L'Avenir Agricole et Rural 01 décembre 2011 à 10h13 | Par Eric BERTON

Section Régionale des Anciens Exploitants du Grand Est - Journée conjointe

La réunion des anciens exploitants de ce mois d’octobre associait les conjoints. Ils purent visiter la biscuiterie Fossier, dont les gourmandises participent à la renommée Rémoise. Et les anciens exploitants planchaient en réunion de travail sur la retraite et la dépendance. Puis, après le déjeuner, les anciens et leurs conjoints ont assisté à une visite particulière de la Cathédrale de Reims, qui célèbre, en 2011, son 800ème anniversaire.

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Les réunions de la section des anciens exploitants sont souvent le théâtre de l’expression d’une forte émotion. Gérard Lapie, président de la section de la Marne, renouvèle ses sincères condoléances au président Claude Florentin. Et il lui fait part de l’amitié et du soutien de tous les anciens du Grand Est. La perte d’un proche, auprès duquel ou de laquelle une vie s’est écoulée ne peut se tourner comme la page d’un livre qui vient d’être lu. Claude Florentin confit avoir envisagé de mettre fin à ses responsabilités et remercie ses amis et collègues pour leurs témoignages de sympathie. Il invite les anciens au travail, laissant à Gérard Lapie le soin de faire une rapide présentation de l’agriculture départementale. Celui-ci souligne que «la viticulture représente 65% de la production agricole de la Marne et que l’histoire agricole du département est étroitement liée à l’histoire de la coopération». Les responsables agricoles ont toujours eu à cœur de se soucier de la transformation de leurs productions.

Gouvernance en binôme

L’histoire s’est donc aussi écrite avec des investissements importants, «de tout temps accompagnés par le Crédit Agricole, qui a soutenu les mutations et les structurations des coopératives» précise Gérard Lapie, avant de s’inquiéter de l’évolution sociologique et démographique agricole. «Ce sont les hommes qui font l’histoire» affirme-t-il. La diminution des actifs et le désengagement collectif soucient les anciens agriculteurs, eux mêmes acteurs de l’évolution passée de l’agriculture. Le système coopératif repose sur une gouvernance en binôme. Le directeur est le garant de l’application des décisions du président, prises en conseil d’administration, composé d’agriculteurs soucieux d’une politique qui intègre les problématiques des producteurs. L’équilibre entre besoins et impératifs administratifs et visions et volontés professionnelles est jugé crucial pour l’avenir de l’agriculture.

Prisonniers et pensionnaires

C’est Robert Hénon, président de la section des Ardennes, qui représentait le Grand Est au conseil d’administration décentralisé de la section nationale des anciens exploitants. Le Jura fût donc le témoin de riches et nombreux échanges, sans oublier une indispensable convivialité. Jean Paul Bizien, le président de la SNAE a dressé un large tour d’horizon de la situation climatique à la faim dans le monde, la pression foncière planétaire, les marchés erratiques, le climat, l’économie et l’environnement. Les dossiers et réflexions sont nombreux et très actuels. L’installation préoccupe toujours les anciens exploitants. Les stratégies d’investissement, de développement et de transmission sont explorées. Le positionnement des anciens dans la société, la problématique du veuvage, sans oublier l’appel à la pétition nationale sur les retraites. Sur ce sujet des retraites, le président de la section de la Meuse, Hubert Vannesson, évoque un courrier adressé au Président de la République. Courrier dans lequel il dénonce la faiblesse des pensions et, non sans humour, un traitement comparatif des conditions d’hébergement entre prisonniers et pensionnaires de maisons de retraite, défavorable à ces derniers.

Calendes grecques

La dépendance est également abordée, avec son lot de profondes déceptions. Alain Lecler, président de la section des Vosges se fait le parte parole de Paul Billonnet, secrétaire général adjoint de la SNAE. Et il fustige le financement actuel du 5ème risque «complexe et illisible pour les usagers». Il appelle au guichet unique et s’inquiète de l’évolution démographique qui pèse lourdement sur le système de prise en charge de la dépendance. Cette notion de 5ème risque devait, par la mise en place d’une 5ème branche de l’assurance maladie, permettre la prise en charge de la dépendance. Mais les promesses n’ont pas résisté à la consultation nationale et à l’ampleur des besoins, dans un contexte de crise du financement des Etats. Le reste à charge des familles est considérable. Le coût moyen mensuel en établissement spécialisé atteint 2 300 euros «alors que la retraite agricole moyenne pour une carrière complète est de 680 euros», conclut Alain Lecler. Ce sujet de la prise en charge du 5ème risque ne peut durablement être renvoyé aux calendes grecques.

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