L'Avenir Agricole et Rural 13 décembre 2012 à 09h36 | Par L'Avenir Agricole et Rural

REUNION CANTONALE - LA FDSEA ET LES JA EN PRÉCAMPAGNE

comme chaque année la FDSEA revient devant ses adhérents pour rendre compte de son activité, débattre et tracer quelques perceptives. Les réunions s’inscrivent aussi cette année dans la campagne pour les élections à la Chambre d’Agriculture qui se dérouleront au cours de la dernière décade de janvier2013.

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La première réunion cantonale s’est tenue à Vieville le 10 décembre.
La première réunion cantonale s’est tenue à Vieville le 10 décembre. - © JL BLONDEL

L’année 2012 est globalement moyenne sur le plan économique mais les contrastes sont une nouvelle fois importants tant au niveau des territoires à cause du gel, que des productions.



Tout augmente.... sauf le lait!

Les principales productions du département ont été passées en revue et ce n’est pas vraiment l’euphorie. Contrairement à ce qui est annoncé au niveau national les grandes cultures ne se détachent pas vraiment de la moyenne «Haute-Marne» qui est de l’ordre de 250/ha, selon les premières estimations de CERFrance.

L’explication vient des rendements et de l’augmentation des charges (+ 25 % sur les engrais). De plus, la dispersion est énorme. A titre d’exemple, elle va de 50 à 550/ha dans le Barrois.

La viande bovine redore un peu son blason «revenu» mais il n’a rien de prestigieux! Certes il augmente de 40mais reste le plus faible, avec 200/ha.

Quant au lait, qui est le système le plus répandu et le plus pourvoyeur de main-d’œuvre, c’est la grande déception avec une démoralisation certaine des producteurs, lesquels n’hésitent pas à critiquer les laiteries françaises et quelquefois le manque de combativité syndicale sur le prix. Richard BOURBON, président de la FDPL, est bien conscient de la situation. Il rappelle que la FNPL est aujourd’hui dans une phase de réorganisation de la représentation des producteurs avec la mise en place des OP, seul outil à pouvoir négocier demain de manière collective avec les groupes laitiers. Il trouve plutôt déplorable que les éleveurs soient aujourd’hui obligés de faire référence au prix allemand pour obtenir des hausses. Le dépassement du «tunnel» rapportera 20/1000l ; ce qui signifie que les agriculteurs allemands sont aujourd’hui payés 28 de plus!  Néanmoins le contexte mondial est porteur dans toutes les productions et c’est dans cette perspective que doivent s’inscrire les projets.



Un environnement trop technocratique

La suradministration n’est pas une dénonciation syndicale nouvelle, mais la charge réglementaire imposée dernièrement en matière d’environnement déclenche une vive réaction. Les décisions qui «tombent» de Paris ne sont plus supportées. Lorsque les règlements étaient négociés avec l’administration départementale i l y avait une réelle prise en compte de la proximité ; avec l’échelon régional c’est déjà beaucoup moins évident ; avec le national, cela devient délirant surtout quand plusieurs ministères font de la surenchère.

La zone vulnérable et son millefeuille réglementaire en est la démonstration. Le 5ème programme d’actions provoque une overdose qui risque de déboucher sur des comportements syndicaux imprévisibles. La Haute Marne, maintenue en zone vulnérable malgré son faible taux de chargement et la bonne qualité globale de ses eaux, est probablement l’exemple le plus édifiant des limites de l’exercice de cadrage qu’impose aujourd’hui le Gouvernement.

Une motion prise par le CAF Régional après un vote de la Chambre d’Agriculture de Champagne Ardenne confirme la rupture qui s’instaure entre l’Etat et le monde agricole (cf page 19). Cette problématique s’inscrit dans la campagne aux élections à la Chambre d’Agriculture de la manière suivante : faut-il que les Chambres Consulaires continuent de se prêter à un simulacre de concertation au risque que de ne plus être qu’une courroie de transmission d’élucubrations ministérielles ?

 


Un syndicalisme de solutions

Dans la seconde partie de la réunion Christophe FISCHER a présenté les listes aux élections à la Chambre d’Agriculture ainsi que le projet de la FDSEA et des JA. Il a fait un rapide bilan de mandature en soulignant la bonne gestion de la Chambre qui a maintenu son fonds de roulement au cours des 6 dernières années et qui aussi fait en quelque sorte sa «RGPP» en absorbant les services de l’ADASEA en 2008 et de l’ADCL en 2011. Il en ressort une meilleure synergie avec une diminution globale des charges. La régionalisation des Chambres d’Agriculture permet aussi de renforcer l’expertise car les prestations auprès des agriculteurs sont de plus en plus pointues.

Rigueur, proximité et expertise caractériseront l’action de l’équipe qui se présentera au suffrage des agriculteurs au cours de la dernière décade de janvier.

La représentativité syndicale est aussi un enjeu important de ces élections au cours desquelles le syndicalisme majoritaire entend faire valoir ses acquis et ses orientations. Il s’affiche délibérément comme un «syndicalisme de solutions» toujours présent aux côtés des agriculteurs et à la recherche de la meilleure défense de la ferme Haute-Marne.

 

Visite à la Ferme des RIEUX

Pour illustrer l’action de la Chambre d’Agriculture et la volonté d’entreprendre des agriculteurs, une délégation de la FDSEA et des JA a rendu visite, dans le courant de l’après-midi, au GAEC des RIEUX à Villiers-sur-Marne. Cette réglementation a mis en place une ferme pédagogique et, récemment, un atelier de vente directe de produits laitiers. Dans ces deux projets les services de la Chambre d’Agriculture ont été d’un précieux recours. Ils ont notamment permis à la famille PRIGNOT de déléguer une partie de l’activité relations extérieures (contact avec les écoles, le Conseil Général, circuits courts, etc...) afin de se consacrer à la qualité de la prestation et des produits proposés au public. Les services de la Chambre étaient déjà intervenus en 2000 pour le PMPOA et la construction d’une nouvelle stabulation.

 



Fait à souligner :

Le GAEC des RIEUX a cité le rôle d’accompagnement et de conseil de la DDCSPP (ex DSV) pour la mise en place de sa laiterie. L’Administration n’a pas seulement un rôle de contrôle répressif, mais ce genre de témoignage est peu courant. Christophe FISCHER a toutefois rappelé qu’il considérait l’Administration départementale comme un interlocuteur disponible, avec lequel il entendait maintenir un dialogue constructif.

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