L'Avenir Agricole et Rural 03 mars 2011 à 14h44 | Par E. DAUPHIN

SYndicat prim’holstein - La noire se classe bien

L'assemblée générale a été l'occasion de faire le point sur les résultats techniques ainsi que sur la participation aux concours de race. Enfin, Jean-Michel Hennequin, responsable d'élevage dans une ferme de la région parisienne, a tenu son auditoire en haleine pendant plus de deux heures.

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La Haute-Marne, malgré un effectif en prim'holstein modeste (18 000 vaches) par rapport à d'autres départements comme les Côtes d'Armor ou le Finistère, , oscille entre le troisième et le quatrième rang au niveau national avec une production moyenne par animal avec 7885 kg et des taux de 38/31. De plus, les élevages haut-marnais sont présents sur les concours nationaux et internationaux où ils occupent des places de choix.


Activité du syndicat


123 éleveurs cotisent au syndicat à hauteur de 15 euros par élevage avec une redevance de 50 cts/bovin. Le résultat de l'exercice enregistre un excédent de 2381 euros. Deux administrateurs sortants, Gérald Belargent de Serqueux et Olivier Vinot de Louze, ont été remplacés par Thomas Girardot, éleveur en GAEC avec son père à Saint Urbain et par Sébastien Tolédo qui a des vaches en co-propriété dans plusieurs élevages et travaille dans le domaine de la génétique.La participation aux manifestations d'élevage a été active cette année. Philippe Driout, Président du syndicat, est revenu sur les temps forts de l'année passée :- la vente de Chaumont en août a remporté des prix de vente très intéressants- le SPACE mi-septembre avec trois animaux qui se sont distingués : une première place et deux troisièmes places- le Championnat européen à Crémone (Italie)- le Show open Génisses à Saint Etienne auquel ont participé quelques jeunes avec des résultats intéressants (réserve mention honorable en rouge et mention honorable en noir). Il invite les jeunes éleveurs à aller à ce show très formateur.- le Concours de Lausanne, le top en élevage, selon le Président. «Si vous avez une sortie à faire en élevage, c'est proche d’içi et vous en prendrez plein les yeux» explique-t-il.Parmi les manifestations à venir, Philippe Driout évoque :- le Salon, Porte de Versailles avec la participation du GAEC de l'Ecluse, du GAEC de la Coumière et du GAEC de l'Abbaye- le concours de Villepinte qui aura lieu simultanément sur le principe d'un open comme à Saint Etienne, c’est-à-dire ouvert à tous. Les éleveurs arrivent le samedi pour concourir le mardi, et c'est le même juge qu'à Versailles, avec en parallèle un concours de jeunes présentateurs(voir les résultats de ces épreuves en page Salon)- l'Ecole des Jeunes qui aura lieu à Ste Maure dans l'Aube les 3 et 4 mars - Eurogénétique à Epinal : une quinzaine d'animaux du département seront présents- la Foire départementale de Chaumont le 8 mai- le concours de race spécial holstein les 27 28 29 mai au Mans


Campagne GTTL dela race en 2009 2010


Les résultats techniques ont été présentés par Brigitte Tolédo, animatrice de la race à l'ADCL. En 2010, 267 troupeaux étaient en race prim'holstein (sup. à 80 %) avec 16260 vaches présentes et une moyenne de 61 vaches par troupeau. Le produit s'élève à 501 927 kg lait avec un niveau de vêlage adulte à 33,9 mois. Le niveau d'étable est de 8182 kg de moyenne avec des taux à 39/32. On observe que le vêlage des génisses rajeunit légèrement par rapport aux années précédentes. Là où il y avait 34% de génisses, on en retrouve que 31% cette année. L'âge au vêlage est de 32,8 mois.Une dizaine de troupeaux est au dessus des 10 000 kg de moyenne. En première position, on retrouve le GAEC de Grivée avec 10 561 kg suivi du GAEC de la Coumière avec 10 512 kg.La visite d'élevage l'après-midi a eu lieu au GAEC Pomerol à Harricourt.

