L'Avenir Agricole et Rural 14 mars 2013 à 15h47 | Par E.D.

Syndicat Prim’holstein - Evolution des entreprises de sélection

Les passionnés de la race holstein se sont réunis à Culmont Chalindrey pour faire le point sur les activités du syndicat et assister à une intervention sur la stratégie de la coopérative d’Insémination Elitest.

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La visite d’exploitation a eu lieu au GAEC de la source du Saolon à Culmont Chalindrey.
La visite d’exploitation a eu lieu au GAEC de la source du Saolon à Culmont Chalindrey. - © E.D.

La vie du syndicat

Le syndicat Prim’holstein de Haute-Marne a accueilli deux nouveaux membres au sein de son conseil d’administration : Anthony Carteret, éleveur en Haute-Saone et Jérôme Peigney du GAEC de la Cerisière à Graffiny le Chemin. Le nombre d’adhérents est néanmoins passé sous la barre de la centaine, suivant la tendance démographique à la baisse de la profession, observe le Président Philippe Driout, qui rappelle le tarif d’adhésion au syndicat resté inchangé, soit 15 euros par troupeau et 50 centimes par vache.

Brigitte Tolédo, animatrice, est revenue sur les nombreuses participations aux manifestations d’élevage auxquelles ont participé les adhérents en 2012 : vente d’Alotis à Chaumont, SPACE de Renne, concours à Brienne-le-Château, Régionale Génisse, Show Open Génisse de Saint Etienne, Lausanne, Paris Porte de Versailles et Villepinte, Fribourg, l’école des Jeunes lors de laquelle Anthony Carteret se classe deuxième, Eurogénétique et la foire de Chaumont.

Le syndicat a également réalisé un voyage d’étude début mai à la ferme de Villetin, dans la région parisienne. L’exploitation compte 360 vaches laitières à 10 000 litres de lait/vache. Philippe Driout, qui avait visité l’exploitation en 1992 a pu apprécier l’évolution de l’aménagement du bâtiment, réorganisé selon les conseils de Philippe Deru et entièrement équipé de logettes et de tapis «made in Haute-Marne».

Résultats techniques : une évolution vertigineuse

D’après les résultats du contrôle laitier de 2011, sur 19 000 lactations terminées, d’une durée moyenne de 350 jours, le niveau d’étable est de 9532 kg, un chiffre très proche de la moyenne nationale de la race qui est de 9411 kg, avec un TB de 38,3 et un TP de 32,1. 29 élevages sont supérieurs à 10 000 litres/vache de moyenne d’étable et trois élevages ont franchi la barre des 11 000 kg.

Sur dix ans, le département a vu disparaître 35 % de ses élevages tandis que le nombre de vaches présentes a augmenté de 49 à 66.

La production, par exploitation,  sur le département a quasiment doublé, passant de 381 634 litres en 2003 à 586 869 litres en 2012.

La production par vache présente a progressé de 1000 kg, passant de 7688 à 8759, et ce avec un taux protéique qui s’est maintenu et un taux de matière grasse qui s’est dégradé d’un point, suivant en cela la demande du marché.

Elitest se tourne vers l’Ouest

Jean-Louis Lacroix est vice-président d’Elitest et anciennement président de la zone Vosges Haute-Marne. Il est intervenu afin d’expliquer la sortie d’Elitest de l’entreprise de sélection Gènes Diffusion (GD). Cette entreprise a vu le jour en 2007. Elle couvre l’Est de la France suite à la dissolution d’UNECO. Elle est composée de plusieurs filiales, dont l’une chargée de la sélection génétique en race holstein - charolais, l’autre de la commercialisation de doses aux coopératives d’insémination telles qu’Elitest. A l’époque, les quatre coopératives qui forment Elitest aujourd’hui y adhèrent faute de mieux.

Valeurs mutualistes d’un côté, approche commerciale conquérante de l’autre : sur le fond, la divergence au niveau des cultures d’entreprises n’a jamais permis d’adhérer à une stratégie commune, notamment dans l’élaboration du prix des doses.

En outre, suite à la disparition de la loi sur l’élevage permettant la libre concurrence hors périmètre historique, Gènes Diffusion avait des velléités d’expansion sur l’ouest de la France, y compris concernant la race Normande, ce que ne cautionnait pas Elitest. C’est en quelque sorte «la goutte de lait qui a fait déborder le tank». En 2010, GD embauche des inséminateurs sur l’ouest. «On était contre mais minoritaires au niveau du conseil d’administration de GD» explique Jean-Louis Lacroix, pour qui la situation était de moins en moins tenable vis-à-vis des organismes de la branche. Car pour lui, les enjeux sont à l’international. Pour conquérir des marchés comme la Chine ou l’Inde, il faut se fédérer au niveau français et européen, plutôt que de se tailler des croupières sur le terrain. En Normandie, faute de doses en race normande, GD s’est déclaré entreprise de sélection, mais Valogène a mis son droit de véto. La tension monte lors du SPACE. GD menace de faire appel au Conseil de la concurrence.

«Au niveau de notre conseil d’administration, nous avons voté  la défusion à l’unanimité moins une voix, avec l’espoir de créer un électrochoc et de réécrire un règlement intérieur, notamment sur le prix des doses, mais ça n’a pas fonctionné» explique le responsable.

Le divorce est prononcé en novembre dernier, lourd de conséquences pour les deux parties. Elitest représentait un quart de l’activité de GD en prim’holstein et 13 % en charolais. Les taureaux charolais provenaient néanmoins à 40 % de la zone Elitest. De l’autre côté, la coopérative pouvait se retrouver sans doses du jour au lendemain.

Elitest et GD ont néanmoins conclu un accord commercial : depuis novembre, Elitest commercialise en exclusivité sur sa zone les doses de GD durant deux ans et demi, ce qui lui laisse le temps de conclure un partenariat avec une autre entreprise de sélection. En effet, la coopérative ne veut pas être simplement vendeuse de doses mais participer concrètement aux schémas de sélection. Concernant les taurelleries d’Epinal et Brumath, les taureaux sont maintenus au prorata des doses utilisées.

Elitest a rencontré une grande solidarité au niveau de l’union nationale qui était au bord de l’explosion. Géniatest, coopérative d’insémination basée en Franche Comté, a envoyé ses taureaux dans les taurelleries d’Elitest. Des contacts ont été pris à l’Ouest avec Evolution, qui s’engage à fournir des doses au même prix que GD. Un partenariat plus poussé pourrait voir le jour en 2013.

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