L'Avenir Agricole et Rural 22 décembre 2011 à 12h11 | Par E. DAUPHIN

Sanitaire - Inciter plutôt que contraindre

Le GDS achève son tour de Haute-Marne après un marathon de douze réunions techniques et sept assemblées de section. Des rencontres destinées à informer, écouter et mobiliser les éleveurs autour de la santé de leur troupeau.

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Paratuberculose, IBR ou encore BVD sont des affections virales toujours présentes sur notre territoire. Si certaines de ces maladies, comme l’IBR, sont réglementées, rien n’oblige en revanche les éleveurs à se débarrasser des animaux suspects. Le GDS, association d’éleveurs, intensifie sa présence sur le terrain et attire l’attention des pouvoirs publics sur la nécessité d’assainir le cheptel haut-marnais. Un enjeu à la fois économique et sanitaire, qui mérite l’adhésion de tous.

Activité du GDS

Chiffres clé

Le GDS compte 940 adhérents, soit 69% des élevages de bovins haut-marnais, ce qui représente 149 000 bovins soit 71% du cheptel haut-marnais. Les cantons de Clefmont et Bourbonne les Bains sont une fois de plus lanterne rouge avec seulement 47% de cheptels adhérents et 42% de bovins concernés.

Les grands élevages, en particulier dans le Bassigny, restent donc une cible prioritaire pour le GDS.

La structure emploie huit personnes, soit 6,7 ETP. La journée de travail est estimée à 350 euros/jour. Les frais de fonctionnement ont augmenté de 55 210 euros en 2011/2012 par rapport à l’année précédente, dus à l’investissement dans de nouveaux véhicules, la contribution au développement du logiciel Fourmi et l’évolution de la masse salariale.

En 2011, 177 145 euros ont été versés aux éleveurs haut-marnais via le GDS afin d’accomplir une mission de service public sur les maladies réglementée, (brucellose, leucose, tuberculose et certification en varron et en IBR) et sur les maladies non réglementées, mais néanmoins préjudiciables sur le plan économique (BVD, paratuberculose). Cette somme est composée de la participation du GDS sur ses fonds propres (77 145 euros) et de la dotation du Conseil Général de 100 000 euros. Cette dernière pourrait malheureusement être remise en cause dans les deux ans à venir, suite à la réforme territoriale.

Usage des fonds dispensés par

le GDS 52

Le conseil d’administration a décidé de déplafonner les analyses spécifiques, qui étaient indemnisées jusqu’à présent à hauteur de 50 euros maximum, afin de favoriser la recherche épidémiologique en cas de surmortalité. Toutefois, l’éleveur devra opter pour l’option A de sa cotisation.

Le GDS gère la caisse Coup Dur au niveau départemental, qui collecte 39 cts/bovin (option A) et redistribue environ 40 000 euros par an aux éleveurs victimes de mortalité liée au BVD, à la paratuberculose ou à tout autre aléas sanitaire dont l’éleveur n’est pas responsable, hors accidents. La liste évolutive des affections prises en charge figure au règlement de la CCD. Cette aide, attribuées par une commission d’attribution composée d’élus du GDS et d’un vétérinaire, ont une amplitude de 400 à 6200 euros, selon les cas. Afin de minimiser l’impact des opportunistes, une progression relative à l’adhésion a été mise en place. La première année d’adhésion à cette caisse, l’éleveur sera indemnisé à 30% du préjudice, 60% la deuxième année et 85% la troisième année.

Carton vert pour l’introduction

Depuis l’année dernière, le GDS encourage ses adhérents à réaliser un maximum de contrôles dans les dix jours suivant l’introduction. Sur les 15 000 introductions réalisées en 2011, seul 500 kits à l’introduction ont fait l’objet d’un financement. Les  kits à l’introduction  proposés depuis l’année dernière permettent de grouper les analyses sérologiques. Ils comprennent l’IBR (obligatoire), la paratuberculose et/ou le BVD. Denis Daillet conseille, dans la mesure du possible, d’isoler les animaux introduits dans l’élevage jusqu’à réception des résultats, par principe de précaution.


