L'Avenir Agricole et Rural 20 décembre 2012 à 10h51 | Par L'Avenir Agricole et Rural

REVENU - FNSEA/JA proposent des solutions aux disparités

La disparité des revenus est très importante entre les filières selon les derniers chiffres sur le revenu agricole. Le président de la FNSEA redonne ses priorités : les accords du 3 mai 2011, la mise en place d’outils de régulation de la Pac et la levée des contraintes environnementales.

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Certains départements ont été touchés par le gel hivernal ou de printemps, ce qui a entraîné une baisse des volumes.
Certains départements ont été touchés par le gel hivernal ou de printemps, ce qui a entraîné une baisse des volumes. - © Réussir
Malgré une hausse du revenu agricole de 4 %, le président de la FNSEA met en garde lors d’une conférence de presse le 13 décembre : «il faut analyser ce chiffre avec toutes ses conséquences». En effet, entre productions, entre régions, les disparités sont fortes. Certains départements ont par exemple été touchés par le gel hivernal ou de printemps, ce qui a entraîné une baisse des volumes, notamment pour les fruits et légumes. L’évolution des charges a également pesé sur les revenus. En trois ans, l’énergie aurait augmenté de 60% selon Xavier Beulin. Mais reste le principal problème : la volatilité des prix des matières premières. Celle-ci a eu beaucoup de conséquences sur les filières de l’élevage, en particulier pour l’aliment du bétail qui a subi une hausse de 25 % sur deux ans. «La volatilité s’est installé, il va falloir vivre avec et trouver des outils de régulation», assure le patron du syndicat. Et ces outils pourraient se trouver au niveau européen. Seulement, ils ne satisfont pas Xavier Beulin : «aucun gouvernement qu’il soit de droite ou de gauche n’ose s’opposer à Bruxelles. Il faudrait un minimum de contrat cyclique afin d’avoir une certaine flexibilité au niveau des aides, ainsi qu’une boîte à outils de régulation au niveau de la Pac». Le leader syndical propose ouvertement de s’affranchir des règles de l’OMC à l’image des Etats-Unis. Une vision approuvée par Gaël Gautier, secrétaire général des Jeunes agriculteurs : «cette variation importante des prix est la preuve qu’on ne laisse aucune place dans les politiques publiques, en particulier au niveau européen pour des outils de régulation des marchés». 
Chaîne de valeurDepuis la réunion du 21 novembre au ministère de l’Agriculture  (entre producteurs, transformateurs et distributeurs), les producteurs ont la grande distribution dans le collimateur. Ils souhaitent l’application des accords du 3 mai 2011 pour la volaille, les porcs et les bovins. «Des négociations ont démarré pour la volaille et ont produit des effets positifs», assure Xavier Beulin. L’objectif de ces accords est d’obtenir une répercussion des coûts des facteurs de production (énergie, engrais, aliment) vers l’aval et une meilleure répartition des marges tout au long de la chaîne alimentaire. Pour analyser les prix et les marges du producteur au consommateur, il existe un Observatoire, présidé par l’économiste Philippe Chalmin. Mais la FNSEA veut aller plus loin et «décanter la chaîne de valeur» pour comprendre à tous les niveaux, de l’exploitation à la grande surface, comment se répartit la valeur ajoutée. «Lorsque le prix du contenant d’un produit alimentaire, est trois fois supérieur à celui du contenu, il faudrait commencer à s’interroger !», déclare le patron de la centrale agricole.

Nitrates

Concernant l’environnement, la FNSEA «pousse un cri d’alarme». «Plus nous avançons dans le temps, plus on créé des distorsions avec des réglementations à n’en plus finir», souligne le président. La bataille du moment se livre contre la directive nitrates : à la fois sur les zonages, sur les indicateurs et les dispositifs. «Il est clair que c’est la goutte d’eau qui pourrait faire basculer la polyculture élevage vers une forme de céréalisation», soutient Xavier Beulin  qui compte bien rester offensif et se faire entendre par le ministre de l’Agriculture.

Stéphane Le Foll «prend acte» de la disparité des filières

«Ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage», indique le ministre de l’Agriculture dans un communiqué du 12 décembre. Selon lui, ces chiffres,  «soulignent la nécessité de mettre en place des dispositifs de lissage de la volatilité des cours des matières premières». Le ministère note que globalement, l’évolution du revenu agricole en France est supérieure à la moyenne européenne. La conjoncture des prix a été bien orientée en particulier pour : les céréales et oléo-prétéagineux qui ont suivi la forte hausse des cours mondiaux, le maraîchage, l’arboriculture, avec des situations diverses selon les productions et les régions en raison notamment des aléas climatiques,  l’élevage hors-sol (avicole et porcin). D’autres secteurs sont confrontés à un repli, insiste le ministère. A savoir : l’élevage bovin laitier et à viande, ainsi que de l’élevage ovin confrontés à la hausse du prix des aliments. La viticulture, en raison d’une récolte faible en 2012.

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