L'Avenir Agricole et Rural 30 avril 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SANITAIRE : MISE À L'HERBE, COMMENT PREPARER LES BOVINS A LUTTER CONTRE LES PARASITOSES

Pour limiter les risques parasitaires liés à la période de pâturage, mieux vaut s’y prendre avant la mise à l’herbe. La prévention est de loin le moyen le plus efficace et le plus rentable pour l’éleveur. Les animaux retirés des pâtures avant l’hiver ont laissé des larves infestantes de strongles appelées trans-hivernales. Les plus résistantes auront survécu au passage de l’hiver et sont en mesure d’assurer le redémarrage de l’infestation au printemps.

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Aider les animaux à se défendre

Cessons de considérer le parasite comme un ennemi qu’il faut éliminer absolument :

• D’une part, parce que dans bien des situations, cette élimination est impossible,

• D’autre part, parce qu’il est bien plus raisonnable d’envisager une gestion de l’infestation qui aura peu d’effet sur les performances des animaux qu’une suppression coûteuse et pas toujours garantie.

Bien entendu, tout dépend du parasite auquel on a affaire. L’exemple du varron nous a prouvé qu’il était possible d’éliminer une parasitose. A l’opposé, prétendre éliminer les strongyloses ou les coccidioses est aujourd’hui illusoire. Nous envisagerons plutôt de limiter l’impact négatif de la parasitose.

Gérer l’infestation, c’est faire en sorte que la parasitose impacte peu ou pas la croissance ou la production de l’animal.

 

La prévention chez les bovins de première année...

Cette catégorie dépourvue de défenses immunitaires doit être particulièrement surveillée pour les raisons suivantes :

•Il se défend peu ou difficilement et risque d’atteindre rapidement des niveaux d’infestation critiques,

• C’est un gros multiplicateur de parasites qui contribue à augmenter la charge parasitaire de la pâture.

Pour éviter ces écueils, une bonne prévention dès la mise à l’herbe est nécessaire :

• Veiller à ce que le chargement ne soit pas trop important. Pas moins de 45 ares/UGB pour des animaux de 6 mois et plus.

• Dans la mesure du possible, préférer le pâturage tournant au pâturage libre,

• Assurer un transit digestif ralenti par l’apport complémentaire de fourrages grossiers riches en cellulose (surveiller l’état des bouses) afin que les nutriments soient absorbés au mieux,

• Assurer un abreuvement correct sans oublier d’apporter du sel,

• Au besoin, compenser les déficiences minérales et vitaminiques.

Une prévention de type médical peut venir en appui de ces préconisations :

• Ceci peut être obtenu par la mise en place d’un dispositif à effet prolongé (type bolus ou moxydectine en mode longue action) à la mise à l’herbe ou après un mois de pâturage.

• La gestion des parasitoses telles que la grande douve ou le paramphistome nécessite de prendre en considération le risque lié aux parcelles pâturées. En l’absence d’une bonne connaissance du terrain, la lutte contre ces parasites reste approximative.

• Les ecto-parasites nécessitent un suivi permanent car les traitements préventifs ont une rémanence limitée et conditionnée par la météo. Ces parasites présentent surtout des risques en tant que vecteurs de maladies (FCO, Schmallenberg, babésiose, anaplasmose, erhlichiose...).

• Les coccidioses peuvent elles aussi sévir au pâturage, notamment en cas de surpâturage et au niveau des emplacements de dépôts de fumier contaminé par des bovins infestés.

 

La prévention en deuxième année...

Ces animaux ont besoin de compléter une immunité déjà mise en place.

En général, seulement un traitement rémanent à titre préventif pourra être envisagé si des facteurs de risque l’imposent (chargement, erreurs de conduite l’année précédente, problèmes les années passées...).

La prévention chez les adultes...

Les adultes ne nécessitent pas de traitements préventifs contre les strongyloses digestives lorsque la conduite d’élevage leur a permis d’acquérir et d’entretenir un bon niveau d’immunité. Cependant, certaines pratiques de déparasitage peuvent conduire à une dégradation de cette immunité. Pour le cas de la strongylose respiratoire, l’immunité n’est pas toujours acquise pour des adultes, il convient donc d’en surveiller l’apparition pendant la période de pâturage et de faire confirmer par une analyse car les symptômes (toux) ne suffisent pas.

 

En conclusion...

La gestion du parasitisme se base sur des fondements scientifiques, ce qui en fait un outil à adapter à chaque élevage et à chaque éleveur. D’où la nécessité d’ajuster les protocoles avec l’aide d’un expert (vétérinaire, conseiller spécialisé…).

 

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