Tarification 2012

Le tarif d’adhésion de base au GDS est fixé à 2,07 euros/bovin, soit une augmentation de 4 cts par rapport à l’année dernière. Cette augmentation de 2% ne s’appliquera pas aux « bons payeurs » qui règleront leur cotisation avant le 20 février 2012. En plus de la cotisation, une contribution aux caisses de solidarité de 22 cts/bovin est collectée, dont 10 cts sera pris en charge par le GDS.

Le forfait de 260 euros par élevage pour les non-adhérents, destiné à couvrir les missions de service public assurées par le GDS a été remis en cause par les professionnels. Cette année, la cotisation des non-adhérents sera donc basée sur le nombre de bovins et s’élèvera à 1,30 Ä/bovin. Le comité directeur estime à 1,38 ETP le temps de travail dévolu aux non-adhérents, soit 79 637 euros, subvention déduite. Il comprend la gestion des introductions, l’édition des ASDA et la prophylaxie obligatoire, la gestion du varron et de l’IBR ainsi que le travail administratif.

Les caisses de solidarité

Le GDS collecte les fonds de mutualisation et procède à leur reversement intégral : 4 cts/bovin pour la Caisse de Solidarité Santé Animale (CSSA) au niveau national, 8 cts pour la CRSSA au niveau régional et 10 cts/bovin pour le Fonds de Mutualisation Sanitaire (FMS) au niveau européen.

Le FMS est l’ancien fonds dédié à la Fièvre Aphteuse, dont l’essentiel des fonds avait été levé dans les années 90. Ce fonds, créé en 2010 à l’initiative des GDS de France, a pour but de venir en aide aux éleveurs touchés lors d’épizooties. Les adhérents du GDS y adhèrent automatiquement. Sa vocation s’est étendue à quatorze maladies afin d’en accroître la flexibilité et de bénéficier d’aides publiques. Les nouveaux adhérents, appelés « franchisés », qui n’ont pas abondé le fonds dans ses début toucheront, en cas de pandémie les subventions de l’Etat, moins un euro qui sera renvoyé au FMS. Amaury Raclot, Président du GDS, précise que l’Union Européenne co-finance la moitié de ce fonds ; un euro/bovin collecté génère un euro de subventions.

La cotisation aux Caisses de Solidarité Santé Animale, CSSA et CRSSA, est couplée à l’adhésion au GDS. Elles permettent d’intervenir sur les maladies non règlementées.


Le virus de la BVD (Bovine Virale Diarrhea = Diarrhée Virale Bovine) est une cause fréquente de maladies d’élevage, soit directement, soit indirectement en favorisant le développement d’autres problèmes sanitaires. Il peut donc conduire à l’utilisation importante de médicaments.

GÉNÉRATION IPI

Une vache gestante transmet le virus à son fœtus. Les conséquences sont différentes suivant l’époque de la gestation à laquelle on se trouve. La contamination du fœtus entre 40 et 120 jours de gestation environ provoque un phénomène original : A cet âge le fœtus n’est pas encore suffisamment formé pour savoir distinguer le virus de son propre corps. Or, le fait de savoir faire cette différence est la condition sine qua non pour pouvoir s’immuniser. Le fœtus qui n’en est pas capable ne peut pas développer ses propres défenses et se débarraser du virus. Si il survit, il en reste porteur et contagieux à vie. Il est devenu ce qu’on appelle un infecté permanent immunotolérant ou I.P.I. Cependant, tous les fœtus dont la mère est infecté par le BVD durant la gestation ne deviennent pas des IPI. Si la contamination a lieu durant la deuxième moitié de gestation, le produit lorsqu’il est viable a acquis des défenses contre le BVD.

