L'Avenir Agricole et Rural 06 décembre 2012 à 10h57 | Par E.D.

SANITAIRE - Prendre de vitesse la BVD : un challenge collectif

La BDV a été éradiquée en Autriche et en Suisse. Elle est dans le collimateur de l’Union Européenne. Tous les départements limitrophes ont mis en place des actions. Les adhérents du GDS52 ont eux aussi décidé d’être des acteurs engagés dans cette lutte, qui fut au cœur des assemblées cantonales.

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Composé d’une boucle, d’un poinçon et d’un tube de prélèvement, le dispositif est identifié avec le numéro EDE de l’animal.
Composé d’une boucle, d’un poinçon et d’un tube de prélèvement, le dispositif est identifié avec le numéro EDE de l’animal. - © E.D.

La Diarrhée Virale Bovine fait partie des maladies non règlementées sur lesquelles le GDS52 a choisi d’agir en y consacrant 17 % du budget des aides reversées aux éleveurs, soit 33 118 euros en 2011. Ces ressources financières provenant du Conseil Général et du GDS permettent de participer aux prises de sang, à la visite du vétérinaire et à l’élimination des IPI. Dix sept plans individuels d’assainissement, conduits par le technicien Thierry Divay, sont actifs sur le département. Celui-ci a constaté peu d’animaux immuno-tolérants dans les élevages touchés.

Une maladie sournoise qui coûte cher

Le virus de la BVD (Bovine Virale Diarrhea = Diarrhée Virale Bovine) est une cause fréquente de maladie d’élevage en favorisant le développement d’autres problèmes sanitaires. Il peut donc conduire à l’utilisation importante de médicaments, d’où son impact économique qui pénaliserait l’élevage jusqu’à 60 euros par animal, et par an, d’après les estimations de l’école vétérinaire de Nantes. Comme toute maladie virale, elle ne se soigne pas directement.

Les signaux d’alerte, lorsqu’ils s’additionnent, doivent interpeller l’éleveur.

- Troubles de la reproduction (infécondité, avortements…)

- Diarrhées des jeunes veaux

- Episodes de grippe

- Maladies digestives ou respiratoires rebelles aux traitements habituels

- Naissance de veaux faibles ou malformés (atrophie du cervelet ou des yeux, cataracte, déformation des membres).

Transmission du BVD (schéma ci-dessus)

Toutes les sécrétions et excrétions des animaux infectés contiennent du virus. Celles qui en contiennent le plus sont les sécrétions nasales et respiratoires. Elles jouent un rôle prépondérant dans la contagion entre bovins : le virus passe souvent de l’un à l’autre à l’occasion de contacts «mufle à mufle».

Une vache gestante transmet le virus à son fœtus avec des conséquences variables selon le stade de gestation ; de 40 à 125 jours, le fœtus n’est pas encore suffisamment formé pour distinguer le virus de son propre corps. Or, le fait de savoir faire cette différence est la condition sine qua non de l’immunisation. Si il survit, il en reste porteur et contagieux à vie. Il est devenu ce qu’on appelle un infecté permanent immunotolérant ou I.P.I. En dehors de cette période de gestation, la maladie provoque des avortements.

Deux types d’animaux capables de transmettre le virus BVD

L’IPI naît IPI (un bovin ne peut pas le devenir en dehors du tout début de sa vie foetale). Il est contagieux de sa naissance à sa mort et répand de grandes quantités de virus autour de lui. On dit que c’est une «bombe à virus». La plupart des IPI meurent avant l’âge de 2 ans d’une affection diarrhéique et ulcéreuse généralisée : la Maladie des Muqueuses (seuls les IPI font cette forme particulière de la BVD). La moitié environ sont chétifs et maladifs. Mais d’autres sont extérieurement tout à fait normaux et même capables de se reproduire. Ils donnent alors systématiquement des veaux IPI.

Le «virémique transitoire» ou infecté temporaire, est un bovin normal qui rencontre le virus BVD pour la première fois. La multiplication du virus dans son organisme diminue temporairement ses défenses immunitaires, ce qui favorise des infections secondaires (diarrhées des jeunes, maladies respiratoires …). S’il s’agit d’une vache pleine, elle peut perdre son veau (infécondité, avortement) ou donner un veau IPI (voir ci-dessus). Cependant, au bout de 2 semaines environ, l’organisme reprend le dessus. Le bovin s’immunise, se débarrasse du virus et cesse d’être contagieux. Il restera solidement immunisé, probablement à vie. Pendant les deux semaines où il est contagieux, un bovin infecté temporaire répand moins de virus autour de lui qu’un IPI.

Barrer la route à la circulation virale

Le contact avec les animaux des troupeaux voisins, de mufle à mufle par dessus la clôture et l’introduction d’animaux dans le troupeau sont deux facteurs de risque d’introduction de la maladie dans l’élevage.

Le GDS52 a mis en place une cellule d’épidémio-surveillance : il a recruté parmi ses adhérents 250 élevages sentinelles à travers le département, au sein desquels sont réalisées des analyses de routine : analyse lait de mélange en mars, juillet et novembre et sérologie sur des échantillons d’animaux à l’engraissement âgés de 24 à 48 mois.

Le Docteur Vin, présent à la réunion de secteur de Saint Thiébaut, ajoute qu’il est fortement conseillé lors de la visite d’élevage du vétérinaire consécutive à une introduction et obligatoire pour la détection de l’IBR, de profiter de l’analyse sérologique pour faire une détection du BVD.

D’autre part, on constate que 42 % des veaux IPI naissent de primipares. Faiblement immunisées, les génisses de renouvellement sont donc une cible prioritaire à la vaccination, avant la mise à l’herbe.

La détection précoce des animaux IPI peut se faire lors d’une PCR dans le cas de vêlages groupés. Elle revient à 5 euros par analyse. L’éleveur peut aussi prélever lui-même un morceau de cartilage auriculaire grâce à une boucle spécifique dans les jours qui suivent la naissance. Ces protocoles visent tous deux à enrayer la circulation du virus.

Un nouvel outil pour rendre l’éleveur acteur de l’éradication

Le prélèvement de cartilage auriculaire est un moyen d’action qui sera proposé aux éleveurs haut-marnais en 2013. Il s’agit d’une démarche volontaire proposée à l’éleveur afin de détecter précocement la présence de veaux IPI. Elle donne lieu à une convention de partenariat avec l’EDE pour la commande de cette boucle spécifique.

Composé d’une boucle, d’un poinçon et d’un tube de prélèvement, le dispositif est identifié avec le numéro EDE de l’animal. Le tube contenant le prélèvement est envoyé à un laboratoire d’analyse via une enveloppe T.

Le coût de l’analyse est compris entre 5 et 12 euros et le coût de la boucle s’élèvera à 2,35 euros, soit 7,35 euros minimum pour cette analyse précoce, qui peut constituer une alternative à un protocole de vaccination. La CRSSA aidera les premiers éleveurs qui se lanceront dans cette démarche.

Cette boucle peut constituer un atout commercial lors de la mise en marché. Alotis propose une prime de 7 à 10 euros, sachant qu’un IPI aloté représente un danger important pour les négociants.

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