L'Avenir Agricole et Rural 08 août 2019 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SYNDICAL : LA FDPL 52 MOBILISÉE SUR TOUT LE DÉPARTEMENT

Le 7 août, la FDPL s’est déplacée dans les principales enseignes de supermarché de Haute-Marne. L’objectif était de relever les prix de certains produits laitiers pour faire un constat de l’application de la loi Egalim.

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- © CAROLINE JEANDON

Répondant à un mot d’ordre national, la Fédération Départementale des Producteurs de lait de Haute-Marne s’est mobilisée avec les éleveurs pour débuter un état des lieux sur l’application de la loi Egalim.

La mise en œuvre de la loi alimentation a été accompagnée d’accords médiatisés entre distributeurs et transformateurs. Il s’agit d’accords de revalorisation tarifaire au titre de la prise en compte du prix de revient en élevage laitier.

Pourtant, quelques mois après la fin des négociations commerciales, la prise en compte du prix de revient dans la fixation du prix du lait est à la peine, ou reste du moins très insuffisante. Impression de déjà-vu, transformateurs et distributeurs se renvoient la responsabilité. Certaines entreprises vont même jusqu’à affirmer qu’il s’agit d’un jeu de dupe entre hausse sur les marques et baisse sur les Marques de distributeur (MDD).

- © T MORILLON

Loi Egalim : des conséquences concrètes ?

Pour la FNPL, la loi Egalim doit devenir une réalité au travers d’une retranscription sur les prix en GMS. Le syndicat déplore un énorme manque de transparence sur les évolutions tarifaires. C’est pourquoi il organise sur l’ensemble du territoire français une campagne de relevé de prix en magasin. La FNPL veut savoir à qui bénéficient les augmentations engendrées par cette loi.

Comme l’explique le président de la FDPL 52 Florent Cressot : « suite aux États généraux de l’alimentation, cela fait 6 mois que l’on n’a pas vu la couleur de l’augmentation, alors que l’objectif était un retour de la valeur aux éleveurs. Nous venons donc directement dans les supermarchés pour constater s’il y a eu une augmentation et mesurer son évolution ».

 

L’objectif, à terme, est de collecter les prix sur tout le territoire national et de les comparer aux prix références antérieurs à la fameuse loi. « Logiquement avec la loi sur le seuil de revente à perte, 10 % devraient nous revenir » poursuit Florent Cressot. La FDPL relève également l’origine des produits. Elle cible des produits que l’on peut retrouver sur tout le territoire national : le lait UHT, les yaourts natures et l’emmental.

Le 7 août, une vingtaine de producteurs de lait s’est rendue dans deux magasins à Saint-Dizier (Cora et Intermarché), à Chaumont (Casino et Aldi) et à Saints-Geosmes (Lidl et Leclerc). D’après Florent Cressot, « On n’a pas l’impression qu’il y ait eu une grosse augmentation quand on voit une bouteille de lait à 65 centimes. Elle semble être plus visible sur les grandes marques, mais elle paraît légère sur les MDD et les marques premiers prix ».

 

- © T MORILLON

Les limites de la loi

La délégation a rencontré des directeurs d’établissements à l’écoute, comprenant les préoccupations des éleveurs. Jean-François Delamarre, directeur de Leclerc St Geosmes, expliquait que la loi a une bonne base puisqu’elle oblige la prise en compte du prix de revient dans le prix acheté par le consommateur, mais cela ne concerne que 30 à 50 % du mix produits des supermarchés. Beaucoup de produits ne sont pas français et ne sont donc pas concernés par l’augmentation des prix imposée par la législation. Le directeur expliquait également que les clients ont tendance à faire leurs achats en fonction du prix le plus bas et que les bouteilles de lait « responsables » (avec une meilleure rémunération au producteur) sont trop chères et donc moins achetées. En ajoutant à cela une baisse de la consommation de lait, le directeur n’a d’autre choix que de diminuer ses volumes de bouteilles de lait.

 

Les éleveurs considèrent que « la loi Egalim a fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose au final » et veulent à présent du concret. La FNPL communiquera à la fin du mois, une fois qu’elle aura collecté tous les résultats du territoire français.

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