Les infectés temporaires

Le « virémique transitoire » ou infecté temporaire, est un bovin normal qui rencontre le virus BVD pour la première fois. La multiplication du virus dans son organisme diminue temporairement ses défenses immunitaires, ce qui favorise des infections secondaires (diarrhées des jeunes, maladies respiratoires …). S’il s’agit d’une vache pleine, elle peut perdre son veau (infécondité, avortement) ou donner un veau IPI (voir ci-dessus). Cependant, au bout de 2 semaines environ, l’organisme reprend le dessus. Le bovin s’immunise, se débarrasse du virus et cesse d’être contagieux. Il restera solidement immunisé, probablement à vie. Pendant les deux semaines où il est contagieux, un bovin infecté temporaire répand moins de virus autour de lui qu’un IPI.

Détecter la présence de BVD

On distingue les techniques qui permettent de mettre en évidence :

- les anticorps : on parle alors de sérologie (aussi bien sur une prise de sang que sur le lait) ;

- le virus ou certains de ces constituants : il s’agit alors de virologie (antigénémie ou PCR) sur le sang, des organes ou du cartilage auriculaire.

Grâce à la protection croisée, les vaccins actuels sont efficaces contre les différentes souches de virus BVD qui circulent en France. Ils évitent les problèmes cliniques dus à la maladie et limitent la circulation virale. Certains protègent à au moins 90% contre la production de veaux IPI.

La protection vaccinale est moins durable que celle qui fait suite à un contact avec le virus. Elle nécessite des rappels réguliers, conformes aux préconisations des laboratoires producteurs.

La vaccination ne doit pas dispenser de mettre en œuvre d’autres mesures de protection des élevages, en particulier la détection précoce et l’élimination des IPI, véritables « bombes à virus »

L’action conjointe des GDS

En Haute-Marne, Thierry Divay, technicien conseil au GDS, a ouvert vingt plans, dont onze sont fermés. Un contrat est signé avec le GDS, l’éleveur et le vétérinaire afin de mettre en oeuvre un accompagnement technique et financier.

Les GDS de la zone « eurosanitaire », regroupant 17 départements du Grand Est, ainsi que les GDS de la région Champagne Ardenne ont décidé de faire un axe du BVD stratégique au niveau régional.

Cette affection sera à l’ordre du jour de l’assemblée générale du GDS, qui aura lieu à Choignes le 17 février prochain. Un intervenant viendra présenter la méthode qui a permis d’éradiquer la maladie à l’étranger, notamment en Suisse, et présentera l’approche adoptée dans le Doubs.

En finir avec l’IBR

La rhinotrachéite infectieuse bovine fait partie depuis 2006 des maladies réglementées, bien que n’étant pas transmissible à l’homme. Cette affection d’origine virale est difficile à éradiquer car l’animal est porteur à vie. Il s’agit d’une forme d’herpès enkysté qui excrète ponctuellement à l’occasion d’un stress de l’animal.

Si la sérologie à l’introduction ainsi que le dépistage annuel, le prélèvement au tank et la vaccination sont obligatoires, rien n’oblige l’éleveur à éliminer les animaux porteurs du virus.

10% du cheptel haut-marnais est actuellement placé sous arrêté ministériel, soit 3651 bovins laitiers et allaitant. La mission de Cécile Tureau, embauchée depuis le mois d’octobre par le GDS, sera d’aller à la rencontre des éleveurs concernés, adhérents et non adhérents, suite aux résultats d’analyses, afin de les sensibiliser au risque de conserver des animaux à risque dans le troupeau.

En terme de qualification, 900 élevages haut-marnais sur 1300 sont entrés dans la démarche de qualification. 800 d’entre eux sont classés en catégorie A.

Cette action mobilise 36% des aides versées par le GDS, une part considérable qui pourrait être affectée à d’autres maladies en recrudescence, telles que la paratuberculose.


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