L'Avenir Agricole et Rural 30 mai 2013 à 10h03 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Réseaux d’élevage ovin - Conseils de saison en production ovine

Le prix d’achat des aliments concentrés reste élevé. Sachant que c’est le poste de charges opérationnelles le plus important, il est impératif de le maîtriser. La valorisation de cultures dérobées peut permettre de réduire la quantité de concentré distribuée.

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Ces cultures peuvent également combler un déficit fourrager et présentent un intérêt agronomique et environnemental. Néanmoins, leur niveau de production est lié à des conditions climatiques favorables (pluviométrie).

1/ Pourquoi implanter des cultures dérobées en 2013 ?

Il y a du stock de report à la mise à l’herbe et une bonne pousse d’herbe, mais les aliments sont chers et le prix de l’agneau a connu une forte volatilité (baisse en février/mars). Le poste concentré doit donc être surveillé de près.

Il y a des moyens de produire et de valoriser plus d’énergie ou d’azote sur l’exploitation, avec l’utilisation des dérobées.

Le pâturage est le mode d’alimentation le plus économique, les brebis ne demandent que ça !

C’est un aliment avec des valeurs alimentaires proches d’un concentré.

Ces cultures assurent un couvert qui protège le sol, améliore sa structure, limite les pertes en éléments minéraux, … Elles répondent également à certaines contraintes réglementaires.

2/ Dans quel système ?

En système céréales ovin, les dérobées pâturées doivent être utilisées pour la préparation des brebis en fin de gestation. Les brebis en lactation ayant 1 seul agneau peuvent rester en pâture, alors qu’il est plus difficile de couvrir les besoins d’une brebis allaitant 2 agneaux (risque de déficit protéique).

Dans le cas de sols argileux, où il y a des risques de boiterie plus élevés, il est envisageable de récolter la culture en vert et de la distribuer à l’auge.

 

Selon la rotation, les surfaces disponibles pour implanter des cultures dérobées sont plus ou moins importantes, la période la plus judicieuse étant avant cultures de printemps. Entre un colza et un blé d’hiver, la durée d’exploitation est plus limitée.

En système herbager, il faut trouver des surfaces à l’extérieur de l’exploitation en recherchant un partenariat avec des voisins céréaliers. Les avantages sont nombreux : pas de coût de destruction du couvert et pas d’exportation d’éléments fertilisants.

En production d’agneau d’herbe, le pâturage des dérobées peut s’effectuer pour des brebis en période de flushing ou pour les derniers agneaux en finition.

3/ Préconisation de mélange

Privilégier un mélange comprenant une céréale (avoine, moha, …), une ou plusieurs légumineuses (Vesce, pois, trèfle d’alexandrie, …) et éventuellement une crucifère (radis fourragers ou chinois, colza fourrager).

4/ Semer dès que possible après la moisson

Il est primordial de ne pas dessécher le profil, un travail du sol superficiel voire un semis direct doit être privilégié. En cas de travail du sol, un roulage est conseillé après le semis pour garder la fraîcheur. Coût de l’implantation (semis) : 65 Ä / ha

Une autre possibilité est un semis de colza fourrager en pur : à réaliser à la volée avec l’épandeur d’engrais, 4 semaines avant la date présumée de la moisson (soit vers le 10-15 juin).

5/ Résultat d’un essai réalisé en 2011 au Lycée Agricole de Mirecourt

Lactation d’automne sur cultures dérobées avec 2 lots homogènes de 42 brebis suitées :

Une économie de fourrage et de concentrés pour le lot sur dérobées par rapport au lot bergerie:

20 kg de concentré par agneau

34 kg de concentré par brebis

200 kg de fourrage par brebis

Avec un état corporel maintenu pour les brebis sur dérobées et des croissances identiques pour les agneaux. Au final, le bilan économique est positif même avec un rendement moyen. Le coût des aliments distribués a été divisé par 2 à 3.

 

CONCLUSION :

L’implantation de cultures dérobées permet une production supplémentaire de fourrage qui est très bien valorisée par des brebis au pâturage. Ceci participe à l’amélioration des résultats économiques de l’atelier ovin en réduisant le coût alimentaire (fourrage et concentré).

L’objectif est de gagner au minimum un mois de pâturage pour un lot de 30 brebis, en valorisant une production de 2 T MS sur 1 ha de cultures dérobées.

L’impact sur le temps de travail n’est pas négligeable (pose des clôtures, surveillance des lots et du pâturage au fil), mais cela en vaut la peine.

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