L'Avenir Agricole et Rural 02 février 2012 à 10h27 | Par Estelle Dauphin

RUMINANTS - La menace venue de l’Est

Un nouveau virus vient d’éclater sur le bandeau Nord Est de la France, dont la Haute-Marne, avec 23 cas répertoriés à l’heure du bouclage de cette édition. La Russie a d’ores et déjà stoppé ses importations de ruminants en provenance des pays concernés.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Orthobunyaviridé », baptisé plus communément Schmallenberg du nom de la ville allemande de Nord Rhein Westphalie dans laquelle a été détecté le premier cas en novembre dernier, fait une apparition fracassante dans notre région. Six départements sont touchés (52, 54, 57, 62, 76, 80). Les espèces bovines, ovines et caprines sont concernées.

Les symptômes
Les animaux infectés présentent d’importants symptômes durant quelques jours tels que des diarrhées aqueuses, des signes d’abattement, de l’hyperthermie (40-41°C).
Les femelles gestantes contaminées vraisemblablement dans le courant de l’été dernier, entre 30 et 70 jours de gestation chez les brebis et entre 30 et 150 jours chez les vaches donnent naissance à des avortons ou nouveau-né présentant des malformations (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, hydranencéphalie...) et/ou des troubles neurologiques (paralysie flasque, mouvements exagérés, hyperexcitabilité, difficulté à téter, ataxie...)

Dispositif d’épidémio-surveillance
Une Plate-forme de surveillance épidémiologique en santé animale est mise en place en France, sous l’autorité de la DGAI, en lien avec les DDCSPP et les GDS. Les éleveurs sont invités à contacter leur vétérinaire sanitaire en cas de naissance suspecte.
Les interventions des vétérinaires sanitaires effectuées dans le cadre de ce protocole de surveillance seront prises en charge par l’Etat, dans le cas d’avortements, sur la base des dispositions financières relatives à la police sanitaire de la brucellose ou de la FCO. (note de service de la DGAL du 4 janvier)
Pour l’instant, des analyses virologiques à partir de tissus de la rate et du cerveau sont réalisées par le laboratoire de santé animale de l’ANSES de Maison Alfort, dans l’attente de la mise au point d’une analyse sérologique et d’un vaccin. (voir tableau)
Aucune contagion d’animal à animal, hormis de la mère à son petit lors de la gestation, ou de transmission à l’homme n’ont été constatées. Le virus pourrait être véhiculé par le moucheron « culicoïde ». Une transmission vectorielle qui serait comparable à celle de la fièvre catarrhale dumouton.

Sanction commerciale immédiate
La Russie a annoncé la suspension de ses importations d’animaux en provenance d’Allemagne, de France, de Belgique et des Pays-Bas à compté du 1er février. Une mesure bien évidemment déplorée par la Commission Européenne, estimant qu’il n’y a pas d’urgence sanitaire en Europe.

POURQUOI EST-IL IMPORTANT DE NOTIFIER LES SUSPICIONS CLINIQUES D’INFECTION PAR LE VIRUS SCHMALLENBERG ?

La présence avérée du virus dans des pays voisins constitue une menace. La surveillance clinique de l’infection par le virus Schmallenberg est mise en place afin de détecter la présence (et l’éventuelle diffusion) de ce virus sur notre territoire pour pouvoir réagir.

Rappelons-nous comment le sérotype 8 de la FCO (dont les modalités de transmission sont comparables à celles du virus Schmallenberg) s’est diffusé sur notre territoire après son apparition dans une région proche de celle où a été détecté le virus Schmallenberg, entre les Pays Bas, l’Allemagne et la Belgique.

Un élevage du Sud Haut-Marnais est touché à plus de 30% par des animaux morts nés et difformes.
Un élevage du Sud Haut-Marnais est touché à plus de 30% par des animaux morts nés et difformes. - © AVENIR AGRICOLE

Gilles MASSOYE est exaspéré !

 

Le directeur de la COBEVIHM estime que l’Administration et les Instances Nationales ont fait preuve de négligence dans la gestion de ce dossier. Cette maladie est connue en Belgique et en Allemagne depuis l’été 2011. « Notre pays est une véritable passoire » explique-t-il désabusé en voyant les camions d’animaux descendre de l’Europe du Nord vers les abattoirs du Sud de la France sans aucun contrôle sanitaire. « En France on impose aux éleveurs l’identification électronique et une traçabilité tatillonne et coûteuse mais on continue de laisser entrer n’importe quoi » explique Gilles MASSOYE qui craint un isolement de l’Est de la France alors que les frontières nationales auraient dû être fermées depuis longtemps, comme l’a d’ailleurs fait la Russie. Il redoute aussi une évolution semblable à celle de la FCO en matière de vaccination, avec des coûts de vétérinaires exorbitants et dissuasifs.

La FDO de Haute-Marne va rapidement rencontrer l’Administration départementale pour accompagner les éleveurs qui sont aujourd’hui dans la détresse. Ce dossier sera aussi forcément évoqué lors du prochain congrès de la FNO qui se tient dans la Marne fin avril.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui