cas peuvent alors se présenter… Si les lots répondent aux nouvelles normes (NFU 44095), le compost n’est pas soumis aux plans d’épandage agricoles. Il peut alors être commercialisé aux horticulteurs, pépiniéristes, entreprises de végétalisation et agriculteurs. D’ailleurs, dans ce domaine, une étroite collaboration s’installe avec la Sepac et la Chambre d’Agriculture.
Si les lots ne répondent pas à ces nouvelles normes, le compost va aux agriculteurs sur la base de plans d’épandage sachant que la priorité est donnée à ceux qui utilisaient les boues brutes non traitées. Au total, une dizaine d’exploitations sera concernée. Enfin, si le compost n’est pas conforme à la valorisation, il part en décharge ou est incinéré.
La sortie du premier compost de cette nouvelle plateforme aura lieu à la fin novembre. Il sera mis en vente, après stabilisation (baisse de la température) au début 2008. Ce compost est un support vivant qui peut servir à réorganiser la structure d’un sol, augmenter la biomasse microbienne et augmenter le nombre de vers de terre présents. Par contre, la mobilisation de l’azote s’en trouve ralentie. Le compost peut donc se substituer à une fertilisation classique mais pas aux apports azotés. Le tout est certifié et répond aux normes de qualité.
 
Avenir

D’une capacité de traitement de 8 000 tonnes de boues par an, la plateforme est conçue de manière à pouvoir être agrandie et augmenter ses volumes de 50 %. Le Syndicat est prêt à élargir son assiette et à accueillir les boues de l’ensemble du département. Des contacts seront pris avec les élus des communes afin de valoriser au mieux cet outil.
Enfin, à partir de 2008, le site sera ouvert aux visites d’information pour les usagers et les établissements scolaires avec un accueil organisé dès l’entrée sur le site, une vue panoramique de l’installation depuis une terrasse aménagée à l’extérieur et un circuit de visite. Des journées portes ouvertes seront également organisées pour les élus des autres villes et pour le grand public.

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