L'Avenir Agricole et Rural 08 janvier 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SYNDICALISME : Que fait la FDSEA ?

La convergence des problématiques économiques, environnementales et sociales sur les exploitations agricoles rend compliqué le rôle du syndicalisme à vocation générale. La FDSEA s’en explique dans le cadre de ses assemblées cantonales.

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A Juzennecourt, Stéphane Martinelli, Conseiller Général, a participé au débat de l’Assemblée Générale. Les agriculteurs ont vigoureusement protesté contre le plafond de 50 UGB qui les exclut de toute MAEC.
A Juzennecourt, Stéphane Martinelli, Conseiller Général, a participé au débat de l’Assemblée Générale. Les agriculteurs ont vigoureusement protesté contre le plafond de 50 UGB qui les exclut de toute MAEC. - © JL BLONDEL

L’assemblée statutaire de chaque syndicat cantonal est l’occasion de faire le point sur les sujets d’actualité et d’éclairer les adhérents sur quelques dossiers techniques. Une nouvelle fois la réforme de la PAC est au programme avec une complexité accrue en raison de l’incertitude qui plane sur les nouveaux soutiens.

 

Situation syndicale relativement stable

Dans les 6 premiers cantons qui se sont réunis (Juzennecourt, Chateauvillain-Arc, Fayl – Varennes et Chaumont), la situation syndicale est relativement stable. La surface cotisée et le nombre d’adhérents sont de l’ordre de 60 %. Ces cotisations servent à faire fonctionner tout le réseau aux niveaux local, régional, national et européen. Cette défense collective profite à l’ensemble de la profession et les acquis sont nombreux quoique peu visibles lorsqu’ils consistent à repousser des contraintes nouvelles ou à limiter une baisse de soutien. La FDSEA veut aussi apporter des réponses individuelles aux agriculteurs par le biais d’une information réactive et de prestations de services notamment dans les domaines juridiques et réglementaires.

La force d’un réseau c’est aussi sa capacité à se mobiliser comme l’a démontré la manifestation de Châlons ou les multiples mobilisations relatives au projet de Parc National. Ces actions permettent de pointer les dysfonctionnements économiques des normes ou le zèle de certaines administrations. C’est probablement grâce à cette proximité que la FDSEA reste le syndicat majoritaire incontesté. La preuve en sera encore donnée avec les prochaines élections des délégués MSA qui commenceraient la semaine prochaine.

A Richebourg, le projet du Parc National a fait l’objet de vives inquiétudes y compris à propos de la réserve de 3 000 ha qui jouxte les prairies.
A Richebourg, le projet du Parc National a fait l’objet de vives inquiétudes y compris à propos de la réserve de 3 000 ha qui jouxte les prairies. - © JL BLONDEL

Une année céréalière à oublier

Un bref rappel de conjoncture a permis de mettre l’accent sur la situation très particulière de la Haute-Marne à l’épicentre de la sécheresse du printemps, puis exposée à la pluviométrie de l’été qui a dégradé la qualité des blés. Résultat : des récoltes globalement très moyennes et très mal valorisées dans un marché dégradé. Les exploitations céréalières et de polyculture-élevage, surtout celles orientées sur la viande bovine, enregistrent des résultats nuls, voire négatifs. La production laitière tire mieux sont épingle du jeu, mais les indicateurs sont repassés dans le rouge en fin d’année. En plus les laiteries les anticipent au mépris des contrats signés avec les OP.

Richard BOURBON, Président de la FDPL, présent à la cantonale de Juzennecourt dénonce ces décisions et suspecte l’industrie laitière d’entente derrière le leader SODIAAL qui ne montre pas forcément le bon exemple en la matière. Suite à cette réflexion il a d’ailleurs été envisagé une rencontre avec les dirigeants de cette coopérative.

Ce constat rappelle la nécessité de maintenir une pression syndicale permanente.

