L'Avenir Agricole et Rural 01 mars 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SYNDICALISME : OÙ EST LE BON SENS ?

Afin d’alerter encore une fois les Pouvoirs Publics des impacts sur le secteur agricole des traités de libres échanges en cours de finalisation, Sébastien RIOTTOT et Anthony BARBIER, respectivement Président de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ont demandé à être reçu par Madame le Préfet le 20 février.

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Sébastien RIOTTOT et Anthony BARBIER ont mis en évidence les multiples contradictions du gouvernement avec notamment la suppression des aides au maintien BIO avec en parallèle l’interdiction française du glyphosate en trois ans contre cinq en Europe, tout en ouvrant les frontières aux produits de pays utilisant encore des substances comme l’Atrazine, interdite en France depuis bientôt 20 ans.
Sébastien RIOTTOT et Anthony BARBIER ont mis en évidence les multiples contradictions du gouvernement avec notamment la suppression des aides au maintien BIO avec en parallèle l’interdiction française du glyphosate en trois ans contre cinq en Europe, tout en ouvrant les frontières aux produits de pays utilisant encore des substances comme l’Atrazine, interdite en France depuis bientôt 20 ans. - © AVENIR AGRICOLE

Extrait de la «note de synthèse» transmise tous les 15 jours par la Préfecture, à destination du Ministre de l’intérieur.

"Dans le cadre des manifestations nationales, j’ai reçu ce mardi 20 février à 18 heures une délégation syndicale agricole composée du Président de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles Sébastien Riottot (Earl : céréales et aviculture) accompagné du directeur de la FDSEA 52, et du président de Jeunes Agriculteurs Anthony Barbier (Gaec : polyculture élevage lait).

L’entretien s’est déroulé dans une ambiance sereine et de bonnes conditions d’écoute.

Les responsables syndicaux se sont fait le relais des revendications nationales pendant environ une heure sur les craintes liées à l’ouverture des frontières dans les négociations Ceta et Mercosur.

Leur principale revendication porte sur l’assurance de l’équité des conditions de concurrence avec les producteurs du Mercosur et du Ceta, notamment sur les volets sanitaires, environnementaux et de bien être animal. En substance ils estiment qu’on ne peut pas d’un côté imposer à l’agriculture française d’être la plus vertueuse et de l’autre côté faire rentrer des produits qui répondent à des normes bien inférieures sans étiquetage clair pour les consommateurs.

L’exemple du glyphosate parmi d’autres soulevés lors de la discussion est le plus mal compris dans la mesure notamment où la Haute-Marne est pionnière en matière d’agriculture de conservation et de techniques culturales simplifiées avec par exemple 8 GIEE agrés ou en voie de l’être et près de 20 000 ha concernés. Ce sentiment est d’autant plus fort dans ce département, essentiellement de polyculture élevage extensif où ils ont déjà l’impression de travailler de façon correcte.

À ce titre, ils demandent que plus de moyens soient attribués à la recherche pour ne pas laisser les agriculteurs, notamment ceux engagés dans des démarches d’agriculture de conservation, sans solution économiquement viable au terme de l’autorisation d’emploi de produits phytosanitaires.

Au sortir de deux années de crise des prix agricoles (lait notamment pour le département qui produit 2,8Millions d’Hl/an) qui ont touché durement les systèmes de polyculture élevage du département, et alors même que les trésoreries de nombre d’exploitations sont encore convalescentes, le président de la FDSEA insiste sur le besoin de perspectives stables et de visibilité pour continuer à entreprendre et investir dans le secteur, et au final retrouver durablement le moral.

En effet s’ils reconnaissent tout l’intérêt de la démarche des États Généraux de l’Alimentation, et en attendent des traductions concrètes au travers du projet de loi et des ordonnances à venir, ils redoutent que ces effets soient annihilés par une issue à leur sens défavorable des négociations commerciales internationales. Cette audience doit être la seule action pour l’instant au niveau départemental destinée à relayer le mot d’ordre national de la FNSEA.

Enfin, les participants ont insisté sur l’accumulation des difficultés économiques et climatiques de ces dernières années, aggravées par certains retards de paiement liés aux difficultés d’instruction des aides PAC (particulièrement pour les MAEC dans le département qui concernent une exploitation sur deux), qui outre des exploitations en difficulté a généré un sentiment de déclassement chez beaucoup d’agriculteurs. Ce sentiment est renforcé par des mises en cause récurrentes dans les médias (le dernier épisode en date concernant l’implication de l’agriculture intensive dans les inondations de janvier 2018).

 

Pour toutes ces raisons le climat reste donc encore morose dans le monde agricole et rural départemental. Les syndicats FDSEA et JA se disent toujours mobilisés pour des actions de terrain qui pourraient intervenir si les conclusions des négociations commerciales étaient jugées nettement défavorables à l’agriculture.

 

Cependant, pour l’heure, cette audience est la seule manifestation agricole organisée au niveau de la Haute-Marne."

 

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