L'Avenir Agricole et Rural 26 mars 2015 à 08h00 | Par E.D.

Sanitaire

Le GDS a tenu son assemblée générale le 20 mars à Chaumont. Au programme, la lutte collective contre la BVD et une intervention technique sur la paratuberculose bovine.

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Le nombre de bovins couvert par le GDS est en progression, il avoisine les 79 %. Des efforts restent à faire dans la moitié sud du département.
Les aides financières en provenance du GDS proviennent d’une part du Conseil Général pour 90 000 euros (en baisse de 10 000 euros) et d’autre part du fruit de la mutualisation des éleveurs pour 90 478 euros, soit 180 478 euros pour 2013/2014.

Actualités
Objectif Zéro BVD en 2020
L’éradication de la BVD est un enjeu sanitaire et financier pour les exploitations. L’impact économique de cette maladie dans les élevages infectés est évalué de 46 à 83 euros par bovin et par an en fonction de la circulation virale. En comparaison, le coût de la prévention de cette maladie s’élève à dix euros par an et par bovin avec à la clé des bénéfices en termes de santé animale (moins de frais vétérinaires, moins de morbidité et de mortalité).
La région Champagne Ardenne partage l’ambition de la zone Euro-sanitaire Grand-Est (aux côtés de l’Alsace, la Lorraine et la Franche Comté) et souhaite rendre obligatoire le prélèvement auriculaire afin de donner une dimension collective à cette action et de lutter efficacement contre la BVD. Cette méthode a fait ses preuves dans d’autres pays et devrait démarrer en 2016.
Une première phase de sensibilisation est menée depuis 2014. Dans le département, 71 éleveurs se sont déjà lancés dans le prélèvement auriculaire afin d’éliminer les animaux IPI de leurs cheptels.
A partir de l’année prochaine, les 60 000 veaux qui naissent tous les ans dans le département feraient ainsi l’objet d’un prélèvement de cartilage. D’ici là, la boucle préleveuse serait intégrée à la boucle d’identification, donc plus pratique et moins onéreuse.

Premiers résultats de la campagne de prophylaxie
Solveig Kuhse de la DDCSPP a présenté les premiers résultats de la campagne de prophylaxie 2014-2015. Elle a concerné 27 élevages, sélectionnés selon les critères du Ministère :
- présence de transformation fromagère de lait cru
- problèmes d’identification récurrents
- fort taux de rotation
- cas de lésions relevées à l’abattoir
Parmi les neuf retours du laboratoire, cinq sont négatifs. La recherche de tuberculose bovine dans le cadre de la prophylaxie a donné lieu à des résultats IDS (intradermotuberculination simple) non négatifs mais négatives par la PCR et à quatre cheptels présentant un lien épidémiologique avec la maladie suite à des introductions en provenance des départements infectés. La recherche effectuée sur la faune sauvage a été réalisée sur 90 sangliers, 10 cerfs et 80 blaireaux n’a révélé aucun cas positif.

Intervention de Laurent Fourres, directeur du GDS de la Meuse.
Intervention de Laurent Fourres, directeur du GDS de la Meuse. - © E.D.

La paratuberculose, difficile à évaluer et à combattre
Définition de la maladie
La bactérie responsable de la maladie porte le nom de Mycobacterium Avium Paratuberculosis (MAP). Il s’agit d’une maladie bovine intestinale identifiée depuis 1895, qui existe dans le monde entier, encore appelée « maladie du boyau blanc » ou « maladie de John ».
Son germe est résistant. Une fois présent dans l’environnement, il y reste longtemps. Ce bacille peut vivre jusqu’à un an dans une bouse, il résiste au froid humide et se plaît dans les pâtures acides à pH faible. Les UV n’ont pas d’effet sur lui.
Il s’avère que les élevages laitiers sont plus sensibles à cette maladie. Elle se déclare également plus précocement (au premier ou deuxième veau, voir plus en élevage allaitant).

Symptômes
Le stade clinique se caractérise par un état de cachexie avancée, le poil est piqué, terne, une diarrhée intermittente puis continue, diffuse à l’aspect bulleux. L’excrétion est répétée, abondante, et on constate la présence de matière alimentaire non digérée. L’animal a faim et soif en permanence, car il ne valorise pas ce qu’il ingère. En phase terminale apparaissent des œdèmes.
Dès qu’il entre en phase clinique, le bovin est condamné à une mort certaine. Il ne faut pas le traiter mais le faire abattre le plus rapidement possible tant qu’il est commercialisable, car il contamine durablement son environnement par ses excrétions. Il rejette 40 milliards de germes par jour et entraîne la contamination des animaux réceptifs

Voies de contamination
Seuls les individus de moins de six mois au contact de la matière fécale sont susceptibles d’être contaminés.
Les jeunes veaux sont exposés à la maladie par voie oro-fécale dès les premières tétées. Plus le contact avec la MAP est précoce, plus le risque de paratuberculose est élevé. La maladie incube ensuite lentement dans l’organisme de son hôte avant de se déclarer, en moyenne à l’âge de 55 mois.
Le risque de contamination trans-placentaire et la proximité mère/veau à la naissance lors des premières tétées sont des facteurs de risque. On évalue la lignée d’une vache positive à 50 % de sa descendance pour les cas cliniques, et à 10 % pour les cas en phase d’incubation.
Un élevage naïf peut être contaminé par plusieurs voies, en cas d’introduction, par le voisinage et en cas de ruissellement après épandage dans des vallées inondables, et également lors du rassemblement de deux troupeaux.
Des effets cliniques aux pertes économiques sur l’élevage, invisibles
Si les effets cliniques sont visibles, les pertes économiques engendrées sur l’exploitation sont moins perceptibles mais tout aussi ravageuses : baisse de fécondité, prédisposition aux mammites, baisse de production laitière jusqu’à 20 % (en élevage laitier et allaitant), car les cas pré-cliniques sont déjà en sous-potentiel, perte de production de viande. Enfin, la mort prématurée par euthanasie et les réformes anticipées sont source de perte de revenue. Il est difficile d’avancer des chiffres, mais on estime à 200 euros la perte économique par bovin positif et à 2000 euros par bovin malade.

La suite de cet article dans notre édition du 27 mars 2015.

Avortements : n’hésitez plus à les déclarer !

Déclarer les avortements donne lieu à la visite du vétérinaire sanitaire. Celle-ci est prise en charge par l’Etat. Les éleveurs ne doivent plus hésiter et profiter des prélèvements pour réaliser des recherches épidémiologiques complémentaires. Seuls les frais d’analyse seront à leur charge, dont une partie est prise en charge par le GDS.

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