L'Avenir Agricole et Rural 16 mai 2007 à 00h00 | Par JL BLONDEL

SECHERESSE EN HAUTE-MARNE - Le plateau de Langres à nouveau sinistré

une quarantaine d’agriculteurs des cantons du plateau de Langres étaient réunis à Voisines le vendredi 11 mai pour faire le point sur l’état des cultures et réfléchir sur les mesures de compensation appropriées à une zone qui s’avère très fragile.

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Les veines de terre des reliefs karstiques se dessinent nettement sur les sols superficiels du plateau de Langres. L’orge d’hiver touchée par la sécheresse en plein stade d’épiaison a subi des pertes irréversibles.
Les veines de terre des reliefs karstiques se dessinent nettement sur les sols superficiels du plateau de Langres. L’orge d’hiver touchée par la sécheresse en plein stade d’épiaison a subi des pertes irréversibles. - © JL BLONDEL
3 calamités en 5 ans :

Les agriculteurs du plateau de langres ont encore en tête le spectre de l’année 2003 au cours de laquelle l’ensemble des cultures et des fourrages avait été sinistré.
En 2005, la calamité s’est limitée aux céréales car le maïs a heureusement pu bénéficier d’une bonne pluviométrie au cours de l’été.
L’année 2007, jusqu’aux pluies récentes, s’annonçait sous le plus mauvais augure avec les effets combinés qui ont été rappelés dans l’article publié la semaine dernière à savoir : une végétation précoce, une chaleur exceptionnelle et une absence de précipitation avec des vents desséchants.
L’herbe subit les mêmes dommages et le maïs avait une levée irrégulière.
Sur les céréales et particulièrement sur les orges d’hiver les pertes paraissent irréversibles. Les experts ont déjà commencé les évaluations chez les agriculteurs ayant souscrit une assurance récolte mais la moyenne de référence est très faible en raison de la succession des calamités pendant de la période historique de 5 ans (exclusion de la meilleure et de la moins bonne des années). Cette répétition met à plat les trésoreries et rend évidemment non opérationnel le dispositif d’assurance actuellement expérimenté.

Propositions de mesures

Les agriculteurs du plateau de Langres ont bien conscience que d’autres secteurs du département sont aussi affectés par la sécheresse mais ils ont le sentiment d’être dans une zone particulièrement fragile.
Ils souhaiteraient que des mesures ciblées soient réservées à leur secteur qu’ils qualifient de « zone sèche ». Une douzaine de communes ont été citées comme étant les plus exposées.
Un zonage est toujours délicat et est sujet à polémique. Néanmoins il existe un degré de fragilité sur certaines communes du plateau de Langres qu’il conviendra d’expertiser.
L’hétérogénéité du potentiel des parcelles est aussi un élément à prendre en considération pour affiner l’étude.
Les services de la Chambre d’Agriculture seront sollicités pour évaluer l’étendue des surfaces en G1, G2, G3.
Dans la liste des mesures ciblées, la MAE rotationnelle est citée en priorité car de nombreux agriculteurs n’ont pas pu obtenir cette aide en raison de CTE en cours ou en 2004-2005 mais arrivés aujourd’hui à expiration.
Il est aussi demandé que l’assurance récolte soit généralisée et mutualisée pour que les calamités successives soient exclues de la référence de rendement. Les agriculteurs souhaiteraient même qu’une assurance revenu soit expérimentée.
L’exploitation de la jachère est aussi attendue même si la mesure paraît tout à fait sous-dimensionnée pour répondre à l’ampleur des difficultés.
Le PMBE qui est bloqué prend une acuité toute particulière dans les exploitations ainsi fragilisées. Enfin les agriculteurs dénoncent l’impossibilité d’accéder à la PHAE en raison du taux de spécialisation de 50 % en herbe qui est rarement atteint.
Le dégrèvement d’impôts fonciers ou d’aides conjoncturelles du type de celles qui avaient été mises en place en 2003 avec un co-financements de la Région et du département sont aussi envisagées sous réserve qu’elles soient simples et non discriminatoires.
Plusieurs agriculteurs ont évoqué la difficulté de trouver de la paille localement. Michel GALTON et Simon BOCKSTAL, les secrétaires généraux de la FDSEA et des JA présents à cette réunion ont proposé d’organiser une bourse au niveau départemental afin de rapprocher l’offre et la demande sur la base des tarifs « syndicaux » tels qu’ils sont publiés chaque année par le Bureau Commun des Pailles et Fourrages. Cette communication est généralement faite dans le courant du mois de juin. Pour information l’an dernier les fourchettes de prix étaient de 6 à 15 ?/t en andain et 32 à 39?/t stockée sous abri.
Après cette réunion de réflexion, une partie des agriculteurs s’est rendue sur une parcelle d’orge à MARDOR où l’ampleur de la calamité a pu être constatée de visu, mais chacun espère qu’une météo plus favorable sauvera les fourrages tels que le colza ou le blé et les cultures d’hiver qui conservent encore un potentiel intéressant selon les services techniques de la Chambre d’Agriculture.
La pluie de ces derniers jours redonne espoir, mais elle reste encore bien insuffisante pour
dissiper l’inquiétude des agriculteurs de cette zone et de tous les plateaux séchants du Barrois en général. Rendez-vous dans quelques semaines.
 Exploitation du couvert des jachères

 Le Ministère a rappelé que la dérogation d’utilisation du couvert végétal des jachères ne serait pas possible avant le 11 juin. Cette échéance paraît lointaine mais une demande a été formulée pour que la Haute-Marne soit dans les premiers départements à bénéficier de cette mesure très attendue des éleveurs malgré la pluviométrie récente qui ne peut malheureusement pas combler les dégâts déjà causés.
 
Permettez-nous d’appeler votre attention sur les dommages importants et irréversibles qui ont été causés aux cultures céréalières suite à la sécheresse et à la chaleur exceptionnelle du mois d’avril.
Les pâturages ne sont pas non plus épargnés par cette calamité et la récolte de fourrage reste très incertaine.
Dans ces conditions, considérant qu’il s’agit d’une catastrophe naturelle grave affectant de façon importante les superficies agricoles des exploitations de nos plateaux argilo-calcaires qui s’étendent sur une grande partie du département, nous vous remercions de bien vouloir solliciter auprès du Ministre de l’Agriculture une dérogation d’utilisation des jachères conformément au nouveau règlement du 21 décembre 2006.
Sur le plan économique cette mesure est d’autant plus justifiée que notre département est touché par les restrictions de mouvements d’animaux liées à la FCO.
Comptant sur votre intervention..


La Présidente de la FDSEA Françoise HENRY
Sébastien RIOTTOT Le Présidente des JA

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