L'Avenir Agricole et Rural 03 novembre 2006 à 00h00 | Par Jean-Louis BLONDEL

SRAE du Grand Est - Défendons notre pouvoir d’achat

Les anciens exploitants sont motivés et orgnisés, ils l’ont encore démontré lors de leur dernière réunion régionale du 25 octobre à Chaumont. La réduction des inégalités et la défense de leur pouvoir d’achat dans un esprit de solidarité entre générations sont leurs principes fondamentaux. C’est aussi tout un programme.

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Les «laissés pour compte» pris en compte

Dans son propos introductif, Charles Festuot (08) s’est félicité de la prise en compte d’un certain nombre “d’oubliés du bénéfice des acquis sociaux» récemment obtenus.
Il déplore toutefois l’insuffisance des moyens financiers annoncés (20 millions en 2006 + 162 millions en 2007) alors que les besoins avaient été chiffrés à 300 millions en 2004. Dans le contexte budgétaire du moment, c’est un effort conséquent surtout si l’on prend en compte la situation déplorable du FIPSA mais il ne s’agit évidemment que d’un pas supplémentaire dans la longue marche vers la parité.
“L’approche de périodes électorales permet de trouver des solutions à des problèmes a priori financièrement insolubles” constate Charles Festuot qui n’est pas moins inquiet du financement du régime agricole  accusant un déficit abyssal (plus de 7 milliards d’euros).
Le financement de ce déficit par la compensation démographique semble avoir trouvé ses limites comme le laisse entendre le rapport Chadelat.
Il faut probablement repenser tout le financement de notre protection sociale estime Charles Festuot qui considère que la TVA sociale défendue par la FNSEA est une piste intéressante.
Le président régional s’est aussi dit inquiet de la dégradation du pouvoir d’achat des retraités agricoles qui subissent à la fois des augmentations de charges importantes, notamment au niveau des assurances complémentaires santé, et une diminution de leurs revenus fonciers avec la baisse des indices fermages dans de nombreux départements.
Il s’est enfin déclaré préoccupé par la nouvelle crise sanitaire qui touche le Grand Est avec la Fièvre Catarrhale Ovine et par les DPU qui vont sans doute générer de nombreux conflits.
Charles Festuot a enfin réaffirmé sa foi dans l’esprit mutualiste agricole qui doit permettre de relever les défis de demain en particulier ceux des nouveaux débouchés et de la solidarité entre générations.

Des sections en action dans tous les départements


Lors du tour d’horizon de l’activité départementale de chaque section, le rôle de l’animation a été mis en exergue. L’appui administratif des FDSEA est indispensable pour assurer une bonne vitalité syndicale qui se concrétise par une vie statutaire bien assumée avec des assemblées générales rassemblant entre 250 et 400 personnes selon les départements.
Le professeur Parmentier est fréquemment intervenu l’an dernier pour traiter des problèmes économiques mondiaux et du potentiel des nouveaux marchés des biocarburants.
Des réunions d’information sur des thèmes d’actualité ont été organisées par plusieurs sections. Le taux d’adhésion est variable d’un département à l’autre mais l’ensemble   des responsables s’accorde à dire qu’il y a un potentiel d’adhésion important.
Jacques Minot Président de la section de Haute Marne a ainsi précisé qu’au cours d’une récente relance, il avait recueilli 120 adhérents (ménages) nouveaux s’ajoutant aux 380 antérieurs.
Les cotisations varient de 20 à 30 euros selon les départs.
Ce tour de table a aussi permis d’évoquer des sujets de travail communs qui seront étudiés dans les prochains mois (signature d’une charte avec la MSA, étude comparative des mutuelles complémentaires santé, échange des outils de communication, etc...).

Un réseau actif


Le coût de la santé atteint des niveaux insupportables pour les retraités agricoles. La section régionale a décidé de constituer un groupe de travail qui se réunira courant novembre à Chalons sur Marne. Il a pour mission de faire le bilan sur le niveau et le coût de couvertures actuelles. Tout sera analysé, y compris le fonctionnement de la Complémentaire Maladie Universelle, le crédit d’impôt pour les petits revenus (accès CMU + 15 %). La section se rapprochera aussi de l’AROPA (Association des Retraites des Organisations Professionnelles Agricoles) qui a engagé une étude sur ce dossier.
Certains présidents déplorent la discrimination qui est faite entre les actifs et les retraités dans la gestion de ce dossier par certains de nos organismes agricoles mutualistes.
Les sections échangeront par ailleurs sur leur partenariat avec les caisses de MSA dans le but d’optimiser les prestations aux retraités.
Il apparaît en effet que les droits à réversion des polypensionnés ne seraient pas systématiquement recalculés. La revalorisation récente pour les bénéficiaires de l’AVMF (Allocation Vieillesse aux Mères de Famille) mérite, à ce titre, d’être vérifiée dans son application au niveau de chaque caisse de MSA.

Revalorisation de 1,8 % des prestations


Claude Florentin (54) et Marie Thérèse Lamy (57), administrateurs de la SNAE, ont résumé les débats du conseil décentralisé des 26 et 27 septembre dernier en Indre et Loire.
Ils précisent que les retraites seront réévaluées de 1,8 % avec l’espèrent-ils un effet rétroactif au 1er janvier 2006.
Les mesures annoncées récemment par le Premier Ministre méritent d’être étudiées. Comme d’habitude les dispositifs seront probablement très complexes et risquent de laisser quelques bénéficiaires au bord de la route.
Pour schématiser, le Gouvernement a prévu de revaloriser les carrières incomplètes des chefs d’exploitation et de minorer les retenues en cas de départ en retraite. Le coefficient de minoration sera linéaire et égal à 4 %.
Marie Thérèse Lamy a fait le point sur le dossier veufs(ves). Une actualisation du guide est en cours et de nombreuses revendications sont encore insatisfaites notamment sur la réversion de la retraite complémentaire obligatoire, le plafond de ressource et l’application du droit combiné.
Le travail des autres commissions nationales a aussi été rapidement évoqué comme les relations avec les jeunes agriculteurs dans le cadre de la réflexion transmission –installation. La SNAE souhaiterait, à ce titre, mettre en place un dispositif de reprise progressive d’exploitation.
La santé et la dépendance est un autre thème de réflexion important. Des relations avec les ADMR et la MSA pour le maintien à domicile sont préconisées par la SNSAE.
Autant de sujets qui mériteront d’être approfondis lors des prochaines réunions régionales.

Françoise Henry, présidente de la FDSEA de Haute-Marne, a conclu cette réunion de travail en félicitant les anciens exploitants pour leur  dynamisme, et surtout leur soutien dans les différentes épreuves que doivent surmonter les actifs. “Notre sort est lié, sans vous nous n’existerions pas et on aura encore besoin de vous pour faire avancer les nombreux dossiers sociaux et économiques qui sont sur la table. Pour cela nous devons gagner avec succès les prochaines élections à la Chambre d’Agriculture qui déterminent notre représentativité et par conséquent notre poids syndical” a-t-elle déclaré. La campagne électorale enrichie donc un programme d’hiver déjà copieux. Mais les Anciens Exploitants ne s’estiment jamais en retraite syndicale !

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