L'Avenir Agricole et Rural 18 juillet 2013 à 09h34 | Par E. Dauphin

Solidarité - L’autre façon de donner la vie

Le thème du don d’organes a fait l’objet d’une conférence organisée par la MSA Sud Champagne avec l’intervention du Dr Carole Coulon médecin urgentiste au Centre hospitalier de Chaumont et des membres d’ADOT 52.

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L’hôpital de Chaumont est agréé par l’Agence de la Biomédecine pour prélever les cornées. En 2012, 53 cornées ont pu être prélevées par le Dr Coulon (à gauche) et son équipe sur des personnes décédées au sein de l’établissement après accord de leurs proches.
L’hôpital de Chaumont est agréé par l’Agence de la Biomédecine pour prélever les cornées. En 2012, 53 cornées ont pu être prélevées par le Dr Coulon (à gauche) et son équipe sur des personnes décédées au sein de l’établissement après accord de leurs proches. - © E.D.

Dans le cadre de la Journée Nationale de réflexion sur le don d’organes, la greffe et la reconnaissance aux donneurs, l’Echelon local de Chaumont / Vignory / Juzennecourt de la MSA Sud Champagne a organisé une conférence sur le don d’organes et la greffe, intitulée «Don de soi, Don de vie», en partenariat avec la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes et de tissus du Centre Hospitalier de Chaumont, l’Agence de Biomédecine et France ADOT 52. Cette association mène des actions d’information sur le don d’organe auprès du grand public. Deux de ses membres ont apporté leur témoignage de vie : madame Cote, qui a donné un rein à sa sœur et madame Thierry, qui a décidé de faire don des organes de sa fille.

La greffe, une prouesse médicale qui ne date pas d’hier

La technique de la greffe est de mieux en mieux maîtrisée avec des résultats en terme de qualité de vie en constante progression. Cependant, la pénurie de greffons ne permet pas de répondre aux besoins des patients. Ils sont 15 613 sur liste d’attente au niveau national pour 4708 greffes réalisées en 2010. 273 d’entre eux sont décédés en attente de greffe.

C’est dans la seconde moitié du XXe siècle que la greffe d’organes s’est peu à peu imposée comme une thérapeutique fiable, qui sauve et prolonge significativement des vies. L’idée de remplacer un élément défaillant du corps humain par un élément sain, prélevé sur une autre personne, ne date pas pourtant d’hier ; selon la légende, Saint Côme et Saint Damien, au IIIe siècle, greffèrent la jambe d’un maure décédé à un homme qu’ils venaient d’amputer (gravure ci-contre). Il faudra attendre 1961 pour la mise au point des premiers médicaments antirejet, 1963 pour assister aux premières greffes de foie et de poumon, 1966 pour la première greffe de pancréas et 1967 pour la première greffe de cœur en Afrique du Sud.

Le don d’organes après décès

Dans le cas d’une mort encéphalique, c’est-à-dire lorsque le décès est intervenu à cœur battant, le donneur est plongé dans  une forme de réanimation afin de retarder l’arrêt circulatoire inéluctable. Il est alors possible de prélever les reins, le cœur, les poumons, le pancréas et l’intestin.

Dans le cas d’une mort survenue à cœur arrêté, les prélèvements de reins sont autorisés depuis 2006  et de foie depuis 2010 par l’Agence de Biomédecine. Le chronomètre est alors lancé pour les équipes qui disposent de deux heures seulement pour effectuer le prélèvement et de 15 heures maximum de l’explantation à la greffe. En 2010, 79 greffes rénales et 3 greffes hépatiques ont pu être réalisées.

C’est à l’équipe médicale que revient la délicate mission de solliciter le consentement des proches, après consultation du registre national des refus auquel chacun peut s’inscrire et qui peut concerner tout ou partie des organes. La famille, encore sous le coup de l’annonce du décès, est souvent dans l’impossibilité de prendre une décision si le sujet n’a pas été évoqué du vivant de la personne. C’est pourquoi il est primordial de prendre position par rapport au don d’organes.

Donner de son vivant

Les prélèvements sur donneur vivant concernent essentiellement la greffe d’un rein et dans une moindre mesure la greffe d’un lobe de foie. Ce don est très encadré par la loi de Bioéthique. Il ne peut être fait qu’à un proche. Le donneur doit être majeur et avoir un lien de sang avec le receveur : père, mère, conjoint, grand-parents, frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines. Depuis 2011, il est également admis qu’une personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur peut devenir donneur. Le Tribunal de Grande Instance doit s’assurer que le consentement du donneur est libre et éclairé. En 2010, 283 greffes rénales et 19 greffes hépatiques ont ainsi été réalisées.

Rejoindre les Veilleurs de Vie

Le don de moelle osseuse est possible en s’inscrivant sur le registre France Greffe de Moelle des donneurs potentiels. Il permet de traiter les maladies graves du sang comme la leucémie. La compatibilité entre donneur et receveur étant rare, il est important que ce fichier, qui compte 200000 inscrits, encore appelé «les veilleurs de vie», s’enrichisse. Le donneur potentiel s’engage à être présent le jour où il est appelé. Le prélèvement se fait au niveau de l’os iliaque (et non au niveau de la moelle épinière comme l’affirment certaines idées reçues) et se reconstitue naturellement. Cet acte simple nécessite 48 h d’hospitalisation, il se déroule en bloc opératoire sous anesthésie générale et ne comporte aucun risque de paralysie. Le volume prélevé est calculé en fonction du poids du donneur et de celui du malade. Le prélèvement de moelle osseuse permet de recueillir à la fois des cellules souches hématopoïétiques et leur milieu environnant.

 

Pour en savoir plus :

www.dondorganes.fr ;

www.dondemoelleosseuse.fr


Les avancées médicales année après année

Les premiers pas de la greffe :

1869 : réalisation de la première greffe de peau à Genève

1905 : 1ère greffe de cornée en Autriche

1905 : mise au point de la technique de suture entre les vaisseaux sanguins par Alexis CARREL

Expérimentation de la greffe rénale d’abord de l’animal vers l’animal, puis de l’animal vers l’homme, puis de l’homme vers l’homme

1906 : premières transplantations d’organes par le Dr JABOULAY = xénogreffes d’un rein de porc puis d’un rein de chèvre -> décès des patientes mais découverte d’un des principaux obstacles à la greffe, le rejet

Vulgarisation de la greffe d’organes :

1951 : description de la méthode chirurgicale de transplantation par le Pr KUSS -> greffon placé dans l’abdomen

1952 : première greffe rénale en France avec un donneur vivant grâce à l’équipe du Pr HAMBURGER

1959 - 1961 : Premiers médicaments antirejet : la Mercaptopurine en 1959, puis l’Azathioprine en 1961

1963 : première greffe de foie

première greffe de poumon

1966 : première greffe de pancréas

1967 : : première greffe de cœur en Afrique du Sud par le Pr BARNARD

1968 : première greffe cardiaque en France par le  Pr CABROL

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