L'Avenir Agricole et Rural 18 février 2016 à 08h00 | Par T. Morillon

S’adapter selon ses pratiques culturales

L’Assemblée Générale de l’APVA a eu lieu le 4 février à la Chambre d’Agriculture. L’association a fait appel à Arvalis pour exposer les leviers disponibles pour que les exploitations de grandes cultures gagnent en compétitivité.

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L’APVA est fortement impliquée dans l’agro-écologie, 4 groupes Haut-Marnais ont déposé une demande de labellisation GIEE.
L’APVA est fortement impliquée dans l’agro-écologie, 4 groupes Haut-Marnais ont déposé une demande de labellisation GIEE. - © T.M.

Une dynamique environnementale

Mickael Masselot, président de l’APVA a fait le bilan de la dernière campagne. Il note des rendements corrects en cultures d’hiver, mais l’année fut plus difficile pour les cultures de printemps, surtout pour les maïs, victimes de la sécheresse. Il souligne également «une grande disparité entre nous et nos concurrents, que ce soit au niveau mondial, européen ou même national. Il faut retrouver du revenu dans nos exploitations. Nous devons revenir aux fondamentaux et retrouver le juste équilibre entre les produits et les charges»

L’APVA compte 510 adhérents en 2015, soit 10 de moins que l’année précédente. Ils représentent 30 % des déclarations PAC en Haute-Marne et 40 % de la SAU. Le Pôle Productions Végétales Agronomie est en pleine croissance, 3 nouveaux salariés ont été embauchés, à présent 24 agents y travaillent.

L’APVA est aussi fortement impliquée dans l’agro-écologie, elle accompagne des agriculteurs dans ce sens et s’investit dans des dossiers de labellisation GIEE (Groupements d’Intérêt Economique et Environnemental). Il s’agit de collectif d’agriculteurs qui s’engagent à modifier ou à consolider leurs pratiques en visant des objectifs économiques et environnementaux. En 2015, l’Agriculture Porteuse d’Avenir dans le Barrois (APAB) a été labellisée, un dossier porté par Antonio Pereira. L’APAB regroupe 10 exploitations. Les 21 agriculteurs évoluent vers des systèmes de production basés sur les principes de l’agriculture de conservation et combinant diversification et autonomie.

Elle fait partie des premiers GIEE créés en France, actuellement il y en a 2 en Champagne-Ardenne. En Haute-Marne, 4 groupes ont déposé une demande de reconnaissance, il s’agit de Agro-Eco-Précis, du GIEE de la Blaise, de Sol Union et de BATIT.

L’appel à projet concernant la reconquête de la qualité de l’eau à Roôcourt-la-Côte a été validé et des appels d’offres ont été remportés (animations MAEC et Natura 2000 en Bassigny). On notera aussi que plus de 900 agriculteurs sont pré-engagés en MAE en Haute-Marne. La sécheresse de l’année dernière a entraîné un travail commun entre les conseillers des services Productions Végétales et Productions Animales, un élément qui témoigne de l’implication des agents de la Chambre d’Agriculture. Ces derniers ont également travaillé sur les diagnostics d’identification des zones humides : 50 dossiers ont été réalisés en 2015.

Valoriser nos atouts

Benoît Pagès, du service agronomie, économie et environnement à Arvalis a exposé des leviers techniques pour gagner en compétitivité. Avec l’augmentation croissante de la population, la demande mondiale est forte : +50 Mt de viande et + 277 Mt de céréales à l’horizon 2020. «Cette création de demande devrait pouvoir soutenir les prix, mais ils restent fluctuants et certains pays comme les Etats-Unis s’y sont préparés depuis les années 70. De plus depuis 2007, on observe de très fortes disparités de revenus et il devient difficile d’estimer les prix» explique l’intervenant.

La France a des atouts, notre pays est au-dessus des autres en terme de rendement à l’hectare, avec une forte régularité. La filière grandes cultures est bien organisée, elle permet de gagner des marchés et la bonne structuration des éléments de transport fait que le coût moyen pour emmener la marchandise au port n’est que de 20 Euros/t en moyenne. C’est bien en-dessous de certains pays, par exemple, pour du maïs vendu 210 Euros en Egypte en 2011, un producteur argentin touchait 93 Euros/t, un ukrainien 185 Euros/t et un français 175 Euros/t.

Toutefois, il n’y a plus de gain de productivité en France depuis 1995. D’autre part, les coûts de mécanisation, de main d’œuvre et les intrants sont assez importants chez nous par rapport aux autres pays. C’est le faible prix du fermage qui nous permet de rester compétitifs au niveau international, il est d’ailleurs le principal facteur de hausse chez nos concurrents. Il y a également trop d’investissement à l’hectare en France : entre 1500 et 2000 Euros, là où les autres pays sont entre 150 et 1000 Euros.

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