L'Avenir Agricole et Rural 27 juillet 2017 à 08h00 | Par Guillaume Perrin

Signaux d’alerte dans le Grand Est

La Chambre d’agriculture du Grand Est vient de vivre sa première année pleine d’existence. Mais le bilan annuel déroulé à Châlons-en-Champagne n’invite pas à la fête.

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a DRAAF est en liaison étroite avec le Conseil Régional, les DDT et l’ASP afin d’être «prêts à instruire les dossiers PAC et à payer lorsque les outils seront livrés».
a DRAAF est en liaison étroite avec le Conseil Régional, les DDT et l’ASP afin d’être «prêts à instruire les dossiers PAC et à payer lorsque les outils seront livrés». - © Reussir

Des productions phares en berne

Le chantier de la régionalisation se termine à la Chambre régionale d’agriculture du Grand Est (Crage). Réunie en session à Châlons-en-Champagne, la chambre consulaire vient de traverser une première année de fonctionnement. Et au vu de la conjoncture économique, dans une région qui compte près de 50 000 exploitations agricoles, c’était loin d’être une promenade de santé…

Le président de la Crage, Jean-Luc Pelletier, a d’abord mentionné une situation «particulièrement inquiétante pour les systèmes de grandes cultures, qui ont accusé en 2016 une baisse de leur revenu sans précédent. En 2016, le revenu dégagé par UTH se situerait à -17 000 euros pour ces productions». La dégradation de la situation économique s’accompagne d’une augmentation de l’endettement des exploitations : un taux qui est passé de 43 à 54 % entre 2010 et 2016.

«Après l’année 2016 calamiteuse qui a vu plonger le revenu des agriculteurs de la région, et particulièrement celui des systèmes de grandes cultures et de polyculture élevage, l’année 2017 est à nouveau marquée par des épisodes climatiques qui ont provoqué des dégâts importants sur les cultures, les fourrages, l’arboriculture et la viticulture», s’inquiète le président, qui résume la situation ainsi : «toutes les productions phares de la région sont impactées».

Depuis le semis, les grandes cultures ont subi «trois épisodes climatiques consécutifs. Tout d’abord, la sécheresse de fin d’été 2016, puis le froid précoce d’automne couplé au stress hydrique, et enfin les gelées d’avril. Depuis, les températures de mai et les averses orageuses ont « redonné de la couleur à un tableau qui était bien terne», rappelle M. Pelletier.

Moins de souplesse

En ce qui concerne l’élevage, les résultats d’ensilage d’herbe sont qualifiés de «très inquiétants» : il manque un tiers des volumes de ray grass en comparaison avec l’an passé. Le froid et la sécheresse ont pénalisé la repousse des parcelles de fauche.

Et comme pour les grandes cultures, le manque d’eau est un facteur particulièrement pénalisant : pas de pousse d’herbe, troisième année consécutive de sinistre sur les fourrages, absence de trésorerie pour compenser les manques fourragers… En résulte une dégradation de l’état physique des animaux mis en pâture, une chute de la fertilité de 10 à 20 %, et une augmentation de la mortalité. Sur un marché déjà pénalisé par l’encombrement, le lait enregistre une baisse de volumes de 15 % et les broutards affichent -30 kg par animal.

Le premier budget rectificatif de la Crage a été présenté par le directeur Philippe Voinson, alors que l’institution vient de traverser une période cruciale de transfert des personnels en fonctions support (ressources humaines, administration, finances, systèmes d’information), auparavant affectés aux chambres départementales, soit 46 personnes. La Crage comptera ainsi 109 collaborateurs en 2018.

Les neuf chambres d’agriculture du Grand Est contribuent au budget de la Crage, à travers notamment l’imposition, et la participation au coût du transfert du personnel «support». En 2017, un total de 4,24 MÄ est apporté par les échelons départementaux : la part de la Marne représente quelque 530 000 euros, soit 12,5 % du budget annuel.

Les producteurs champardennais et lorrains récompensés

En marge de cette réunion, la Crage a organisé une cérémonie de remise des diplômes du Concours Général Agricole. Les lauréats 2017 de Champagne-Ardenne et de Lorraine ont ainsi été mis à l’honneur par le président Jean-Luc Pelletier et le directeur régional de la Draaf Grand Est, Sylvestre Chagnard.

Cette année, 40 prix «animaux» ont été remis, 79 produits régionaux (bières, volailles, miels, confitures, produits laitiers etc.) et 314 vins ont été médaillés, et 5 prix d’excellence ont été attribués dans le cadre du Salon international de l’agriculture.

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