L'Avenir Agricole et Rural 25 septembre 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

SANITAIRE : LUTTER CONTRE LA BVD PAR LE BIAIS DE LA PREVENTION

Mise en place d’une action collective pour éliminer la présence d’IPI dans nos cheptels

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En effet, depuis plusieurs années, différents pays Européens (Norvège, Suède, Danemark, Finlande, Autriche) ont déjà mis en œuvre un programme d’éradication et ils ont réussi collectivement. La Suisse est en phase terminale de guérison, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et l’Irlande sont en phase de démarrage ou de réflexion pour mettre en œuvre leur programme collectif.

Aucun pays ayant engagé une lutte collective contre la BVD n’a failli jusqu’à présent et le délai avant retour sur investissement est raisonnable (six à dix ans en fonction des pays). Ce que d’autres pays, qui sont aussi pour certains des concurrents directs, ont réussi ou vont réussir, n’en sommes nous pas aussi capables ? Pour ce faire, il faut agir maintenant et collectivement…. c’est la nouvelle étape que nous vous proposons.

 

LE CONTRÔLE DE LA CIRCULATION VIRALE :

deux méthodes pour atteindre l’objectif de départ.

Plusieurs actions ont été successivement mises en place vis-à-vis de la BVD. Chacune d’elles est utile, que ce soit la vaccination où la boucle auriculaire. Les éleveurs, en fonction d’un certain nombre de critères, ont le choix. Il ne faut pas opposer ces deux méthodes, leur approche est différente mais l’objectif est bien de prévenir et contrôler la circulation virale dans les élevages.

• La vaccination des femelles gestantes contre la BVD existe depuis plusieurs années et elle a déjà démontré son efficacité. La meilleure élimination des IPI est d’éviter de les créer par une contamination pendant la gestation.

• La boucle auriculaire, pour dépister précocement la présence d’IPI dans le cheptel, est beaucoup plus récente, certains pays Européens l’ont utilisé où vont l’utiliser prochainement pour mettre en œuvre leur programme collectif.

Aujourd’hui, fort des premiers retours favorables de l’expérimentation nationale conduite en 2011, les GDS de la zone Eurosanitaire, la région la Champagne Ardenne et le GDS de haute Marne vous propose de franchir une nouvelle étape pour le dépistage précoce des veaux dès la naissance.

 

La BVD : un facteur de risque important

La présence d’un IPI ou le contact avec celui-ci constitue le risque principal, mais la circulation virale peut également se faire par l’intermédiaire de bovins virémique transitoire (porteurs sains). Le virus peut rentrer dans l’élevage par plusieurs portes tels que :

• L’introduction d’un animal

• Le pâturage

• Un concours

• Le matériel en commun non désinfecté

• Un intervenant extérieur


Le virus BVD peut se faire par l’intermédiaire de bovins porteurs sains, il peut rentrer par plusieurs portes dont le pâturage.
Le virus BVD peut se faire par l’intermédiaire de bovins porteurs sains, il peut rentrer par plusieurs portes dont le pâturage. - © E DURAND "REUSSIR"

En Haute Marne : le programme collectif volontaire est proposé aux éleveurs

Le GDS de Haute Marne, pour aider les adhérents, a mis en place un programme de prévention et d’assainissement.

• La prévention consiste à réaliser de la surveillance par le biais du dépistage sentinelle sur les cheptels laitiers (3 analyses par an) et allaitants (lors de la prophylaxie sur deux classes d’âge)

• La prévention consiste également à détecter précocement les IPI par le biais de la boucle auriculaire. Elle est disponible actuellement, tous les éleveurs peuvent en bénéficier.

• Le plan de lutte permet de contrôler et d’assainir en mettant en évidence la présence d’IPI en vue de les éliminer, de vérifier que le virus ne circule plus et de mettre en place des mesures préventives. Pour cela un accompagnement technique et financier est prévu dans le cadre des plans.

