L'Avenir Agricole et Rural 16 février 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SYNDICAL LA FDSEA SUR TOUS LES FRONTS

Lors de sa 71ème assemblée générale le 10 février à Nogent, la FDSEA a fait le bilan des différentes productions Haut-Marnaises. Des spécialistes sont intervenus sur les façons de s’assurer contre la volatilité des marges, avec la participation du secrétaire du Fonds national agricole de Mutualisation du risque Sanitaire et Environnemental (FMSE).

Abonnez-vous Réagir Imprimer
«Cette année est particulière car l’assemblée générale vient clôturer un des exercices comptables le plus difficile depuis des décennies» déclare le Président, Sébastien Riottot.
«Cette année est particulière car l’assemblée générale vient clôturer un des exercices comptables le plus difficile depuis des décennies» déclare le Président, Sébastien Riottot. - © T MORILLON

Plus de 200 personnes se sont déplacées pour la 71ème assemblée générale du syndicat. Les adhésions baissent de 3 % à cause des difficultés financières des exploitations, mais 25 nouvelles fermes ont rejoint la FDSEA en 2016. Il y a actuellement 743 adhérents et sa situation financière reste solide ce qui lui permet de renforcer ses services.

La triple peine

Le Président de la FDSEA Sébastien RIOTTOT est revenu sur cette année difficile où toutes les filières, à de rares exceptions, sont déficitaires. La faute à une météo capricieuse qui a engendré une baisse des rendements de l’ordre de 30 % par rapport à la moyenne et, une qualité médiocre impactant fortement les prix de vente. «Peu de rendement, peu de qualité, peu de prix : c’est la triple peine et un revenu négatif. La production laitière n’est pas épargnée, en vendant en dessous de nos coûts de production, nous devons taper dans nos économies pour continuer à travailler et fournir un produit de qualité. Avec un tel différentiel de prix entre les charges et le produit final, on a mis, en quelques mois, des centaines d’exploitations dans d’énormes difficultés, voire dans une extrême précarité».

 

Sébastien RIOTTOT ajoute que la filière viande est l’objet d’ «un lynchage médiatique permanent. Le sujet le plus abordé après l’économie dans nos assemblées cantonales». Le Président fait allusion aux associations anti-viande qui sont scandalisées que l’on doive abattre un animal pour le manger ! Une association s’est d’ailleurs indignée quand un éleveur lorrain a réalisé une crèche de Noël devant sa maison avec un veau dans une niche, il fut accusé de maltraitance.

Dernièrement, même un agriculteur biologique a été attaqué dans une émission où l’on explique qu’il y a trop de pesticides. «Où est le bon sens ici ? Nos représentants politiques ne doivent pas céder aux sirènes de l’environnementalisme aveugle et se soucier un peu plus d’économie. Les deux sont liés, mais la sur-administration française et le surplus de normes par rapport aux autres pays européens deviennent intenables».

 

Changer la construction des prix

Le Président a évoqué les différents acquis syndicaux : alignement des charges sociales sur l’Allemagne (-10 % des cotisations MSA), charges fiscales (TFPNB, TIPP), prise en charge de 540 dossiers au titre des calamités sécheresse… Ce sont plusieurs millions d’euros qui reviennent sur notre département. Pour les prochains combats du syndicat, Sébastien RIOTTOT est clair : «nous avons besoin de revoir les relations commerciales pour inverser la logique de construction des prix car l’agriculteur devient une variable d’ajustement. La valeur ajoutée s’évapore pour le producteur alors qu’une meilleure répartition de cette valeur est indispensable».

Lait

Bruno DIDIER, Secrétaire Général de la FDSEA a souligné le climat de défiance et d’incompréhension dans la filière lait : «la contractualisation qui devait être une solution est devenue un piège, la FNPL travaille à un modèle de «création de valeur» pour le producteur. Les cours du beurre et de la poudre remontent et nous allons vérifier que le retour soit total. N’oublions pas que l’essentiel de la valorisation vient des fromages et produits frais qui ne doivent pas être bradés comme nous pouvons le déplorer actuellement». Des avancées ont toutefois été faites sur le plan législatif avec la loi Sapin II qui prévoit la prise en compte des coûts de production dans tous les contrats agricoles de la chaîne alimentaire. Elle oblige la laiterie à signer un accord-cadre avec l’OP avant la signature des contrats individuels et met en place une conférence de filière.

Retrouvez la suite de notre article dans notre édition papier de cette semaine

pages  04 - 05

Bonne lecture.

- © T MORILLON AVENIR AGRICOLE

Dernière assemblée générale

de Jean-Louis BLONDEL

 

Après 35 ans de direction à la FDSEA, Jean-Louis BLONDEL va prendre sa retraite fin mars. Pour sa dernière assemblée générale, toute son équipe l’a remercié pour son engagement syndical. Il sera remplacé par Frédéric VAN WESTEINDE, actuellement conseiller à la FDSEA.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2471 | novembre 2017

Dernier numéro
N° 2471 | novembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui