L'Avenir Agricole et Rural 07 juin 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SYNDICALISME : LE RÉSEAU FNSEA SE MOBILISE POUR L'AVENIR

Avec le CETA, la France et l’Europe importeront des marchandises produites avec 46 molécules interdites aujourd’hui sur le sol européen ! Ces accords menacent entre 20 000 et 30 000 éleveurs français. A ce non-sens écologique et économique, s’ajoute l’autorisation d’exploiter rendue par le Ministère de l’Ecologie permettant à Total d’importer 300 000 T d’huile de palme.

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Le contraste entre les feed lots américains qui regroupent entre 30 000 et 50 000 bovins et le système français principalement familial est criant.
Le contraste entre les feed lots américains qui regroupent entre 30 000 et 50 000 bovins et le système français principalement familial est criant. - © FNSEA

bien qu’une majorité des français (71 %) soit fermement opposée à l’utilisation d’huile de palme dans les carburants, Total va prochainement importer 300 000 T d’huile palme pour produire du biocarburant.

 

Un contexte lourd

La FNSEA dénonce le mépris des corps intermédiaire par le gouvernement. De surcroît, le président de la république ne tient pas ses promesses de candidat.

La FNSEA précise que les exemples sont pléthores, plus particulièrement du côté des nouvelles charges subies par les agriculteurs qui ne perçoivent pas le juste prix de leurs efforts, malgré une adaptation importante pour répondre aux demandes sociétales et à la montée en gamme. Elle précise que l’agriculture française est sans cesse la variable d’ajustement d’accords commerciaux internationaux débridés, créant une concurrence totalement déloyale. Il s’agit par exemple des importations d’huile de palme à la raffinerie Total de La Mède qui illustre une nouvelle fois l’incohérence entre les discours et les actes du gouvernement.

 

Une myriade de distorsions

Aujourd’hui, des distorsions de concurrence existent sur certains produits. Il est désormais impossible, pour les agriculteurs français, de produire au même prix que leurs homologues de l’UE ou hors UE.

Ces distorsions de concurrence sont notamment causées par :

•Des coûts de main-d’œuvre supérieurs en France.

•Une fiscalité des entreprises agricoles défavorable par rapport à leurs concurrents étrangers.

•Des obligations environnementales qui impliquent des charges supplémentaires aux exploitations.

•Certains produits de traitement des végétaux et des animaux, peu coûteux pour les producteurs, ne sont pas autorisés en France. Pourtant ils sont autorisés dans les pays limitrophes de la France. Ces derniers alimentent le marché français avec ces produits moins chers.

•Des modes de production et d’abattage différents. Au Canada, aux Etats Unis et dans les pays du Mercosur, les élevages intensifs hors-sol dits en « feed-lots » sont courants alors que le système de production français est davantage basé sur des systèmes d’élevages familiaux, généralement herbagers, strictement réglementés sur le plan sanitaire et en matière de traçabilité des animaux.

 

Des revendications qui tombent sous le bon sens

La FNSEA exige que la France protège ses paysans et ses modes de production par la loi, pour mettre fin aux distorsions de concurrence induites par des accords commerciaux bilatéraux. Elle demande ainsi une interdiction d’importer tout produit ne correspondant pas aux standards de production français. Pourquoi importer des produits que nous ne voulons pas produire ?

De plus, elle souhaite qu’aucune loi ni évolution réglementaire ne génère de charges nouvelles, et qu’aucune norme ne soit créée sans une étude d’impact complète.

A cela s’ajoute une demande d’allégement du coût du travail pour permettre aux employeurs agricoles d’être compétitifs par rapport à leurs concurrents européens.

Pour finir, les plans de filières doivent déboucher sur la mobilisation de moyens d’investissement pour les transitions en exploitations agricoles et répondre aux objectifs initiaux des EGA d’amélioration du revenu des agriculteurs.

 


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