L'Avenir Agricole et Rural 05 juillet 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Traitement contre les strongles : flash, remanent ou longue action ?

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Les traitements longue action bloquent les cycles des parasites
Les traitements longue action bloquent les cycles des parasites - © CP : CIIRPO

Parmi les spécialités disponibles sur le marché en matière de produits antiparasitaires contre les strongles gastro intestinaux, on peut distinguer trois catégories : les traitements à effet flashs, les traitements rémanents ou bien les traitements longues actions. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse nous explique leur mode d’action.

« Un traitement flash permet d’éliminer les parasites présents chez un animal au moment du traitement. Dans ce cas, il n’y a aucune rémanence du produit et les animaux peuvent se recontaminer au bout de 12 ou 24 h post-traitement s’ils sont en pâture. A titre d’exemples, on peut citer le praziquantel, le fenbendazole mais aussi l’ivermectine orale pour laquelle la rémanence est très courte - deux ou trois jours maximum, donc on peut considérer cela comme un traitement flash. Ces traitements sont bien adaptés à l’entrée en bergerie car on sait que les animaux ne se recontamineront pas ».

 

Un traitement rémanent si les animaux restent à l’herbe

Un traitement rémanent permet d’avoir une action curative et de protéger pendant un délai généralement de quelques semaines contre les réinfestations au pâturage. Philippe Jacquiet précise : « Attention, cette rémanence dépend de la molécule utilisée, de son mode d’administration, du parasite cible (une rémanence peut varier selon l’espèce parasitaire en cause...) et aussi et surtout selon l’état corporel de l’animal traité : on sait que les rémanences sont plus faibles chez les animaux maigres et très parasités. Par exemple, la moxidectine orale a une rémanence évaluée à 5 semaines vis-à-vis de Teladorsagia circumcincta et d’Haemonchus contortus, un peu plus courte (deux à trois semaines) vis-à-vis de Trichostrongylus colubriformis. A noter que cette évaluation a été faite en conditions de laboratoire avec des animaux bien nourris. Ces traitements sont bien indiqués quand on doit traiter les animaux et qu’ils vont continuer à évoluer sur une parcelle très contaminée.

Enfin, les traitements « longue action » (ex moxidectine injectable longue action) sont destinés à bloquer les cycles parasitaires en empêchant le recyclage des larves infestantes sur les pâtures pendant plusieurs mois. Ils sont au cœur d’un débat actuellement car en les utilisant, un éleveur exerce une pression de sélection de longue durée sur les populations de strongles et cela pourrait favoriser l’apparition et la diffusion des résistances.

 

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