L'Avenir Agricole et Rural 25 juin 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SEPAC : S'ADAPTER AUX VARIATIONS FUTURES

La journée d’essais de la Sepac a rassemblé plus de 250 agriculteurs le 11 juin dernier à Bologne. L’actualité de l’entreprise, les perspectives du marché des céréales et l’évolution du marché des engrais étaient au programme.

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Les agriculteurs ont découvert de nouvelles variétés de blé, de colza et d’orges.
Les agriculteurs ont découvert de nouvelles variétés de blé, de colza et d’orges. - © T MORILLON

Marc Gauthier, Directeur Général Sepac était plutôt optimiste, malgré une année 2014 assez chaotique, notamment à cause de faibles rendements et des qualités décevantes sur blés et orges de brasseries. La fin des quotas laitiers et la baisse du prix du lait et de la viande ont également impacté l’activité de Jean-Luc Vauthier et ses équipes avec une baisse sensible des ventes aux clients-éleveurs. Les parts de marchés Vauthier Sepac ont pour autant été confortées. De même, l’activité «grandes cultures» chez Sepac est en progression avec une collecte en augmentation de 11 % par rapport à l’année dernière.

 

Des projets qui se concrétisent

Sepac et Vauthier Sepac se dotent d’un nouveau logo représentant un épi de blé, ce qui rapproche visuellement la Sepac et Vauthier Sepac. Marc Gauthier a annoncé la création d’une plate-forme de collecte à Noidans-le-Ferroux (70), «nous devons avoir une taille suffisante pour attirer nos clients» a précisé le directeur. La Sepac propose une nouvelle offre de services comme le pilotage de fertilisation azotée par satellite et la technologie par drone est en cours de validation, des solutions performantes pour assurer une traçabilité parcellaire extrêmement précise.

 

Les parts de marchés sont maintenues et même confortées. La Sepac investit régulièrement en logistique (stockage, camions) pour assurer la disponibilité de ses produits à ses clients. Elle veut être le partenaire de l’évolution des éleveurs en les accompagnant au plus près comme en témoignent les 450 formules qui leur sont proposés. Elle offre d’ailleurs un service dédié et spécialisé «élevage» aux éleveurs de la zone de chalandise Sepac pour améliorer les performances des exploitations. La négoce veut faire profiter à ses clients ses accès privilégiés aux co-produits du groupe, ce qui représente 1 million de tonnes. «Notre mission est d’anticiper vos besoins pour demeurer le partenaire privilégié de votre élevage. Nous voulons être l’interlocuteur et le fournisseur de référence des éleveurs leaders» affirme Marc Gauthier.

 

Sepac et Vauthier Sepac sont des entreprises en pleine croissance et surtout complémentaires avec des équipes motivées et impliquées. La PAC 2015 impacte la rentabilité des exploitations, la Sepac doit évoluer et adapter ses offres en conséquence pour mieux répondre aux besoins des agriculteurs. Elle peut compter sur l’appui du groupe Vivescia pour envisager l’avenir avec ambition et sérénité. La Sepac dispose de plusieurs atouts comme l’accès à une recherche agronomique interne et l’adossement à un groupe coopératif agricole et agroalimentaire. D’autre part, les outils de transformation du groupe permettent une valeur ajoutée complémentaire.

 

Des prix volatiles

Gautier Le Molgat, consultant chez Agritel a fait un point sur le marché des céréales et des oléagineux. Il note un équilibre fragile entre la consommation d’un côté et le volume de l’autre, ainsi qu’une volatilité de prix récurrente. Les exportations sont en progression, grâce à la parité entre l’euro et le dollar. Pour le blé, des pays comme la Russie et les Etats-Unis connaissent des difficultés, alors que l’Union Européenne devrait avoir une campagne record. On notera la présence de nouveaux acheteurs comme la Thaïlande, le Bangladesh et la Corée du Sud. La France fait actuellement une bonne campagne contrairement à l’Inde qui subit une perte de 10 millions de tonnes de production et sera donc dans l’obligation d’importer du blé.

 

La production de maïs a été très abondante précédemment, en conséquence, l’Union Européenne a presque doublé la taille de son stock. La production de cette année est en baisse, notamment en Ukraine, mais sera compensée par les réserves disponibles. La Chine est actuellement en grande demande d’orge, alors que pour le soja, la production mondiale est supérieure à la consommation. Enfin, le marché du colza connaît des tensions, avec une baisse des assolements en Europe, elle devra en importer.

 

Les engrais : un marché instable

Etienne Maes, chef du marché engrais chez SeVeal a détaillé l’évolution du marché des engrais. L’ammoniac est la base des produits azotés, il est produit principalement par la Russie, le Canada, l’Indonésie et la Chine et connaît des fluctuations de prix.

L’azote est surtout consommé dans le monde sous la forme d’urée, dont les trois quarts sont produits en Asie, avec une augmentation de l’offre chinoise. La France est en décapitalisation d’azote, on note une baisse sensible rapportée à l’hectare. Les Etats-Unis et l’Union Européenne sont de gros utilisateurs de solution azotée, alors que la France en importe plus de 95 %. La capacité de production est nettement supérieure aux besoins et les traders ont fait baisser les prix. L’ammonitrate est un marché historiquement européen, cette année, tous les producteurs ont eu des problèmes industriels qui se traduisent par une production faible. Enfin, le prix de la potasse a perdu 100 euros par tonne depuis la séparation des accords entre l’Ukraine et la Russie. En conclusion, Etienne Maes a affirmé que «le marché des engrais est instable, tout peut changer du jour au lendemain».

 

Diminuer les intrants

Le président de la Sepac Christian Rousseau a salué le travail des agriculteurs qui ont réalisé une bonne récolte l’an dernier. Il a aussi parlé de la diminution nécessaire des traitements chimiques avec le plan Ecophyto qui prévoit une diminution de 25% des produits phytosanitaires dans les 5 années à venir. «On va devoir trouver des solutions pour être moins consommateur d’engrais, l’agronomie permettra de produire plus et mieux, dans de meilleures conditions et en diminuant nos charges de productions» explique le président. La Sepac va d’ailleurs effectuer des essais sur le site de l’ancienne base aérienne de Reims afin de mesurer les impacts de production sur la qualité des sols et sur l’environnement.

 

Après la réunion, les adhérents sont allés au forum des fournisseurs. L’après-midi était consacrée à la visite des parcelles d’essais : différentes variétés de blé, de colza et d’orge, avec des nouveautés. Les agriculteurs ont aussi assisté à une démonstration de drone en conditions réelles en plein champ.

 

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