L'Avenir Agricole et Rural 04 février 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SANITAIRE : PLAN DE LUTTE CONTRE LA BVD

Le GDS termine actuellement ses réunions cantonales. L’association y présente son bilan technique de l’année écoulée et explique le plan d’éradication de la BVD qu’elle veut mettre en place dans le Grand Est.

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De nouvelles boucles qui prélèvent un bout de cartilage afin de dépister précocément la BVD.
De nouvelles boucles qui prélèvent un bout de cartilage afin de dépister précocément la BVD. - © T MORILLON

Le GDS est l’un service qui a la particularité de s’occuper de tous les éleveurs puisqu’il gère la prophylaxie (brucellose, IBR). «Notre but est d’être sur le terrain. En cas de soucis l’adhérent ne doit pas hésiter à nous appeler car il faut entre 12 et 15 mois pour éradiquer la BVD et entre 5 et 10 ans pour la paratuberculose. Notre déplacement est compris dans la cotisation» explique Denis Daillet, directeur du GDS.

L’association compte 941 adhérents, représentant 78 % des élevages de bovins du département. Avec 160 690 bovins adhérents, 80 % du cheptel haut-marnais fait partie de l’association. La cotisation 2016 reste inchangée, elle s’établit à 2,20 /bovin.

En 2015, 194 502 ont été répartis entre les éleveurs haut-marnais qui ont reçu une aide financière allant de 2 à 11 000 . Ce financement est assuré par le Conseil Général à hauteur de 90 000 (une enveloppe reconduite en 2016), le restant provient des cotisations. A noter que 55 % des adhérents utilisent la caisse coup dur.

 

IBR omniprésente

La maladie est toujours dans notre département, sur les 1 111 cheptels contrôlés en 2014-2015, 6 % étaient positifs, ce qui représente 75 troupeaux, dont 45 avaient moins de 5 bovins vaccinés. Lors de la dernière campagne, le recensement a fait apparaître la vaccination de 3 176 bovins. Le cahier des charges pour l’IBR devrait évoluer au cours du mois de février : «tous les bovins qui circulent à destination d’autres élevages devront être obligatoirement indemnes d’IBR avec mention sur l’Attestation Sanitaire à Délivrance Anticipée». Les bovins destinés à l’abattoir ne sont pas concernés, ceux reconnus positifs auront une ASDA de couleur différente et ne pourront plus aller dans un élevage à carte verte.

 

Paratuberculose et BVD encore là

La paratuberculose est toujours présente en Haute-Marne, comme l’indiquent les 457 résultats positifs (prophylaxie et introduction confondues) lors de la dernière campagne, ce qui représente 5,3 % de bovins. «Une vache peut être négative, mais être positive plus tard et inversement» explique Denis Daillet, «un animal ayant un coup de stress peut fausser un résultat». Pour faire face à la maladie, 67 plans ont été ouverts, dont 5 mis en place sur la dernière campagne.

Concernant la BVD, sur 444 cheptels dépistés en 2013/2014, 51 bovins IPI ont été détectés, et 18 913 sont des bêtes indemnes. En comparaison, en 2014/2015, on a dépisté 526 troupeaux avec détection de 109 bovins IPI, les animaux indemnes sont au nombre de 24 502. 36 plans BVD ont été ouverts, dont 23 mis en place sur la dernière campagne. «D’une manière générale, les bovins IPI meurent avant l’âge adulte, mais ce n’est pas le cas tout le temps» prévient le directeur du GDS, effectivement 10 bovins ayant plus de 18 mois ont été reconnus IPI.

Il faut mettre en place des mesures de biosécurité pour éviter toute contamination de la maladie : mettre en place un pédiluve, désinfecter le matériel et la bétaillère. Il est également conseillé d’utiliser un box d’isolement le temps de recevoir les résultats des analyses. D’autre part, il faut être attentif au moment des naissances car c’est un moment crucial pour détecter la BVD.

 

Plan d’éradication régional

Le GDS Grand Est a décidé de mettre en place un programme d’éradication de la BVD, avec l’objectif d’éliminer la maladie en 2021. Des boucles «préleveuses» sont en cours d’agrément. Elles permettent un dépistage précoce en prélevant un bout de cartilage de l’oreille, les éleveurs peuvent en demander à partir de fin juin auprès de l’EDE. Le GDS Grand Est va déposer une demande pour que la biopsie auriculaire soit obligatoire en 2017. Ce dispositif serait appliqué dans le Grand Est, mais la Picardie et la Normandie pourrait prochainement rejoindre le mouvement. En Haute-Marne, un dépistage de BVD sur 10 000 veaux est prévu. Certains départements ont déjà commencé à tester ces nouvelles boucles.

La BVD a un coût, en élevage laitier, la perte est estimée entre 11 et 19 /1000 l selon le degré d’infection. Dans le domaine allaitant, l’impact économique est approximativement de 58 par vache. Le prix d’une boucle est inférieur à 10 car une petite partie est remboursée, de plus, l’éleveur bénéficie d’une indemnisation en cas de bovin IPI. Il est donc avantageux de faire la demande cette année car l’aide sera certainement différente en 2017. Cette méthode permet à tous les éleveurs de dépister leurs veaux dès la naissance et les boucles servent en même temps à l’identification, il n’y a donc pas de contention supplémentaire. Le prélèvement est simple à réaliser et laisse une trace visuelle, ce qui rassure les acheteurs. Tout animal circulant et portant une boucle sera donc obligatoirement non IPI. En revanche, il faut rapidement envoyer l’échantillon de cartilage après le prélèvement et tout animal positif doit être recontrôlé par prise de sang au minimum 4 à 5 semaines après l’échantillonnage.

Pour la mise en place, le GDS doit être contacté par l’éleveur, ce dernier signe ensuite un engagement avec le vétérinaire, puis le GDS commande les boucles auprès de l’EDE. L’éleveur les reçoit, les pose et envoie les prélèvements au laboratoire départemental qui renverra les résultats à l’exploitant et au GDS. En cas de résultat positif, l’éleveur, le GDS et le vétérinaire se réunissent et mettent en place un accompagnement technique et financier.

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