 

Une PAC opaque

Les aides PAC représentent une moyenne de 313 Ä dont 35 Ä au titre du second pilier. C’est donc plus que le revenu et ces soutiens sont vitaux pour l’agriculture haut-marnaise. Le rôle du syndicalisme est aussi de préserver les lignes de crédit, tant au niveau national que local. Le paiement redistributif des 52 premiers hectares est vécu comme une injustice car il ne tient pas compte du potentiel des sols. Le Ministre vient de s’en rendre compte (tardivement) et chacun espère que l’expérience ne sera pas prolongée au-delà de 2017, année du rapport d’étape.

Sur les vaches allaitantes, la position des zones intermédiaires a pu s’imposer dans les arbitrages nationaux (qui ne sont toutefois pas encore définitifs) avec la prise en compte d’une dégressivité moindre au-delà de 50 PMTVA. Mais il reste encore de trop nombreuses zones d’ombre sur le second pilier. Ainsi la MAEC Zone Intermédiaire, qui est censée remplacer la MAE Rotationnelle, est trop sélective. Les exploitations de polyculture élevage risquent de passer aux oubliettes alors que l’affichage politique est de les maintenir. La FDSEA est encore tout récemment intervenue auprès du DRAAF à ce sujet (cf courrier ci-contre).

A Chaumont les agriculteurs se sont inquiétés des exigences trop élevées et irréalistes des futures MAEC.
A Chaumont les agriculteurs se sont inquiétés des exigences trop élevées et irréalistes des futures MAEC. - © JL BLONDEL

Chasse, Parc et environnement

Dans la liste des multiples sujets abordés, le plus récurrent et crispant reste bien celui de la chasse avec la mise en œuvre du nouveau protocole d’indemnisation qui impose une double peine : exclusion de l’indemnisation et facturation des frais d’expertise en deçà de 230 Ä (ou 3 % de surface) par parcelle. Ce dispositif, qui résulte d’un protocole national ayant pour contre partie la baisse de la franchise de 5 % à 2 %, n’est pas bien vécu et la FDSEA est déjà intervenue à plusieurs reprises au niveau national. Le dossier n’est pas clos.

Le Parc National est aussi un sujet de tension et il est révélateur d’un ras-le-bol administratif. En effet, ce projet est synonyme de réglementation supplémentaire dans la zone de cœur et les agriculteurs ne comprennent pas pourquoi l’administration s’entête à y inclure de la surface agricole alors qu’il s’agit de préserver la forêt feuillue.

L’incompréhension, voire la colère est de même nature à propos des contraintes et des contrôles qui se multiplient en matière d’environnement (zones humides, zones vulnérables, définition et entretien des cours d’eau, etc.…).

 

Etre sur la défensive et l’offensive, revendiquer et discuter, telle est la stratégie de la FDSEA qui est aussi celle de tous les agriculteurs qui croient à l’action collective.

A SAVOIR

Pour des MAEC accessibles

La FDSEA a demandé au DRAAF de veiller à une application coordonnée avec la région lorraine  et une lecture «IFT» réaliste

 

Monsieur le Directeur,

Lors de la visite de Monsieur le Préfet de Région en Haute-Marne, nous vous avons, entre autres, alerté sur les modalités d’accès aux différentes MAEC et plus particulièrement sur les deux points suivants :

-Le plafond d’UGB pour la MAEC « Zone intermédiaire » qui exclut de nombreuses exploitations de polyculture-élevage ayant moins de 30 % (ou 40 % selon l’option régionale retenue) d’herbages. Le chiffre de 50 UGB est en effet faible eu égard à la dimension de nos structures. Nous préconisons que les agriculteurs puissent alors accéder plus largement à la MAEC « Polyculture Elevage », à l’instar de ce qui semble être retenu dans la région Lorraine.

-Les données régionales des IFT qui ne sont pas représentatives des pratiques culturales des exploitants haut-marnais, comme vous avez pu le noter sur l’exploitation que nous avons visitée à Marbeville.

Le Ministre est conscient de cette seconde difficulté et souhaite avoir des remontées chiffrées.

Nous souhaitons être associés à ce travail qui pourrait être utilement étayé par les données des réseaux Chambre (Mes Parcelles) et des Organismes Stockeurs (Ma ferme -Atland).

Nous vous remercions par avance de l’intérêt que vous porterez à ce dossier.

Le Président de la FDSEA

Thierry LAHAYE


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