L'Avenir Agricole et Rural 15 juillet 2010 à 17h38 | Par Jean-Louis BLONDEL

Territoires ruraux - Un plan d’action pour notre territoire

Les élus et décideurs haut-marnais sont particulièrement actifs en matière d’ingénierie publique pour déposer des projets permettant le cofinancement d’actions de revitalisation des territoires ruraux. Sous l’impulsion du Préfet, une nouvelle dynamique a été lancée.

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Territoires ruraux

Suite au Comité Interministériel d’Aménagement et de Développement du Territoire du mois de mai 2010 (CIADT)  consécutif aux assises du monde rural de l’automne 2009, un certain nombre de pistes de travail se sont ouvertes. Les élus haut-marnais ainsi que les responsables économiques, les représentants de la vie sociale et associative ont été invités par le Préfet Laurent Prévost à phosphorer et à déposer des dossiers. Pour stimuler la réflexion et dans le souci de rester concret et efficace, la Préfecture a organisé plusieurs tables rondes. L’agriculture et les filières y ont tenu une place particulière.

Priorité à la valorisation locale

La table ronde, animée par Jean Cavalié, directeur de la Chambre d’Agriculture, sur les filières agricoles rassemblait le Président des Jeunes Agriculteurs, le Président de la Chambre d’Agriculture, Florence Pelletier, représentant l’association de promotion de la diversification, François Jehlé représentant le monde de la chasse et M. Juan Moralès, Directeur du Centre Leclerc de Chaumont.

Le thème était principalement axé sur la valorisation des produits locaux par le biais des circuits courts. Jean Louis Courtoux a aussi évoqué le développement de l’AOC Langres qui a d’ailleurs fait acte de candidature dans le cadre du prochain appel à projets des Pôles d’Excellence Rurale (PER). Les dossiers devront être déposés à l’automne.

Il a mis en évidence l’existence de la filière «viande» locale qui subsiste grâce au maintien de l’abattoir et de la cheville locale qui ont été portés à bout de bras par la profession agricole. Aujourd’hui ces outils pourraient être mieux utilisés si la consommation locale de viande était optimisée.

Pierre Yves Neyret, Président des Jeunes Agriculteurs, apporte de l’eau au moulin en annonçant l’engagement des jeunes agriculteurs dans la relance de la démarche «Eleveurs de Champagne Ardenne» qui sera concrétisée à la fin du mois de juillet avec l’Intermarché de Rimaucourt. Cette action expérimentale, qui permet d’identifier les éleveurs locaux et de fixer un bonus de rémunération, est appelée à se développer sur l’ensemble du département.

Nous consommons 5 000 tonnes de viande bovine en Haute-Marne, nous en produisons 15 et nous en abattons à peine 1 000 tonnes. Sans que le bassin de population soit important, il y a donc encore des marges de progrès à réaliser, sous réserve que tous les clients potentiels s’intéressent à la démarche, y compris la restauration hors foyer. D’autres grandes surfaces sont déjà intéressées et M. Juan Moralès affiche d’emblée son intérêt à cette initiative en précisant que les magasins Leclerc sont déjà partenaires de l’abattoir, en tant qu’apporteurs de capital et acheteurs de carcasses (environ 3 bovins par semaine).

Developpement

Il souhaiterait renforcer ce partenariat local avec d’autres produits agricoles y compris les fruits et légumes qui sont pour le moment assez rares dans le département. Il se dit prêt à contractualiser avec des producteurs qui souhaiteraient s’engager dans cette production spécialisée.

François Jehlé a évidemment fait la promotion de la chasse et de la venaison qui représente entre 500 et 600 tonnes par an. Actuellement 10 à 15 % de ce tonnage sont commercialisés, ce qui laisse un potentiel de développement important. Le Parc National pourrait constituer une image valorisante. En toute hypothèse l’activité chasse représente un chiffre d’affaires moyen de l’ordre de 60 € par hectare boisé. Le challenge serait d’étaler sur l’année le débouché et l’activité qui sont pour le moment concentrés sur la période d’octobre à février.

La Haute-Marne en mal de médecins

Au cours d’une autre table ronde, le risque de désert médical a été pointé du doigt. Le représentant de l’Agence Régionale de Santé (ARS) a été interpellé sur la nécessité de permettre des échanges de médecins stagiaires entre les régions. Le cloisonnement administratif rend en effet très difficile la venue d’étudiants de Dijon, dans les hôpitaux haut-marnais, lesquels sont aussi trop éloignés de Reims. Les maisons de santé pluridisciplinaires ont été plusieurs fois évoquées comme étant une solution à l’attractivité médicale, mais le déficit en personnel médical dans les dix prochaines années est tel qu’il faudra probablement recourir à des moyens plus incitatifs, sinon coercitifs.

Sophie Delong, qui assistait à cette table ronde, rappelle le principe de l’exercice libéral de la médecine mais ne dissimule pas la nécessité de faire évoluer le principe de la libre installation si la mission de service public, que constitue la médecine, ne pouvait plus être assurée dans certains territoires.

Une autre table ronde a aussi abordé les projets de connexion haut débit ou encore la valorisation de la biomasse forestière.

Comme tout territoire, la Haute-Marne n’a pas que des faiblesses, elle a des atouts à valoriser. Elle a aussi la richesse intellectuelle de ses habitants qui ne renoncent pas face aux handicaps.

L’Administration n’a pas toujours qu’un rôle répressif, elle peut aussi être un catalyseur. Les ingrédients sont en place, il n’y a plus qu’à attendre la réaction. Rendez-vous dans quelques mois pour faire le bilan de ce nouveau laboratoire d’idées qui vient d’être ouvert.

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