L'Avenir Agricole et Rural 19 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Revenus 2016 : une importante disparité selon les régions

La MSA a présenté les premiers chiffres sur les revenus des agriculteurs en 2016 qui mettent en avant une forte disparité. Elle a également fait le bilan de l’aide au répit, dispositif mis en place en février 2017 et qui devrait bénéficier à 4000 exploitants.

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30 % des agriculteurs auraient un revenu inférieur à 350 €/mois en 2016.
30 % des agriculteurs auraient un revenu inférieur à 350 €/mois en 2016. - © S. Leitenberger

Les revenus 2016 sont actuellement en cours d’exploitation par les 35 caisses de MSA pour aboutir à l’émission annuelle des cotisations en novembre. Une grande tendance se dégage : une forte disparité, même si la MSA anticipe une légère amélioration des revenus 2016 par rapport à 2015. A ce jour, la MSA prévoit un revenu moyen de l’ordre de 13 000 à 15 000 Ä pour 2016, avec une très grande hétérogénéité selon les régions. Cette légère augmentation s’expliquerait davantage par la baisse des charges 2016 - via les mesures gouvernementales - que par une évolution des recettes. La MSA observe que près de 20 % des exploitations seraient en déficit en 2016 (de 11 à 35 % selon les caisses MSA) et que 30 % des agriculteurs auraient un revenu inférieur à 350 Ä par mois (de 20 à 44 % selon les caisses).

Les plus faibles revenus 2016 sont enregistrés dans les régions sud-ouest (MSA Aquitaine et Midi Pyrénées Sud), le Centre (MSA Berry Touraine et Beauce Cœur de Loire) et la Mayenne Orne Sarthe. Concernant les forfaits qui ont disparu au profit du micro-bénéfice agricole (micro BA), il est difficile pour la MSA de communiquer à ce stade. De nombreux adhérents éprouvent des difficultés à appréhender ce nouveau régime et ses obligations déclaratives.

En septembre 2017, 103 060 foyers ont bénéficié de la prime d’activités (dont 37 030 non-salariés agricoles et 26 250 salariés agricoles) et 26 250 foyers ont touché le RSA (dont 9 590 non-salariés agricoles et 16 660 salariés agricoles).

2466 bénéficiaires de l’aide au répit

En octobre 2016, suite aux crises agricoles successives, l’État décide de déléguer une enveloppe de 4 millions à la MSA, dans le cadre du dispositif d’aide au répit. L’objectif étant de permettre aux agriculteurs, en situation d’épuisement professionnel ou de burn-out, de pouvoir faire une pause pour se ressourcer et prendre soin d’eux et de leurs proches grâce à un accompagnement individuel et/ou collectif. Le dispositif «aide au répit» est lancé en février 2017 dans les 35 caisses MSA, pour que 4000 exploitants en bénéficient, d’ici fin 2017. D’après ses estimations, la MSA devrait atteindre les objectifs fixés, cependant, la reconduction de cette aide en 2018 reste incertaine.

La MSA a donc rapidement mis en œuvre l’aide au répit. L’accompagnement est alimenté par divers dispositifs MSA existants : groupes de paroles, consultations psychologiques individuelles, organisation de séjours «répit», atelier MSA «L’avenir en soir»… Fin août 2017, 2 466 bénéficiaires ont été recensés, ce qui représente 2 867 466 Ä engagés par la MSA (une journée de remplacement coûte en moyenne 147 ).

Certaines MSA ont été fortement sollicitées et impactées depuis la mise en route de l’aide au répit : MSA Midi Pyrénées Nord, Bourgogne, Ardèche Drôme Loire, Alpes Vaucluse, Alpes du Nord et Sud Aquitaine, Charentes, Loire Atlantique Vendée, Midi Pyrénées Sud, porte de Bretagne, Maine et Loire et Sèvres Vienne.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 20 Octobre 2017.

Les inquiétudes de la MSA

Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS 2018) entraînerait l’alignement du régime de cotisation des salariés non-agricoles sur celui des travailleurs indépendants, avec un barème de cotisation progressif de 1,5 à 6,5 %. Avec cette mesure les agriculteurs perdront donc la mesure d’allègement de 7 points. Franck Duclos, directeur du service politiques sociales de la MSA, a regretté que «cette mesure n’est pas fait l’objet de concertation préalable avec les représentants de la profession agricole afin d’en mesurer les impacts». Dans l’ensemble, le conseil d’administration de la Caisse Centrale de la Mutuelle Sociale Agricole a émis un avis défavorable sur le PLFSS 2018.

Marlène Schiappa, secrétaire d’État en charge de l’égalité femmes-hommes, avait annoncé fin septembre le plan du Gouvernement pour la refonte du congé maternité. Elle avait souligné que son secrétariat d’État travaillait à «l’amélioration du congé maternité pour plus d’équité». L’harmonisation se fera «métier par métier tout au long du quinquennat» et les agricultrices seront les premières concernées.

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