L'Avenir Agricole et Rural 26 avril 2012 à 09h48 | Par L'Avenir Agricole et Rural

RETRAITE - L’AROPA 52 ne connaît pas la crise

Les retraités des organismes para-agricoles adhérant à l’AROPA ont tenu leur assemblée générale annuelle à la salle des fêtes de Semoutiers.

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Michel THOMASSIN, Vice Président de AROPA 52 - Daniel CRANCE, Président d’AROPA 52 - Alain GIDON Vice Président de la FNAROPA
Michel THOMASSIN, Vice Président de AROPA 52 - Daniel CRANCE, Président d’AROPA 52 - Alain GIDON Vice Président de la FNAROPA - © Estelle Dauphin

Bilan d’activité

Si l’ AROPA de Haute-Marne n’est pas la plus représentative en terme de nombre d’adhérents (ils ont dépassé la barre des 300 en 2011), elle l’est en revanche du point de vue du taux de pénétration évalué à plus de 50 % du potentiel parmi les retraités des organismes para-agricoles. Un taux record comparé à la moyenne nationale de 25 %. L’association départementale, outre l’organisation de voyages collectifs, se propose de calculer le montant des droits à la retraite et des réversions de ses adhérents, afin de prévoir leurs futurs revenus ou de valider leurs versements. Daniel Crance attire l’attention des participants sur le cas particulier des remariages qui peuvent sérieusement diminuer une pension de réversions. Dans ce cas, il faut penser à passer au régime universel devant notaire.

Alain Gidon est intervenu en tant que Vice Président de la fédération nationale, « organisme apolitique et non-confessionnel » précise l’administrateur national. Tous les administrateurs nationaux de la FNAROPA sont des présidents régionaux. La région Grand Est est très bien représentée, notamment au sein de la commission « Environnement du retraité » présidée par Daniel Crance, succédant à Michel Thomassin, fondateur de l’AROPA 52 en 2002. Parmi les actualités, la FNAROPA a prévu d’élargir ses statuts afin d’accueillir également en son sein des retraités de l’industrie agro-alimentaire.

La FNAROPA adhère à la Confédération Française des Retraités aux cotés des aînés ruraux représente 15 millions de retraités, et milite pour obtenir une meilleure représentativité au sein d’AGRICA CCPMA, le groupe de protection sociale complémentaire du monde agricole. Le responsable national a salué l’avancée obtenue le 20 mars dernier en commission paritaire : les partenaires sociaux ont en effet décidé d’augmenter les valeurs des points de retraite Agirc et Arrco de 2,30 % à effet du 1er avril 2012, soit une augmentation annuelle moyenne de 2,25 % pour l’Arrco et de 1,82 % pour l’Agirc.

Elles sont portées :

- pour l’Agirc à 0,4330 €,

- pour l’Arrco à 1,2414 €.

Concernant les salaires de référence, ou prix d’achat du point, ils sont augmentés de 2,25 % pour 2012, soit un montant :

- pour l’Agirc de 5,2509 €,

- pour l’Arrco de 15,0528 €.

Gabriel A. Giménez-Roche est professeur d’économie au sein du groupe ESC Troyes.
Gabriel A. Giménez-Roche est professeur d’économie au sein du groupe ESC Troyes. - © Estelle Dauphin

Aux grands maux les grands remèdes

Gabriel A. Giménez-Roche est professeur d’économie au sein du groupe ESC Troyes. Titulaire d’un bachelor en économie à l’Université de Rio et d’un doctorat à l’Université Paris Dauphine, il est intervenu sur le thème de la crise économique. Au cours de son exposé, cet enseignant-chercheur a défendu une position ultra-libérale, se basant sur l’expérience de pays voisins, pour sortir le pays de l’endettement chronique dans lequel il s’est enlisé.

Formation de la dette

La crise que nous traversons est une crise de l’endettement. En 2015, le montant de notre dette atteindra le montant du produit national brut, soit une année entière d’activité économique. Mais contrairement à la Grèce, cette dette est composée d’actifs à long terme qui courent jusqu’en 2 060. De quoi est-elle composée ? A 20 % par des complémentaires santé, à 15 % par des établissements de crédit, à 3 % par des OPCVM incluant les fonds de pension et à 57 % de détenteurs étrangers.

Le système de protection social à la française, mis en place après-guerre n’est plus adapté à la société actuelle. L’évolution de la pyramide des âges, inéluctablement liée au niveau de développement du pays, ne permet plus d’offrir une retraite par répartition, qui plus est avec 34 régimes différents, forcément inégalitaires. L’intervenant cite l’exemple le régime des parlementaires, qui n’est pas soumis à une durée minimale de cotisation. Une évolution démographique qui n’a pas été prise en compte par les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir. Aujourd’hui, la pension d’un retraité est assurée par deux actifs, demain on sera à un actif pour un retraité, ce qui est insoutenable du point de vue des charges qui pèsent sur les travailleurs et les entreprises. « Trop d’impôts tuent l’impôt » une théorie développée par Laffert, connue de longue date. Ajoutons à cet état de fait la concurrence des pays émergeant type Inde et Chine avec lesquels on ne peut rivaliser sur le coût du travail.

Flexibiliser le marché de l’emploi

Selon G. Giménez, les acquis sociaux en terme de sécurité de l’emploi et de salaire minimum ne font qu’aller à l’encontre du plein emploi. Il est devenu tellement onéreux de licencier un salarié qui ne conviendrait pas au poste qui lui a été assigné, que l’entreprise se protège en recrutant des sur diplômés, en exigeant de nombreuses années d’expérience et une liste infinie de qualités. Des offres aussi fermes constituent une barrière à l’emploi pour les jeunes diplômés qui restent en moyenne six mois au chômage à la sortie de l’école, alors qu’en Allemagne ils sont déjà pré-embauchés avant leur sortie de l’école via des systèmes d’apprentissage intégrés au monde de l’entreprise. En bref, les garanties acquises par les syndicats se sont empilées et on est plus en mesure de les honorer aujourd’hui.

Car si « fluidifier le marché de l’emploi » expose d’avantage les salariés aux licenciements, il crée également plus d’opportunités d’embauches et de reconversions dans un monde en perpétuel mouvement, y compris pour les personnes marginalisées (plus de 50 ans, chômeurs de longue durée...). Le Danemark, la Suisse et le Luxembourg étaient confrontés au même problème d’endettement que la France. Au début des années 90, ils ont pris un virage à 180°, conservant un filet de protection sociale, tout en introduisant plus de flexibilité dans le monde du travail et en privatisant les entreprises d’Etat. Le bilan vingt ans plus tard est positif ; le chômage a diminué, en particulier celui de longue durée, le salaire moyen a augmenté, reflétant une plus grande richesse du pays.

L’intervenant montre du doigt également les nombreuses mesures de protectionnisme déguisé qui nuisent finalement à la productivité du pays, avec des métiers soumis à diplôme, des quotas appliqués aux licences de taxis, la fixation du prix du pain où encore les cartels de télécommunications qui fixent ensemble les prix et constituent une entrave au marché.

L’intervenant concède qu’aller travailler pour toucher 800 euros, « c’est dur », mais plus valorisant que de toucher les minimas sociaux...

- © Estelle Dauphin

Michel THOMASSIN a remis la médaille de Chevalier du Mérite Agricole à Diana RADET, qui se consacre au secétariat de l’Association après une carrière effectuée à l’ADASEA.

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