L'Avenir Agricole et Rural 15 juin 2017 à 08h00 | Par T. Morillon

SEPAC : cap sur les protéines végétales

Sepac a organisé sa journée clients le 8 juin à Bologne. Cette année, la manifestation innove avec 3 pôles sur les protéines végétales et un essai de stockage de grains en boudin plastique. Le traditionnel forum des fournisseurs et la visite des essais ont complété la journée.

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3 essais de stockage de grains en boudin plastique ont été réalisés : un remplissage de la trémie par transbordeur, par benne et par chariot télescopique.
3 essais de stockage de grains en boudin plastique ont été réalisés : un remplissage de la trémie par transbordeur, par benne et par chariot télescopique. - © T.M.

Baisse de 20 % de la collecte

Le nouveau Président de Sepac-Vauthier/Sepac Jean-Marc Longuet donne le ton : «

notre objectif est de développer notre activité sur tout le territoire. La taille de nos entreprises doit augmenter car nos clients se regroupent et deviennent plus forts. Si on ne fait pas la même chose, nous n’arriverons pas à chercher de la valeur ajoutée. D’ailleurs Sepac vous encourage à augmenter le taux de protéine de vos blés, condition indispensable pour la commercialisation».

Marc Gauthier, Directeur Général Sepac, fait le bilan de l’année 2016 : «une campagne difficile, avec une baisse historique de la récolte de céréales de -20 % et des qualités de grains altérés. En ajoutant à cela le prix du lait et de la viande qui restent sur des niveaux bas, les exploitations font face à des problèmes de trésorerie, mais on est là pour aller de l’avant. Nous avons une offre matière première compétitive et adaptée à la situation économique des élevages». Malgré ces difficultés, les parts de marché sont maintenues et confortées avec 56 000 T supplémentaires livrées.

Sepac note une baisse de l’utilisation des engrais ternaires, le développement du désherbage à l’automne et une augmentation de l’utilisation des semences de ferme. Dans un autre registre, Vivescia est très attentif à la sécurité de ses salariés. La coopérative veut diviser par deux le nombre d’accidents du travail (430 en 2016) d’ici 2018 et tendre vers le zéro accident d’ici 2020.

La qualité comme levier

«Au niveau de la collecte, plus d’une tonne sur 3 est valorisée via Vivescia Industrie, c’est l’une des forces de Sepac. Notre réseau permet de vendre plus de 70 % de la collecte entre les clients du groupe et les 10 plus gros clients extérieurs au groupe» précise Marc Gauthier. Concernant le fret, les grains sont expédiés majoritairement par camion (38%), vient ensuite le train (33%) et la péniche (29%). «La logistique oriente nos ventes, on peut satisfaire nos clients grâce à nos 3 modes de transport».

La qualité est aussi mise en avant par le Directeur Général : «les exigences de nos clients vont augmenter et nous ne sommes pas seuls sur le marché. Si on veut peser, nos grains doivent être de qualité à tous les niveaux : impuretés, insecticide, protéines et pureté variétale. On doit défendre la qualité de notre production pour capter des clients industriels et faire reconnaître la qualité Sepac. De plus, la société devient exigeante, les clients veulent connaître notre façon de travailler pour s’assurer de la bonne qualité des grains».

Les protéines alternatives

Le public a pu découvrir 3 pôles autour de la protéine végétale comme celui animé par Joséphine Vanthuyne, du service commerce des grains Vivescia. «On assiste à une deuxième transition alimentaire : la demande en protéines végétales dans les pays développés augmente». L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime que les besoins mondiaux en protéines augmenteront de moitié d’ici 2050, en soulignant qu’il faudra une complémentarité entre protéines animales et végétales.

Le lupin, le blé, le pois, la féverole et le soja sont des cultures riches en protéines, la France est d’ailleurs le 2e producteur de protéagineux en Europe derrière l’Italie. La filière soja est en plein développement grâce à l’alimentation animale et humaine.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article en pages 03 et 04 de notre édition du 16 juin 2017.

On retrouve du soja dans de nombreux produits, dont certains se développent énormément comme les boissons et les yaourts. «34 % des consommateurs pensent augmenter leur consommation de soja dans les deux prochaines années et 73 % des français ne veulent pas d’OGM» explique Joséphine Vanthuyne. Or la production de soja non OGM est localisée en Europe (la Chine est aussi un gros producteur, mais elle ne peut en exporter). Le soja possède de nombreux avantages : digeste, il est riche en nutriments, en bons acides gras et il convient aux intolérants au lactose.

Jean-Marc Longuet est agriculteur à Nully.
Jean-Marc Longuet est agriculteur à Nully. - © T.M.

Nouveau Président

En fonction depuis un mois, Jean-Marc Longuet est agriculteur à Nully sur une exploitation tournée vers l’agriculture de conservation. Il est également administrateur Vivescia, Président de la région Sud Vivescia et membre de Sicom. «Je succède à Christian Rousseau que je remercie, c’est une personne qui a compris que la taille de nos entreprises doivent augmenter. Ces dernières années ont été difficiles à cause des aléas climatiques et des prix à la baisse, est-ce que nos coûts de production ne sont pas trop élevés ? Nous devons nous poser la question. Je suis ravi que Sepac s’intéresse à l’agriculture de conservation car l’objectif des agriculteurs est d’avoir une exploitation plus performante et résiliente, en accord avec le développement durable. Les exploitants rendent service à la société en stockant du carbone dans le sol, limitant le réchauffement climatique. J’espère qu’on en tirera un bénéfice un jour».

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