L'Avenir Agricole et Rural 21 mars 2013 à 10h40 | Par L'Avenir Agricole et Rural

RESEAUX ELEVAGE - FAIRE PLUS DE LAIT DANS LES PLACES DE BÂTIMENTS DISPONIBLES

La sortie du régime des quotas, qui va s’appliquer à partir de 2015, est inévitablement présente dans la tête de beaucoup d’éleveurs. Elle représente une opportunité de développement de l’atelier laitier dont beaucoup rêvaient depuis 1983. Si l’on retient l’hypothèse que les éleveurs motivés par cette production vont pouvoir faire plus, voire beaucoup plus de lait, il n’est pas certain que cette stratégie soit gagnante à tous les coups.

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Des places disponibles pour produire plus de lait…et plus de revenu.
Des places disponibles pour produire plus de lait…et plus de revenu. - © Chambre d'Agriculture



C’est à cette interrogation que l’équipe des Réseaux d’Elevage a cherché à répondre en s’intéressant à différents contextes de production de la région. Nous vous proposons donc une série de 6 articles pour apporter quelques éléments de réponse sur l’efficacité technique et économique des différentes stratégies permettant de faire davantage de lait. Les cinq premiers articles traiteront chronologiquement des différents leviers pour produire plus : à partir des places de bâtiment disponibles, par la voie concentré, par la voie fourrage, avec rallonge de la stabulation ou encore avec construction d’un nouveau bâtiment. Le dernier article présentera une synthèse des différents leviers et des considérations sur les capacités d’adaptation des exploitations laitières dans les différentes régions

 



Lorsque l’exploitation possède des places disponibles pour les vaches laitières…

Ce levier est accessible aux exploitations ayant :



• un bâtiment récent surdimensionné
• des places occupées par des vaches taries ou des génisses qu’il est possible de loger ailleurs
• des places occupées par des bovins viande qu’il est possible de réaffecter aux vaches laitières.  

Dans nos différentes simulations, l’augmentation de la production laitière est de 20 % du quota initial et le nombre de génisses est ajusté au besoin de renouvellement du nouvel effectif de vaches laitières. Le régime alimentaire des vaches et leur productivité restent inchangés. En présence d’un atelier viande, le nombre d’animaux élevé est ajusté en fonction des places disponibles après l’accroissement du nombre de génisses.


…ce scénario se révèle toujours positif au niveau du revenu


Si l’exploitation dispose de places disponibles pour les vaches laitières, un accroissement des livraisons de lait entraîne une hausse du revenu (par rapport à la situation initiale placée dans les mêmes conditions de prix) et cela même en contexte défavorable (lait à 300 /mille litres, céréales à 200 /t, correcteur azoté à 400/t). En conjoncture moyenne (lait à 330 /mille litres, blé à 150 /t, correcteur azoté à 350 /t) et dans les systèmes élevages, l’écart de revenu disponible est de 110 à 130 par mille litres de lait supplémentaires. Autrement dit, une exploitation passant de 300 à 360 000 litres va améliorer son revenu disponible de 7 200 (60 x 120). Dans les systèmes polyculture élevage la hausse de revenu est moins importante: 65 à 95 par mille litres. Cet écart entre types d’exploitations s’explique par le fait que dans les premières, la production laitière se substitue à une production de viande à l’herbe (bœufs ou vaches allaitantes sans prime) dont les marges bénéficiaires sont faibles, alors que dans les secondes, elle remplace des surfaces en culture à bonne marge.


…à condition de maintenir un système cohérent.


En observant ces résultats, la tentation des éleveurs disposant de places disponibles pour les vaches laitières sera grande de produire davantage de lait quand leur laiterie le permet. Mais pour que le supplément de revenu soit au rendez-vous, il faudra  équilibrer le bilan fourrager de l’exploitation. En effet, une sous valorisation des surfaces en herbe ou à l’inverse un déficit fourrager risquent de dégrader voir d’annuler le supplément de revenu attendu. Il faudra également faire face à la charge de travail supplémentaire liée à la hausse du nombre de vaches. Ce surcroît de travail est d’environ 20 heures par vache supplémentaire et par an dans les systèmes où le lait se substitue à de la viande. Il passe à 35 heures dans les systèmes où le lait se substitue aux cultures de vente. D’autre part, une hausse d’effectif non maîtrisée dans la stabulation peut rapidement engendrer une surcharge de travail entraînant une dégradation des résultats techniques (production, qualité du lait, reproduction, etc…) et par conséquent des résultats économiques.



Dans tous les systèmes d’exploitation, l’augmentation de la production laitière à partir de places disponibles dans le bâtiment est un levier efficace pour améliorer son revenu. Mais pour que le «faire plus pour gagner plus» se concrétise, il est indispensable de savoir adapter son système d’exploitation à cette hausse de production. Tout déséquilibre fourrager ou défaut de maîtrise de la charge de travail supplémentaire peut vite transformer la hausse de revenu attendue en baisse de trésorerie réelle.

 

 

Dans les semaines qui suivent,  seront abordés d’autres leviers pour augmenter les livraisons de lait. Le prochain article abordera celui des concentrés.

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