L'Avenir Agricole et Rural 16 juin 2016 à 08h00 | Par T.Morillon

Stocker pour plus d’opportunités

L’Offre et Demande Agricole (ODA) organisait une journée d’information à Colombey-les-Deux-Eglises le 2 juin. L’entreprise a fait intervenir ses experts pour échanger avec les agriculteurs sur la campagne en cours, ils ont fait part de leur analyse des marchés financiers et ont donné des conseils d’assolement.

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Renaud de Kerpoisson (au centre) est un agriculteur reconnu pour son expertise des marchés, il fonde l’ODA en 1997.
Renaud de Kerpoisson (au centre) est un agriculteur reconnu pour son expertise des marchés, il fonde l’ODA en 1997. - © T.M.

Croissance en berne

La société ODA a été créée en 1997, complètement indépendante, elle est spécialisée dans l’étude des marchés et accompagne les professionnels agricoles dans la gestion du risque des prix des matières premières agricoles. Elle donne des clés pour comprendre et se protéger de la volatilité croissante des prix. Elle a organisé 8 réunions d’information en France cette année, dont une en Haute-Marne, un rendez-vous que les agriculteurs n’ont pas manqué.

Louis Verhaeghe, directeur ODA Agri, a commencé par expliquer le contexte des marchés financiers : «les banques centrales ne produisent plus de croissance depuis 2012 ce qui apporte de l’instabilité sur les matières premières. Même les Etats-Unis ne dépassent pas les 3 % de croissance depuis 8 ans et les taux négatifs entraînent une perte d’argent». Les américains ont changé leurs pratiques, ils se surendettent au lieu de consommer, ralentissant la croissance du pays. Les créations d’emplois sont limités à certains secteurs comme la restauration ou la finance. Le pouvoir d’achat gagné grâce à la baisse du prix du pétrole est investi majoritairement dans l’épargne et dans des dépenses inhabituelles comme la santé.

Le Vénézuela qui a les plus grandes réserves de pétrole de la planète connaît une instabilité politique, engendrant un risque pour la production. Mais actuellement l’or noir est abondant, il est même en surproduction au niveau mondial et les pétroles de schiste américains limitent une reprise supérieure à 60 $ le baril. «Nous ne sommes pas loin d’une phase de ralentissement économique» explique Louis Veraeghe, «il ne devrait pas y avoir de forte hausse du prix du pétrole, mais il faut rester prudent, si le Royaume-Uni sort de l’UE, il y aura certainement de grosses conséquences que personne ne peut évaluer».

Hausse de la consommation de maïs et de blé

La Chine produit la moitié du cheptel porcin mondial, mais elle fait face à plusieurs problèmes sanitaires et il est difficile pour elle d’augmenter sa production. Elle est obligée d’importer en se tournant vers l’Europe car la viande est de qualité, ce qui va tirer les prix vers le haut. On estime que dans 4 ans, la Chine représentera la moitié de la demande mondiale.

Depuis le début de l’année, la consommation de soja est à la baisse alors que sa production a gagné +8 Mt. La consommation mondiale de maïs est à la hausse : +400 Mt/an en 15 ans et le soutien de la PAC favorise l’augmentation des prix. Beaucoup de pays cherchent à avoir de la protéine, d’où la hausse des achats de tourteaux.

«Le blé français est le moins cher du monde à cause de ses problèmes de qualité» déclare Didier Nedelec, directeur général ODA «en mai la France a eu un record d’exportation en blé vers les pays tiers». La consommation de blé est toujours en augmentation : +120 Mt en 15 ans. De 2015 à 2016, la production mondiale de maïs gagne +28 Mt alors qu’elle s’est réduite en blé (cette céréale est moins utilisée en alimentation animale et la précédente récolte fut exceptionnelle). Finalement, la consommation de céréales est soutenue, mais la production reste incertaine.

Assolement 2017

Renaud de Kerpoisson, président ODA, a donné ses conseils pour la prochaine campagne : «Le bilan n’est plus lourd pour le blé français, il faut maintenir une surface importante de blé tendre. Il faut aussi davantage de blé dur, la prime permet de garder une marge de sécurité. Pour le maïs, le phénomène La Nina devrait pénaliser les récoltes aux USA, il faut augmenter les surfaces car il y aura de la demande». En féverole, il y a moins de débouché car la France a perdu son marché lituanien. Les achats de tourteaux étant en augmentation, le soja peut aussi être une bonne option.

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