L'Avenir Agricole et Rural 09 octobre 2008 à 10h02 | Par F.Thevenin

Syndical - Chasse, il faut chasser les dégâts

Après une année de relative accalmie les dégâts de sangliers explosent à nouveau. Les chasseurs doivent réaliser leur plan et ils auront, de gré ou de force, des attributions complémentaires en décembre.

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Sangliers

Jamais une ouverture n’aura été aussi attendue par les agriculteurs qui subissent les dégâts et par la Fédération des Chasseurs qui les paie. La pression a commencé au cours de l’hiver dernier avec des dégâts importants sur les pâtures (327 déclarations pour 147 945 ? de dégâts contre 136 déclarations pour 53 990 ? l’année précédente). Elle continue sur les maïs avec 454 déclarations contre 273 en 2007. Les dommages par dossier sont aussi plus importants, si bien qu’il n’est pas impossible que l’on s’approche du million d’euros de dégâts.
Et ce n’est pas fini, les premières déclarations de dégâts sur semis de colza arrivent.

Le plan chasse est il un bon outil ?

C’est une question que nous avons souvent posée et que se posent maintenant de nombreuses autres FDSEA qui y sont confrontées.
Le plan est toujours en décalage avec la réalité soit parce que le diagnostic est inexact, soit parce que l’anticipation est mauvaise.
Sur le diagnostic 2008, nous sommes partis avec une totale méconnaissance des populations de sangliers qui ne sont plus comptées depuis plusieurs années. La Fédération Départementale des Chasseurs se fie aux « impressions » des chasseurs et aux dégâts de l’année écoulée. Or en 2007, les chasseurs affirmaient n’avoir pas pu réaliser leur plan et les dégâts étaient faibles en raison d’une bonne fructification forestière.
Sur l’anticipation, l’Administration et la Fédération des Chasseurs auraient pu imaginer que les maïs allaient être récoltés « normalement » début octobre et qu’une ouverture au 12 octobre constituait une prise de risque maximale. Les « spécialistes » de la gestion cynégétique auraient aussi pu anticiper la prolificité des « cochons » généreusement nourris par une glandée abondante et protégés par des tirs sélectifs et/ou des zones de quiétude dans la plupart des grandes chasses.
Conceptuellement, le plan de chasse se défend mais il entretient une certaine technocratie qui ne cherche qu’à développer ses tentacules réglementaires.
Nous l’avons encore vu dernièrement avec les règles de surfaces (15 ha de bois et 75 ha de terres) et de lot (prise en compte uniquement de parcelles attenantes) qui, sous un prétexte de sécurité, a évincé un grand nombre de petits chasseurs individuels et laissé des parcelles vacantes.

Prélever dès le 12 octobre

Ce plan a une dernière chance si les acteurs savent être réactifs. Pour cela il faut que les chasseurs s’imposent des prélèvements dès le dimanche 12 octobre. La Fédération des Chasseurs sait que la situation est grave. Elle a demandé à 17 adjudicataires de supprimer toutes consignes de tirs restrictifs (cf lettre du président de la FDC).
Des comptes seront faits dès le début du mois de novembre et les attributions de décembre seront certainement massives. Mais la FDSEA n’attendra pas la fin de l’année pour demander des mesures exceptionnelles.
La prévention doit aussi être renforcée. « Les chasseurs doivent s’investir dans la prévention. C’est à ce prix que le maintien de densité intéressante de sangliers est possible » précise le Schéma Cynégétique Départemental adopté en 2007.
Plus que jamais la balle est dans le camp des chasseurs. Soit ils deviennent responsables dans la pratique de leur loisir, soit il persistent dans leur incurie et leur insolente surdité aux appels à la raison de leur Fédération et ils devront être sanctionnés financièrement pour la prise en charge des dégâts locaux et réglementairement par la mise en oeuvre de « vraies » battues administratives avec des obligations de résultats.


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