L'Avenir Agricole et Rural 08 décembre 2011 à 11h15 | Par L'Avenir Agricole et Rural

session de Chambre d'Agriculture - Un réchauffement positif ?

La session d’automne destinée à la présentation du budget primitif a eu lieu mercredi dernier en présence du représentant d’Etat Jacques Banderier, Directeur de la DDT.

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Six cents certiphytos supplémentaires doivent être délivrés dans les deux ans.
Six cents certiphytos supplémentaires doivent être délivrés dans les deux ans. - © ESTELLE DAUPHIN

Actualités

 

• Assurances récolte en élevage, un régime « calamiteux »

Malgré une campagne globalement favorable, quelques zones ont subit des aléas liés à la sècheresse et ne sont cependant pas éligibles. A chaque nouvelle calamité, les règles de ce régime archaïque changent, toujours au détriment des agriculteurs. La démarche entreprise suite à la sécheresse a aboutit à l’instruction d’une vingtaine de dossiers. Un chiffre décevant au vue de l’enveloppe allouée.

• Après la qualité de l’eau, la qualité de l’air

En matière de qualité de l’eau, les conditions d’application tardent à sortir. Pourtant, le monde agricole ne devra en aucun cas porter la responsabilité de cet immobilisme règlementaire au moment du bilan, en 2015, concernant la non atteinte du « bon état des eaux ».

D’autre part, la France est engagée dans un nouveau contentieux concernant la qualité de l’air, qui risque d’avoir des conséquences sur le monde agricole, avec des mesures aussi fantaisistes que la baisse d’activité en période de moisson pour réduire la poussière, ou encore la couverture des dépôts de fumier au champ et des fosses et fumières.

•Une agriculture «PRADée»

Le PRAD est un document réalisé par le Préfet de Région, traçant les grandes lignes de ce que devrait être l’agriculture durable en Champagne Ardenne. Fort bien. Sauf que seules les préoccupations d’ordre environnemental semblent être prises en compte dans ce documents. N’oublions pas que sans agriculteurs, il ne sera plus question d’agriculture du tout. Les représentants des Chambres d’Agriculture resteront vigilants sur l’élaboration de ce document.

•Le projet de Parc National amendé

Le Parc National a soumis son rapport de prise en considération (voir notre édition du 25 novembre 2011) à l’avis des membres du GIP de préfiguration, dont font partie la Chambre d’Agriculture et le CRPF. Le président Jean-Louis Courtoux a donné lecture des réserves émises au nom du monde agricole, notamment concernant l’extension de la zone à des périmètres non boisés, la gestion de la faune sauvage, la multiplication des cœurs de parc, et l’éventuelle réapparition de grands prédateurs.

Le monde des forestiers privés, quant à lui, redoute l’apparition de corridors écologiques entre les cœurs de parc (uniquement composés pour l’instant de forêt domaniale), qui entraveraient l’exploitation forestière. D’autre part, la prolifération du grand gibier, si elle représente un préjudice à court terme pour l’agriculture, représente une menace à long terme pour le renouvellement de la forêt, notamment pour des essences comme le chêne.

Néanmoins, comme en témoigne Sébastien Riottot, représentant de la Chambre d’Agriculture au sein du troisième collège, le dialogue et la prise en considération de l’existant semblent prévaloir.

- © étude CLIMATOR

Réchauffement climatique, quel impact sur les cultures ?

 

Quels impacts le changement climatique est-il susceptible d’avoir au cours du XXIème siècle sur l’agriculture française et tout particulièrement sur nos systèmes cultivés ?Afin de répondre à cette question, Frédéric Levrault de la Chambre régionale d’agriculture de Poitou Charentes est venu présenter les conclusions de l’étude CLIMATOR auquel il a participé. Ce projet a réuni dix-sept équipes de sept instituts et organismes de recherche et de développement agricoles coordonnées par l’INRA pendant trois ans (2007-2010).
Au travers de treize sites représentatifs de la diversité climatique et agricole française et par le croisement de modèles climatiques, agronomiques et forestiers, les impacts du changement climatique ont été analysés en termes de rendement, de qualité des produits, de calendriers culturaux, de besoins en eau et de santé des plantes. Le scénario retenu prévoit en 2100 une concentration en CO2 de 700 ppm et un réchauffement moyen mondial de 2,8°C. On observe non pas un mais des impacts sur l’agriculture française, selon les cultures, les sols et les régions. Ces impacts ne sont pas tous négatifs, notamment dans le Nord Est. A l’échelle du siècle, les variations interannuelles du climat dépasseront celles du réchauffement climatique.
Globalement les tendances climatiques resteront les mêmes sur l’ensemble du territoire. Un déficit hydrique sera à prévoir et la question de l’eau va devenir cruciale, amplifiée par le phénomène d’évapo-transpiration par le sol et par les plantes. Les cycles culturaux vont raccourcir. Les cultures d’hiver seront favorisées par rapport aux cultures de printemps, puisqu’elles bénéficieront malgré l’avance des récoltes, d’une durée de remplissage supérieure. L’augmentation du rayonnement, conjugué à la teneur en CO2 dans l’atmosphère accélèrera la photosynthèse du blé. L’avancement des dates de récolte permettra d’esquiver la période la plus chaude. Sous l’effet du réchauffement, le blé tendre devrait voir baisser la pression des maladies type septoriose et rouille brune. De plus le risque de gel des épis sera diminué. Les rendements devraient être durablement à la hausse, de l’ordre d’1,5 tonnes de MS supplémentaire/ha à l’horizon 2050, avec une augmentation de la teneur en protéines, malgré un stress hydrique en fin de cycle.
Sous l’effet du réchauffement, certaines cultures pourraient se développer dans les rotations, comme le tournesol et le maïs. Cependant, la réussite de ces cultures sera conditionnée à une irrigation « starter » et l’avancement des dates de semis. En maïs, l’accroissement du déficit hydrique conjugué au raccourcissement du cycle devrait réduire les rendements.
En colza, le risque de sècheresse du lit de semence sera accu avec pour conséquence moins d’azote absorbé obligera à retarder de 20 à 30 jours les dates de semis. Moins de risque lié au gel et un rendement en hausse dans le nord de l’ordre de 2 tonnes de MS/ha.
Enfin pour les prairies la productivité annuelle devrait augmenter de l’ordre de 10%, notamment dans l’Est, avec une modification de la répartition annuelle de la production, plus concentrée en première coupe et une baisse de la teneur en azote à fertilisation constante.

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