L'Avenir Agricole et Rural 29 juin 2017 à 08h00 | Par T. Morillon

Tension en fin de campagne

A l’occasion des journées ODA (Offre et Demande Agricole) de printemps, 44 agriculteurs se sont retrouvés le 2 juin à Saint-Dizier. Les consultants d’ODA ont expliqué la situation des marchés, les perspectives d’évolution pour cette fin de campagne et les enjeux de la moisson à venir.

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Le directeur Louis Verhaeghe constate que la consommation mondiale de céréales est en forte progression : «les opérateurs mondiaux sous-estiment l’évolution de la consommation en Asie et en Afrique».
Le directeur Louis Verhaeghe constate que la consommation mondiale de céréales est en forte progression : «les opérateurs mondiaux sous-estiment l’évolution de la consommation en Asie et en Afrique». - © T.M.

Un marché partagé

La matinée a été l’occasion de faire un point sur l’économie. Cela a permis d’appréhender les facteurs non-agricoles qui impactent les marchés des céréales et oléagineux. «C’est vous qui avez la main sur les marchés, le temps est en votre faveur» assure Louis Verhaeghe, directeur ODA Agri. L’après-midi a permis aux participants de bénéficier des recommandations d’ODA pour leurs assolements d’automne et de faire un premier bilan concernant la commercialisation des récoltes 2016.

La Fed (Réserve fédérale des États-Unis) devrait poursuivre la hausse des taux d’intérêt et la Banque Centrale Européenne a comme objectif une inflation à 2 %. Ces politiques monétaires vont avoir un rôle déterminant sur la parité. A court terme, la hausse attendue des taux de la Fed va permettre à l’Euro de rester dans son tunnel actuel. Après 4 ans passés sans accords, les pays de l’OPEP limitent à nouveau la production de pétrole ce qui va éviter un effondrement du prix de l’énergie. Le marché reste partagé entre cette limitation de l’offre, les conséquences des stocks mondiaux élevés et la reprise de la production américaine.

Le marché du blé et du colza baissent depuis 2 mois à cause de la fluctuation de la monnaie, «on a perdu 11 Ä/t en blé et 25 Ä/t en colza à cause de la parité euro/dollar» explique Renaud de Kerpoisson, président ODA. Sur le volet du transport, il y avait un blocage de l’axe Rhin/Danube qui profitait à la France, mais la situation s’est améliorée et aujourd’hui les flux alimentent le nord de l’Europe, entraînant une baisse de la demande en blé et maïs. Le FMI prévoit une croissance de +3,6 % en moyenne au niveau mondial en 2017, une hausse particulièrement marquée en Asie (+6,4 %), cette population devrait donc fortement consommer. Bref, les indicateurs économiques se portent bien en Europe et aux États-Unis et les spéculations autour de l’élection de Donald Trump sont retombées. Le marché attend maintenant des faits.

La Chine possède un stock important de blé, mais inutilisable car cela lui coûte moins cher d’importer que de rapatrier son blé. Elle fait face à d’autres difficultés, à cause des normes environnementales elle n’arrive pas à redévelopper son cheptel porcin (-20 % en 5 ans), elle va devra continuer ses importations.

Des débouchés pour exporter

Selon la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture), le stock mondial est de 663 Mt (toutes céréales confondues) pour la campagne 2015/2016, «mais certains ont tendance a sous-estimer les stocks» prévient Renaud de Kerpoisson. «Les chiffres de l’USDA (Département de l’agriculture aux USA) sur le stock mondial de la campagne précédente présentaient un décalage de 20 %. D’où l’importance du réseau ODA car les agriculteurs font remonter les chiffres du terrain ce qui nous permet d’ajuster les estimations de France Agrimer. Votre communauté est indispensable pour nous permettre de faire une bonne analyse et donner de bons conseils».

Avec 240 Mt, l’Asie possède la moitié du stock mondial (blé/orge/maïs), arrive ensuite les Etats-Unis avec 96 Mt (23 % du stock), alors que dans l’UE les stocks sont relativement bas avec 24 Mt (6 %). Mais l’Asie a également un déficit de 107Mt et il ne fait qu’augmenter : +53Mt depuis 10 ans. L’Afrique du Nord et le Moyen-Orient ont un déficit de 108 Mt, un manque qui a été quasiment multiplié par deux en 10 ans (+48 t). Il en est de même en Afrique subsaharienne qui a un déficit de 23Mt (+15 Mt, plus du double en 10 ans). L’Afrique est à surveiller car c’est une des zones qui va le plus se développer dans les 20 prochaines années et son déficit en forte progression peut constituer un important débouché pour nos productions.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 30 juin 2017.

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