L'Avenir Agricole et Rural 09 mai 2014 à 09h42 | Par JLB

SYNDICAL - Agricultrices, à part entière

La Commission des Agricultrices de la FDSEA 52 dénonce à nouveau le manque de reconnaissance des conjoints(es)sur les exploitations ainsi que la communication négative qui est trop souvent véhiculée par les acteurs extérieurs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La commission des agricultrices a décidé de relancer en 2015, l’opération «fermes ouvertes» à destination des élèves de CM1-CM2.
La commission des agricultrices a décidé de relancer en 2015, l’opération «fermes ouvertes» à destination des élèves de CM1-CM2. - © JLB

Transparence des GAEC entre époux

Jacqueline COTTIER, exploitante dans le Maine et Loire et Présidente de la Commission des Agricultrices de la FNSEA est venue échanger avec les représentantes haut-marnaises sur les sujets d’actualité au premier rang desquels s’est invitée la réforme de la PAC, avec la résurgence de la problématique des plafonds ou de la dégressivité des soutiens.

Le Ministre de l’Agriculture a promis que les conjoints(es) en EARL «subie» pourraient opter pour le statut de GAEC entre époux, comme le permet la loi depuis fin 2010, avec la transparence PAC dès lors que les associés participent aux travaux. Interrogé par la FNSEA le Commissaire CIOLOS s’est montré plutôt circonspect sur cette évolution qui pourrait constituer un contournement des règles européennes. Le département de la Haute-Marne sait mieux que tout autre ce que signifie cette restriction depuis la tentative de constitution de sociétés « vaches allaitantes » qui avait été initiée par la FDSEA 52 en 1992. En effet en décembre de cette même année, le règlement SIGC (Système Intégré de Gestion et de Contrôle) a interdit les montages juridiques  ayant pour objectif d’optimiser les soutiens européens. Il s’agissait, à cette époque, de permettre aux agriculteurs ayant une référence supérieure à 120 000 kg de lait de bénéficier des PMTVA. C’est pour cette raison que le syndicalisme est aujourd’hui extrêmement prudent et qu’il demande des garanties juridiques indiscutables. La reconnaissance d’un conjoint peut représenter un enjeu de 14000 Ä/an sur une exploitation située en zone défavorisée lorsque l’on additionne l’effet du paiement redistributif (environ 5000 Euros), celui de l’ICHN-PHAE (5300 Euros) ou encore vaches allaitantes au-delà de 40 (4000 Euros). Ce manque à gagner sur les exploitations risque d’affecter en priorité la population féminine qui peut être incitée à aller rechercher du travail à l’extérieur de l’exploitation. Les exploitations d’élevage sont les plus concernées par cette politique malthusienne qui est aux antipodes des intentions affichées par le Ministre de l’Agriculture. Les Députés haut-marnais ont été sensibilisés et solliciteront des réponses concrètes du Ministre à ce sujet.

Ouvrir les fermes vers le public

Les agricultrices ressentent avec injustice la communication négative qui est trop souvent faite sur le métier. Cela commence au niveau de l’école primaire avec des messages maladroits, voire mal intentionnés, formulés par des enseignants qui se découvrent des compétences en matière de développement durable. La FDSEA est ainsi intervenue auprès de l’Inspecteur d’Académie, pour dénoncer ce dysfonctionnement pédagogique auprès d’un jeune public hyper réceptif. La Commission des Agricultrices propose ainsi de relancer la démarche «fermes ouvertes» qui était interrompue depuis 2011.

Une autre communication grand public sera aussi étudiée en partenariat avec les autres OPA (Chambre, JA, coopération…). Cette initiative conforte le projet de la FDSEA 52 qui entend créer une Commission Communication externe et interne.

Jacqueline COTTIER a rapporté quelques témoignages de communication réalisée dans d’autres départements et a proposé de mettre à la disposition de la Commission des Agricultrices de Haute-Marne quelques éléments de support.

Revoir l’accueil des stagiaires et apprentis

Les exploitations agricoles sont souvent sollicitées pour accueillir des stagiaires, ou des apprentis, en formation alternée. Les agricultrices sont en première ligne dans la gestion de relations humaines avec ce public qui manque parfois de motivation. La Commission des Agricultrices a conscience de la nécessité de favoriser ce type d’accueil mais elle souhaiterait qu’une charte soit mise en place pour bien établir les règles entre le Chef d’exploitation, le stagiaire ou l’apprenti et l’établissement d’enseignement. La cohabitation familiale est aussi un point sensible qu’il faut pouvoir anticiper et adapter au fil du contrat pour éviter une dégradation relationnelle. Si rien n’est fait, les maîtres de stage continueront de se décourager.

Congés maternité et remplacement

Une étude nationale a démontré que seulement une conjointe exploitante sur deux demandait à être remplacée pendant ses congés maternité. Ce constat mérite des explications et la Commission des Agricultrices, en collaboration avec la MSA, cherchera à améliorer l’information pour que les futures mamans puissent bénéficier du meilleur accompagnement possible en matière de main d’œuvre, notamment par une meilleure anticipation.

Quelques chiffres

Nombre chefs d’exploitation : 268

Femmes chefs d’exploitation à titre exclusif et principal : 451

Conjoints collaborateurs : 226

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2473 | décembre 2017

Dernier numéro
N° 2473 | décembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui