L'Avenir Agricole et Rural 23 février 2012 à 11h23 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Sanitaire - BVD : une pathologie coûteuse

Le GDS qui continue d’améliorer son taux d’adhésion, renforce sa présence sur le terrain pour aider les éleveurs à régler leurs problèmes sanitaires et à améliorer de ce fait leurs performances d’élevage. Un effort particulier sera porté sur la lutte contre la BVD.

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Le Directeur du GDS du Doubs présente le plan de lutte contre la BVD mis en place dans son département
Le Directeur du GDS du Doubs présente le plan de lutte contre la BVD mis en place dans son département - © J.L. BLONDEL

Côté financier, la situation du GDS est plutôt saine. Le résultat ressort à 5 309Ä pour un chiffre d’affaires de 575 653Ä dont 302 374Ä de cotisations versées par les éleveurs.

70 % de taux d’adhésion

D’un canton à l’autre, le taux d’adhésion varie de 47 % (Clefmont) à 100 % (St Dizier). Il s’améliore d’année en année mais il est encore loin de la moyenne nationale qui est de 93 % et de 95 % pour les autres départements de Champagne Ardenne. Le GDS entend convaincre les éleveurs du bien fondé de l’adhésion et rappelle qu’il est aussi investi d’une mission de service public qui fait l’objet d’un appel de cotisation auprès des non adhérents. Cette cotisation, qui était jusque-là en grande partie forfaitaire, a été reconsidérée. elle s’élève cette année à 1,30 Ä/bovin soit un écart de 0,73 Ä avec la cotisation de base du GDS. Si on ajoute les frais de gestion IBR (150e + 1,70 Ä/bovins), la certification varron (150e), les visites de techniciens et les aides complémentaires ainsi que l’accès aux caisses « coup durs », il est probablement aujourd’hui financièrement plus intéressant d’adhérer au GDS. Mais l’argument des responsables du groupement ne se repose pas sur ce seul aspect financier à court terme, il est aussi étayé par un accompagnement technique. A ce titre, le GDS a recruté  une nouvelle technicienne dont la mission sera plus particulièrement dédiée aux pathologies de la BVD(*) et de l’IBR. Le GDS souhaite aussi améliorer la qualification IBR afin d’aller au-delà des 70 % qui correspondent au taux d’adhésion actuel.

IBR : aller au-delà de 70 %

Comme chaque année le GDS a présenté un état de la prophylaxie IBR. 60 % des élevages sont engagés dans des démarches de certification, il reste donc 10 %  d’adhérents susceptibles d’y entrer. Là encore, les pourcentages sont variables d’un canton à l’autre avec 0 % de cheptel positif sur St Dizier et 20 % sur Bourbonne (cf carte). La circulation virale est souvent liée à l’introduction d’animaux ou au voisinage. L’assemblée a demandé que la liste des élevages positifs soit à nouveau publiée mais cela pose un problème de confidentialité. Les années précédentes, les élevages indemnes faisaient l’objet d’une publication et cette situation, bien que  toujours temporaire, permet de mesurer l’état sanitaire d’un secteur. Les responsables du GDS étudieront la possibilité de réinstaurer cette pratique. L’idéal serait évidemment d’être dans la situation du Doubs qui a pratiquement éradiqué l’IBR, ce qui constitue un atout commercial non négligeable selon le Directeur du GDS 25 qui est aussi intervenu pour présenter son plan de lutte contre la BVD.


BVD : mise en place de plans de lutte

La BVD fait partie des maladies non réglementées mais son impact économique sur l’élevage peut être proche de celui d’une mammite. Des études conduites dans différents pays font état d’un coût de l’ordre de 50 à 70e/animal dans les élevages infectés. Le Directeur du GDS du Doubs a expliqué que son département avait pris la décision de se lancer dans un dépistage systématique. Thierry DIVAY a présenté le résultat d’une enquête à laquelle plus de 260 éleveurs ont répondu. Il en ressort quelques situations à risques sur lesquelles le groupement entend concentrer son action. Actuellement environ 200 plans BVD ont déjà été engagés.

Comme pour toutes maladies contagieuses, le contrôle de la circulation virale est essentiel. Le GDS 52 aurait  aimé entreprendre, dans un premier temps, un plan de dépistage systématique des cheptels mais faute de moyens financiers suffisants, celui-ci se limitera à un échantillon de 260 cheptels  choisis parmi les éleveurs ayant répondu à l’enquête évoquée ci-dessus.  Autre mesure qu’aimerait réaliser en parallèle le GDS : le contrôle à l’introduction. Celui-ci est déjà obligatoire au regard de l’IBR par arrêté interministériel, il pourrait l’être aussi pour le BVD, comme le pratique actuellement le département du Doubs. La vaccination est un choix de lutte plutôt individuel. Elle ne permet pas de limiter la circulation virale. Il faut pour cela  éliminer les animaux Infectés Permanents Immunotolérant (IPI) qui constituent les principaux réservoirs du virus.

Le plan de dépistage consistera en :

- une recherche d’anticorps sur le lait de tank

- une analyse de sang récoltée lors des campagnes de prophylaxie sur le cheptel allaitant pour les classes d’âge 24-36 et 36-48. Les tests sur le lait auront lieu en mars, juillet et octobre.

Dans le Doubs, d’ores et déjà le lait de tank et toutes les introductions font l’objet d’un dépistage. En 2012, une certification BVD sera matérialisée par une boucle auriculaire. Là encore les responsables francs-comtois espèrent un retour sur investissement par une meilleure performance globale des troupeaux et une valorisation à la vente des animaux de reproduction.

SCHMALLENBERG : 14 cas en Haute-Marne

Le Docteur Martine LECHEVALLIER, de la DDCSPP (ex DSV) a présenté un état de la prophylaxie réglementée en 2010. Pour la brucellose il  n’y a plus de foyer en Haute-Marne, ni en France. Quelquefois des résultats apparaissent positifs mais il s’agissait toujours d’anomalies non confirmées. Pour la leucose la situation est, elle aussi, assainie. La situation est en revanche très préoccupant pour la tuberculose qui s’approche de nos frontières. Jusque-là les cantons limitrophes de la Haute-Marne étaient épargnés mais un cas un foyer vient d’être détecté avec un abattage total sur le canton de SELONGEY. En Haute Marne 1 720 animaux ont été tuberculinés suite à des introductions provenant de zones d’élevage non indemne. Aucun cas positif n’a été détecté. La première tuberculination est gratuite mais les autres sont à la charge de l’éleveur, c’est pour cette raison qu’il vaut mieux savoir d’où viennent les animaux. L’Administration suit de très près ce dossier et a sensibilisé les chasseurs car la faune sauvage peut être un vecteur de contamination.

Martine LECHEVALLIER a évidemment fait état de la nouvelle  maladie de SCHMALLENBERG (SBV) pour laquelle il n’existe, pour le moment, aucune réglementation ni aucune certitude biologique si ce n’est, là encore, une transmission par l’intermédiaire d’un insecte. Les dégâts sur le cheptel ovin sont considérables. 14 virologies se sont avérées positives. Les Pouvoirs Publics ont demandé aux laboratoires d’étudier la mise en place d’un vaccin et d’analyses sérologiques qui permettraient de mieux connaître la circulation de la maladie.  Des mesures d’indemnisation sont envisagées.

La vaccination FCO a aussi fait débat ; les avis des éleveurs étant mitigés à ce sujet quant aux conséquences sur l’élevage. Le GDS préconise la vaccination en priorité sur les veaux et les génisses qui ne sont pas immunisés, en évitant la période d’un mois avant et mois après la reproduction.

Le Président du GDS, amory RACLOT a remercié le Conseil Général pour le maintien à la prophylaxie de 100 000Ä , une somme intégralement reversée  aux adhérents du GDS. Il a aussi évoqué l’organisation régionale, la fusion des FRGDS et la Fédération Régionale contre les Organismes Nuisibles de Champagne Ardenne (FREDONCA) et la mise en place d’un PSE (Programme Sanitaire d’Elevage) en partenariat avec le FRGTV (Fédération Régionale des Groupements Techniques Vétérinaires).


(1) BVD = bovine virale diarrhéa ou maladie des muqueuses

EN CHIFFRES


Collectes des déchets de soit 298 élevages engagés

Cette action menée en partenariat avec les vétérinaires permet la traçabilité des déchets

Container déchets de soins 1 litre : 6,5 Euros

30 litres : 22,10 Euros

 

Container de médicaments non utilisés 30 litres : 18 Euros

60 litres : 24 Euros


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