L'Avenir Agricole et Rural 15 septembre 2011 à 11h32 | Par E. DAUPHIN

Session chambre d’agriculture - Le pôle élevage officiellement constitué

La session de la rentrée a été suivie par une intervention de Dominique Caillaud de l’Institut de l’Elevage sur les perspectives pour les systèmes laitiers des zones de polyculture-élevage sans l’Est de la France.

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Tour d’horizon de Jean-Louis Courtoux

Actions de la Chambre d’Agriculture

Pôle élevage : la convention de dévolution universelle entre l’ADCL et la Chambre d’Agriculture a été approuvée le matin même de la session et prendra effet à partir du 1er octobre prochain. A compter de cette date, la Chambre d’Agriculture sera investie de la mission de contrôle de performance et reprendra l’intégralité du personnel de l’ADCL. La masse salariale de la Chambre d’Agriculture passera ainsi de 62 à 86 ETP en 2012. Le projet a été voté, par les membres de Chambre, à l’unanimité, moins une voix.

Rénovation de la Maison de l’Agriculture : plutôt que la rénovation du bâtiment existant, qui occasionnerait des troubles pour les usagers pendant près de 24 mois, la Chambre d’Agriculture envisage la construction sur un autre site chaumontais dans le cadre d’une SCI, pour un montant sensiblement identique.

Reconnaissance d’une partie de la Haute-Marne en calamité agricole : le CNAA a rendu son verdict le 20 août dernier, y compris pour la zone du Der. Une enveloppe de deux millions d’euros y est dévolue. Le Président de la Chambre d’Agriculture a remercié les agriculteurs qui ont contribué, en transmettant leurs données, à l’aboutissement de cette démarche. Une réunion technique a lieu le 20 septembre, suivie de la constitution de dossiers éligibles à déposer avant le 10 octobre.

Vie des OPA

CRPF :Jacques Doyon de Vouécourt, succède à Dominique Bartélémy à la présidence du CRPF

La concentration des coopératives se poursuit: après les rapprochements successifs d’InVivo et Coop de France, d’Axéréale et de Cohésis, la récente annonce de la fusion des coopératives Nouricia et Champagne Céréales s’inscrit dans cette tendance

Politique agricole

PAC : 60 % des aides seront consacrées aux DPU, qui pourraient être régionalisés par bassins de production, avec une convergence nationale prévue en 2019 et une convergence européenne à l’horizon 2028. Le reste des aides serait consacré au verdissement : rotations triennales, maintien des prairies permanentes, 5% d’éléments topographiques...

G20 :La préoccupation de suffisance alimentaire a été inscrite à l’ordre du jour du G20 sous la pression de Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy, une première historique

L’avenir des systèmes laitiers dans le Grand Est

Contexte départemental

Avec deux tiers de SAU dédiée aux cultures de vente et un tiers de SFP, la Haute-Marne est typiquement une zone de poly-culture élevage comptant 216000 bovins au sein de systèmes mixtes à dominante laitière.

La part de prairies permanentes est prépondérante dans la surface fourragère haut-marnaise avec 81 % de la SFP et seulement 7 % de prairies temporaires et 12% de surfaces en maïs. Parmi les 800 élevages laitiers recensés en 2007 par l’institut de l’Elevage, 10 % fonctionnent en système herbager, 21 % en maïs ensilage et 69 % de polyculture élevage.

Les systèmes laitiers en polyculture élevage semblent mieux s’en sortir en terme de productivité du travail : 156 000 euros de produit brut par unité de main d’œuvre contre 107 000 euros en élevage au maïs.

Réussite paradoxale

D’après l’intervenant, les systèmes laitiers en polyculture élevage s’en sortiraient mieux que les élevages spécialisés maïs et herbe.

Par rapport aux herbagers, les polyculteurs éleveurs ont des coûts de production globaux moins importants (428 euros contre 479 pour les herbagers), des coûts de mécanisation de 86 € contre 102 € en herbager. Ils présentent les caractéristiques de l’intensification avec des chargements de 1,68 et 7800 litres de lait par VL.

Leur taille d’exploitation est en moyenne supérieure de cent hectares de SAU et de 200 000 litres de quota. Ils dégagent un revenu agricole / UTA familiale de 24 000 euros contre 15 000 euros pour les laitiers intensifs

L’herbe, atout ou contrainte ?

Force est de constater que le bassin laitier du Grand Est coïncide avec avec une zone herbagère et que les deux sont historiquement liés, même si le Président Courtoux rappelle qu’il fut un temps où le Bassigny était en culture.

L’herbe, déconsidérée par les politiques agricoles successives, connait un début de rééquilibrage depuis la mise en œuvre du Bilan de santé. Elle constitue un bien public fournissant qualité de l’eau, prévention de l’érosion, stockage du carbone, typicité des produits, bien-être animal, biodiversité, paysages...

D’après l’enseignement de Décelait, (116 diagnostics réalisés en Haute-Marne), près d’une exploitation sur deux valoriserait mal ses surfaces en herbe avec en moyenne 1,2 tonnes de MS/ha d’herbe sous valorisée, ce qui équivaut à 500 balles rondes de foin à l’échelle d’une exploitation. Bien valoriser l’herbe permettrait de dégager 11 700 euros d’EBE supplémentaire par unité de main d’œuvre.

Entre économies d’échelle et économies de gamme

Le scientifique considère deux voies d’amélioration de la compétitivité des élevages laitiers ;

- les économies d’échelle, soit la croissance de l’exploitation permettant de diminuer les coûts de production. Les leviers mobilisés sont l’agrandissement, l’intensification, la spécialisation et la simplification des itinéraires techniques

- les économies de gamme : la complémentarité entre ateliers (animaux et végétaux) permet de diminuer les coûts de production (échange paille contre fumier, auto-consommation de céréales, polyvalence de la main d’œuvre et du matériel...). Les exploitations qui font ce choix s’orientent vers l’économie, l’autonomie en intrants, la diversification. (Voir graphique ci-dessous)

On peut ainsi répartir les conduites d’exploitation polyculture élevage en quatre catégories:

- les intensifs : produisant du lait «hors sol», ils produisent de grandes quantités et simplifient les itinéraires techniques. Très dépendant du prix des intrants, leurs revenus sont aléatoires

- les économes : ils atteignent l’optimum économique en gérant efficacement leurs effluents, le pâturage, achat de matières premières plutôt que de concentrés (tourteaux de colza, drèches de blé), et adaptent une stratégie d’achats (grandes quantités, morte saison, etc.)

- les autonomes : remettant en cause du modèle intensif dominant, ils visen des rendements inférieurs au potentiel pour atteindre l’optimum économique en privilégiant l’auto-consommation, les rotations longues et la lutte biologique contre les nuisibles et les adventices. Une stratégie risquée sur le plan économique quand l’efficience ne compense plus la perte de productivité

- les agriculteurs biologique: suite logique de l’étape précédente, il permet de valoriser par le prix des pratiques existantes sur un marché de niche, en conjuguant revenus et optimum environnemental.

La polyculture élevage, un modèle qui a de l’avenir

«Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier» préconise l’adage. C’est précisément ce que permet ce modèle, tant il est rare que les trois productions soient en crise simultanément. Géré de manière cohérente, elle occasionne une synergie évolutive entre les ateliers, qui les rend moins vulnérables aux variations du prix des denrées agricole que les systèmes spécialisés.

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