Lutter collectivement pour se protéger : la boucle auriculaire préleveuse de cartilage, système simple et efficace

Actuellement une soixantaine d’éleveurs ont signé un engagement avec le GDS et leur vétérinaire afin de mettre en œuvre ce dépistage précoce. Il n’est pas trop tard pour les rejoindre, plus vous serez nombreux plus la lutte collective sera efficace.

 

le bouclage auriculaire : action volontaire actuellement

Cette action est proposée à tous les éleveurs du département afin de dépister précocement les veaux IPI qui naissent dans les élevages. La boucle préleveuse de cartilage est posée à côté de la boucle d’identification. L’échantillon de cartilage est ensuite envoyé au laboratoire afin de déterminer si le veau est IPI ou non IPI. Après résultat, le veau non IPI pourra être commercialisé, le veau IPI devra être abattu rapidement pour éviter tout risque de contaminations.

Avantages :

• Cette méthode permet à tous les éleveurs volontaires engagés de dépister leurs veaux dès la naissance, quel que soit le système.

• Elle se pose en même temps que les boucles officielles d’identification, donc pas de contention supplémentaire.

• Le prélèvement est simple à réaliser

• Le prélèvement est envoyé au LDA du département

• L’analyse est rapide et fiable

• Les résultats vous sont envoyés par le LDA le plus rapidement possible.

• La boucle laisse une trace visuelle ce qui rassure les acheteurs. Tout animal circulant et portant une boucle sera obligatoirement non IPI.

• Certains négociants valorisent cette action

Inconvénients :

• Il faut envoyer l’échantillon de cartilage rapidement après prélèvement.

• Il faut faire attention à la correspondance entre le numéro de la boucle blanche et le numéro IPG du veau bouclé afin d’assurer la traçabilité de l’attestation « bovin non IPI ».

• Tout animal positif ne doit pas être commercialisé et recontrôlé par prise de sang au minimum 4 à 5 semaines après le prélèvement de cartilage.

• L’éleveur doit imposer une troisième boucle au veau.

 

 

Pratiquement

Ce dispositif s’articule de la façon suivante :

• L’éleveur contacte son GDS

• L’éleveur et le vétérinaire signent un engagement

• Le GDS commande les boucles auprès de l’EDE

• L’éleveur reçoit les boucles chez lui (les boucles comportent le même numéro que les boucles d’identification)

• L’éleveur pose les boucles (avec l’aide du GDS éventuellement) et envoie les prélèvements au LDA

• Le LDA envoie les résultats aux éleveurs et au GDS

• Lorsqu’un résultat est positif, l’éleveur, le vétérinaire et le GDS se réunissent pour mettre en place un accompagnement technique et financier.


- © Stéphane LEITENBERGER "REUSSIR"

Du dépistage à l’appellation BVD « bovin non IPI » :

une nouvelle étape

Depuis quelques années, la FNGDS et les GDS départementaux ont mis en place un code des échanges afin de garantir le statut « Non IPI » (Infecté Permanent Immunotolérant) de bovins à l’égard du virus de la BVD. Ce référentiel permet de valoriser le statut du bovin lors de transactions commerciales, tant pour la vente de reproducteurs que celle de veaux ou de broutards, mais aussi pour la participation à des rassemblements (concours, foires….)

Les professionnels de l’élevage ont décidé d’aller plus loin dans la démarche et de proposer à tous les éleveurs une certification de leurs bovins sous la forme d’une mention additionnelle « bovin Non IPI » sur les ASDA (cartes vertes). L’ACERSA (association pour la certification en santé animale) vient de rédiger un cahier des charges national en la matière.

 

 

 

Pour 2015 : Un engagement collectif en simplifiant la démarche

• la boucle préleveuse sera intégrée sur la boucle d’identification donc plus pratique et moins onéreuse.

• La région Champagne Ardenne, comme les autres départements limitrophes souhaitent rendre obligatoire le prélèvement auriculaire afin de rendre l’action collective et lutter efficacement contre la BVD.



Valorisation financière du dispositif

Le GDS aide financièrement les éleveurs volontaires adhérents pour la mise en place du dispositif (remboursement d’une partie de l’analyse).

Certains négociants valorisent le prix d’achat du veau ou du broutard de 7 à 10 euros.


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