Un éleveur aux portes de Paris


Un contexte particulier


Située à 17 km du Pont de Sèvre, sur le plateau de Saclay, l'exploitation dans laquelle travaille Jean-Michel Hennequin, normand d'origine, évolue dans un contexte radicalement différent de celui de son auditoire haut-marnais. Il manage cinq personnes sur l'atelier laitier qui compte 350 vaches laitières en zéro pâturage et exploite des parcelles de fauche telles que l'aéroport présidentiel de Villacoublay. L'exploitation compte également une cinquantaine d'hectares de petits fruits que les parisiens viennent cueillir et un magasin de produits artisanaux en provenance de toute la France. Mais la proximité de la ville n'a pas que des bons cotés. Les parcelles d'herbe, si elles ne sont pas occupées par quelques génisses, peuvent du jour au lendemain être colonisées par des centaines caravanes...Seules trois exploitations laitières subsistent autour du Grand Paris, ce qui limite l'accès aux services d'élevage et menace la collecte de lait. Pour l'instant, une coopérative de Rouen affrète un camion tous les trois jours. Une partie du lait est détournée pour la vente directe et le reste, 10 à 15 % de la production, part au SPOT*, avec des prix allant de 60 à 325 euros la tonne de lait. Pour faire face, l'exploitation a une capacité de stockage tampon de 15 jours.


S'ouvrir à d'autres pratiques


Le responsable d'élevage s'inspire des pratiques qu'il observe à l'étranger principalement en Israël, en Russie et aux Etats-Unis. C'est ainsi qu'il a décidé d'ouvrir ses bâtiments, y compris la nursery, pour un meilleur confort respiratoire des animaux. Concernant le soin des jeunes veaux, il préconise d'administrer un complément type locatim ou biocolos dès la naissance et de donner le colostrum le plus tôt possible (avant six heures) à raison de quatre litres, durant deux buvées consécutives, afin de doper le taux immunoglobuline des jeunes animaux.C'est également un fervent défenseur du podomètre. Les chaleurs sont détectées grâce à cet outil qui compte le nombre de pas effectués par les vaches. Au-delà de 70 pas/heure, il est quasiment certain que l'animal est prêt à être inséminé. Un acte réalisé par les salariés eux-mêmes. En fin manager, Jean-Michel tient à responsabiliser son équipe. Celui qui est à la traite insémine et fait aussi les échographies. Chacun sait ce qu'il a à faire, même quand le responsable est en conférence... L'organisation du travail leur permet de disposer d'un dimanche sur trois.


Stop aux mammites


Confronté à des problèmes de mammites récurrents depuis son arrivée, qu'il assimile alors à une perte de 3000 kg par VL et par an, il passe de l'aire paillée à la logette avec tapis, suite à la rencontre de Philippe Deru au SPACE. Le challenge est de réaménager un bâtiment en lamellé collé datant des années 70, de façon fonctionnelle. En concertation avec le constructeur, il opte pour un système en quatre lots avec une rallonge du bâtiment de dix mètres, creuse une fosse et investit dans un racleur automatique.De plus, il instaure progressivement une hygiène de traite préalable (pré trempage et premier jet). Il dispose d'un roto de 40 places en traite extérieure. Bien qu'étant un fervent défenseur de ce type de matériel, Jean-Michel est revenu sur ses positions. Pour lui, il ne faut pas confondre vitesse et qualité de traite. En branchant trop tôt, on abîme les sphincters. Pendant que deux personnes sont mobilisées à la traite, une troisième racle les logettes et y épand de la sciure sèche de résineux, matin et soir. Grâce à toutes ces mesures, Jean-Michel a divisé par dix le nombre de mammites, passant de 100 par mois à 100 par an. Il pourrait encore améliorer ce chiffre en amplifiant l'hygiène au débranchage, mais cela nécessiterait de mobiliser une personne de plus, ce qui ne passe pas économiquement.

* SPOT ou marché au comptant est un marché des valeurs mobilières dans lequel les marchandises sont vendues au comptant et livrées immédiatement.

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