L'Avenir Agricole et Rural 12 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SOMMET DE L'ELVAGE : Relations internationales et mises en garde

Ce rendez-vous international a également été l’occasion pour les syndicats français de mettre en garde le gouvernement de l’impact négatif du Mercosur sur l’élevage bovin français et européen.

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Sur plus de 80 000 visiteurs attendus au Sommet de l’Elevage, du 4 au 6 octobre, Philippe Bohelay, adjoint au maire de Clermont Ferrand, estime qu’environ 4 000 viennent de pays étrangers (84 pays représentés en 2016). Le rayonnement international du premier salon européen des professionnels de l’élevage, se confirme donc. Une importante délégation chinoise était notamment attendue et a visité un des sites de l’INRA Clermont-Ferrand, la veille de l’ouverture du salon. L’Iran, pays à l’honneur de cette 26ème édition est également venu en force avec la présence de l’adjoint du ministre iranien de l’agriculture, Mohamedreza Molasalehi et des responsables de syndicats d’agriculteurs et d’interprofessions. L’adjoint au maire a d’ailleurs souligné l’importance de l’élevage en Iran. Le pays possède, en effet, un cheptel composé de près de 50 millions d’ovins, de 25 millions de caprins et de 10 millions de bovins, pour une population iranienne de 80 millions d’habitants en croissance. Il souhaite donc augmenter ses productions liées à l’élevage, l’objectif du gouvernement est ainsi de faire passer la production de viande (hors volaille) de 850 000 tonnes à 1 million de tonnes en cinq ans et la production de lait de 9 millions de tonnes à 15 millions en 10 ans. La délégation était donc venue au sommet de l’élevage avec comme objectif de trouver des investisseurs pour développer ses productions, mais aussi pour acquérir du savoir-faire. Ahmad Meghadaz, éleveur bovin et responsable du syndicat des éleveurs bovins iranien, souhaitait établir des accords avec des entreprises et interprofessions françaises afin de moderniser la chaîne de production avec l’achat de reproducteurs et de développer des partenariats pour la construction d’abattoirs, par exemple. L’Iran est donc un marché potentiel pour l’export et les investisseurs, depuis la fin des mesures restrictives de l’Union Européenne à l’encontre du pays en 2015. Le 4 octobre au soir, des races françaises, ovines et bovines, ont d’ailleurs été présentées à l’ensemble des délégations étrangères pour qu’elles puissent les découvrir et choisir les races qui conviennent à leurs systèmes de production. Ils ont également pu les découvrir, avec l’ensemble des visiteurs, dans un des nombreux concours de race organisés durant toute la durée du salon.

 

+ 70 000 tonnes de bœuf importées avec le Mercosur

Si le Sommet de l’Elevage est, certes, un lieu d’échanges commerciaux important, et un moment privilégié pour tisser des relations avec les éleveurs internationaux, c’était aussi l’occasion pour la FNSEA, JA et la FNB de faire entendre la voix des éleveurs et de mettre en garde le gouvernement sur le Mercosur qui aurait «des conséquences gravissimes» pour l’élevage français en permettant l’importation de 70 000 tonnes de bœuf supplémentaires en provenance des pays d’Amérique du sud. Pour les syndicats, le marché européen «ne peut plus absorber un kilo de bœuf supplémentaire». Les français ne sont pas les seuls à s’opposer à cet accord, le syndicat agricole irlandais IFA a manifesté le 4 octobre devant les bureaux de la Commission européenne à Dublin pour dénoncer cet accord. Les pays du Mercosur représentent déjà les trois-quarts des importations bovines de l’Union Européenne avec 246 000 tonnes (équivalent poids-carcasse) chaque année, alors que la production européenne est en berne. L’accord commercial pourrait, selon les syndicats, créer un «déséquilibre majeur sur les marchés et d’énormes dégâts au secteur, en particulier en Irlande et en France».  Ils ont également voulu alerter sur la provocation que cet accord représentait «pour les consommateurs et leurs attentes légitimes en matière de traçabilité, de sécurité alimentaire, de santé animale et de protection de l’environnement».

 

Christiane Lambert rappelle aussi qu’un «marché unique doit entraîner des règles uniques, on ne peut pas exiger des producteurs français ce qu’on n’exige pas de produits importés». JA, la FNB et la FNSEA demandent donc «que les produits sensibles, au premier rang desquels la viande bovine, soient exclus de la négociation Mercosur». Ils appellent également l’Europe à protéger ses éleveurs et à ne pas «rester sourde à l’appel de 11 États membres qui se sont clairement opposés à cette offre».

 

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